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Après les déclarations du directeur stratégique du FN sur l’avortement, un « droit »…

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 Non, M. Philippot, défendre la vie n’est pas dépassé

Florian Philippot (à gauche) avec Marine Le Pen

Alors que le gouvernement espagnol vient d’adopter un avant-projet de loi visant à repénaliser l’avortement et à en finir avec sa reconnaissance comme « droit » par la loi, on ne compte plus à travers le monde occidental les dénonciations médiatiques et politiques de ce « retour en arrière »… vers un peu plus de respect pour la vie. Dénoncer l’avortement, ou même restreindre les cas où il est légal, est aujourd’hui dans l’Union européenne synonyme d’extrémisme, de refus de la démocratie et de la laïcité. A telle enseigne que même le vice-président du Front national, Florian Philippot, s’est bruyamment désolidarisé de toute approbation de la mesure espagnole. Et cela pose des questions politiques fondamentales.

Lundi matin, le président d’honneur du Front national a salué l’initiative du gouvernement de Mariano Rajoy d’abroger la loi de l’ère Zapatero faisant de l’avortement un droit des femmes jusqu’à 14 semaines de grossesse et le rendant possible sous conditions jusqu’à 22 semaines. L’avant-projet rétablit des conditions de danger pour la santé physique ou psychique de la mère, à vérifier par des médecins indépendants des cliniques d’avortement, ou de viol dénoncé dans les formes, élimine l’avortement pour malformation fœtale et institue une obligation d’information des mères relative aux risques liés à la procédure mais aussi aux aides qui peuvent leur être apportées. Le projet y ajoute une période de réflexion de sept jours avant que l’avortement puisse être exécuté.

« Le projet de loi espagnol sur l’avortement prouve que l’on peut agir en la matière avec mesure, intelligence et souci du respect de la vie », tweetait Jean-Marie Le Pen.

On pouvait s’interroger sur l’emploi du mot « mesure » : quelle est donc cette « mesure » qui permet malgré tout l’élimination des enfants à naître jusqu’à la 22e semaine, fût-ce sous conditions et avec l’espoir de voir reculer, un peu ou beaucoup, le massacre des innocents ? On sait qu’en Grande-Bretagne, où l’avortement n’est pas permis pour des raisons sociales et seulement en cas de danger pour la santé mentale de la mère, 200 000 avortements ont lieu chaque année (depuis 1967, en Angleterre et au Pays de Galles, seules 143 interventions ont eu pour motif le danger pour la vie de la mère).

Mais le tweet de Le Pen, tout prudent qu’il était, avait du panache et sonnait comme un refus du politiquement correct. Et tout prudent qu’il était, il a été désavoué.

Mardi, veille de Noël, Florian Philippot a renvoyé le président d’honneur du FN dans ses buts d’un sec : « Oui, c’est son opinion. » Pour poursuivre aussitôt : « Mais je rappelle que la position du Front national n’est pas une restriction, il n’y a aucune restriction du droit à l’avortement dans le projet du Front national, aucune. »

N’y a-t-il donc pas au moins débat au sein de ce parti ? « Non, il n’y a pas de débat, nous considérons que ce n’est pas une préoccupation du tout des Français, que leurs préoccupations, ce sont le chômage, le pouvoir d’achat, la sécurité, les questions de réindustrialisation, l’Union européenne qui est aujourd’hui une vraie dictature parce qu’elle empêche les démocraties nationales, ça, ce sont les vrais sujets. Mais voilà, on discute du sexe des anges, c’est une vieille technique gouvernementale, mais je crois que les peuples ne sont plus dupes », a déclaré le vice-président du Front national sur RTL.

A l’heure d’écrire, il n’y a eu aucune mise au point de la part des autres instances dirigeantes du parti, pour plusieurs raisons. Philippot est chargé de la stratégie et de la communication du FN, c’est donc lui qui donne la ligne et qui l’exprime. Par ailleurs, même si Marine Le Pen a fait par le passé des déclarations contre les « avortements de confort » et le remboursement de l’« IVG », elle n’a jamais fait mystère de son refus de revenir sur la loi Veil (aujourd’hui largement dépassée par des mesures encore plus favorables à l’avortement).

A l’époque de la « dédiabolisation » du FN, qui a effectivement bien fonctionné et qui a rendu ce parti, financé comme les autres sur les fonds publics, omniprésent dans les médias, nous l’écrivions : accepter l’avortement était un « ticket d’entrée » dans le monde politique.

On savait cependant que des responsables du Front national continuaient d’afficher leur refus de l’avortement légal – ainsi Bruno Gollnisch participait-il aux Marches pour la vie à Paris, entouré d’élus et d’autres figures du parti.

Mais les déclarations de Florian Philippot balaient – ou voudraient balayer – tout cela. Alors même que la loi proclamant solennellement que l’avortement est un droit – avec pour objectif et conséquence logique de bâillonner toute opposition, d’interdire tout acte visant à avertir les femmes de la vérité sur ce « choix » – n’est même pas encore devant l’Assemblée nationale, il le dit, lui.

L’avortement n’est-il donc pas un sujet ? L’immigration n’est-elle pas venue compenser, n’est-elle pas présentée comme la seule solution dans un pays où les enfants manquent par millions, sacrifiés sur l’autel infernal du refus de la vie ? Quelle sécurité espérer dans un pays qui sacralise l’égoïsme et le droit d’écraser autrui dans la plus grande violence de toutes, qui permet l’élimination du plus faible des êtres humains par sa mère elle-même ? Sa mère, qui est le plus souvent elle-même victime de ce geste que la société divinise, instrumentalisée au service d’un système qui recherche le mal et la mort ?

Quelle démocratie, quelle nation ? Une nation est le lieu qui voit chaque jour naître son avenir : aujourd’hui la France permet, encourage, rembourse le génocide de ses enfants. Ce n’est assurément pas le seul « sujet », mais il est au cœur de la crise dont nous savons qu’elle est morale bien avant d’être sociale.

Et parmi toutes les décisions malfaisantes, les décisions désespérantes qu’aligne le gouvernement socialiste – dans une belle continuité politique par rapport à d’autres formations politiques qui ont payé leur « ticket d’entrée » en sacrifiant à la culture de mort – celles qui portent sur les « sujets de société » sont tout sauf de l’« enfumage ». Elles relèvent d’un choix délibéré qui ancre encore plus profondément la France du côté de la Révolution. Elles délimitent le cadre dans lequel nous vivons, rendant impossible toute réforme de fond qui permette à la France de renouer avec son passé de nation civilisée.

Et aujourd’hui, miracle ! de plus en plus d’évêques en sont conscients et le disent, jusqu’à Mgr Pontier qui pour être président de la conférence épiscopale n’en est pas moins évêque, a souligné dans son message de Noël que le projet de modification de la loi sur « l’IVG » incite quasiment les femmes « à ne se poser aucune question quant à l’élimination de l’être qu’elles portent en leur chair ».

Cette tragédie du génocide français crie vengeance, parce que l’homme ne définit pas sa propre mesure et qu’il n’est pas la fin de toutes choses, et qu’à l’imaginer, il se place dans une posture de révolte fondamentale dont le salaire est la destruction, la tyrannie et la mort.

Que faire lors des élections prochaines ? En tenir compte. Tous les candidats du FN n’ont pas payé leur « ticket d’entrée ». Pour les autres, se rappeler ce qui s’est fait en Espagne : le mouvement pro-vie a pesé en étant entier et net, en réclamant avec ténacité (et il continue) « l’avortement zéro ». Parce que la vie de la France comme nation en dépend aussi.

Article extrait du n° 8009 de Présent, du Vendredi 27 décembre 2013  

 

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 Réseau Riposte catholique

 

31 comments

  1. senex

    Présent avec Madiran a mis une confusion extrême en prenant partie pour le Pen dès son début. Il ya d’autres solutions pour les catholiques que ce jeu de masques et d’amalgames.Ceci n’empêche que mme smits méne le bon combat….ce ne doit pas être simple.
    ni droite ,ni gauche ,catholique ./cela suffit.

  2. patrick de La Rode

    qie cet arriviste énarque, puant le gaullisme sanglant sache bien que NOUS, catholiques, nous ne voterons par pour Marine et ses créatures; si ce puant ne se rétracte pas !

  3. Patrick_UK

    Forcément que ce que dit Philippot est inacceptable et ne représente pas ce que pense une majorité des militants et dirigeants FN.
    Mais quelle est l’utilité de votre dénonciation ?
    Elles ne sont pas nombreuses, surtout dans le monde politique, les personnes qui ont le courage, la rigueur morale,et l’habileté pour défendre la vie face au déferlement de moqueries et de haine.
    Même s’il n’est pas parfait, le FN est le seul espoir de changement pour votre pays. Vous ne voulez quand même pas qu’il se saborde maintenant ? Vous auriez alors tout le contraire de ce que appelez dans vos prières.

  4. PROTTE Alain

    En matière d’avortement, il n’ a que deux positions, être contre ou ne pas être contre, c’est à dire y être favorable, sans en être nécessairement un apôtre..
    Si Jean-Marie Le Pen s’affiche résolument contre, sa fille et ce Monsieur Philippot ne laisse planer aucun doute sur leur complaisance coupable à l’égard de ce crime abject.
    Confier l’avenir de sa société et de sa descendance à des élus complaisant avec la culture de mort et le désespoir morbidequi en est la cause, relève de l’absurdité.
    Monsieur Philippot est plus qu’inquiétant, moralement et politiquement..
    Grâce à lui, on est maintenant en droit de se demander à quelle grande Internationale adhère le Front National actuel pour prendre cette position amorale et politiquement idiote.

  5. PROTTE Alain

    .:

    Commentaire adressé à Riposye Catholique le 28 décembre.

    En matière d’avortement, il n’ a que deux positions, être contre ou ne pas être contre, c’est à dire y être favorable, sans en être nécessairement un apôtre..
    Si Jean-Marie Le Pen s’affiche résolument contre, sa fille et ce Monsieur Philippot ne laisse planer aucun doute sur leur complaisance coupable à l’égard de ce crime abject.
    Confier l’avenir de sa société et de sa descendance à des élus complaisant avec la culture de mort et le désespoir morbidequi en est la cause, relève de l’absurdité.
    Monsieur Philippot est plus qu’inquiétant, moralement et politiquement..
    Grâce à lui, on est maintenant en droit de se demander à quelle grande Internationale adhère le Front National actuel pour prendre cette position amorale et politiquement idiote.

    Bien à vous.

  6. C’est rare que je sois d’accord avec un dirigeant du FN, mais là, chapeau. Quand est-ce que certains milieux chrétiens se rendront compte que tout comme l’EG et le PS, ils se rendent insupportables en voulant imposer a tous leurs normes, leurs conceptions du bien et restreindre la liberté de chacun ? Ils sont opposés à l’avortement, c’est leur droit et leur droit de le dire, mais pas leur droit de vouloir l’imposer à d’autres qu’eux – mêmes ! La conjonction des totalitarismes est le mal du début de ce siècle.

    • Anne Lys

      Et vous, Monsieur, quand comprendrez-vous qu’un Catholique puisse ne pas vouloir porter au pouvoir un parti politique qui approuve ce que lui-même réprouve du plus profond de son cœur? Vous-même, votez-vous pour des candidats qui ont des opinions contraires aux vôtres, qui veulent faire une politique dont vous, vous ne voulez pas ?

  7. Anne Lys

    Mon premier réflexe, que je ne regrette pas, a été d’envoyer à Mme Le Pen le message suivant :

    *****
    Madame,

    Jusqu’à ces derniers jours, sans être membre ni même sympathisante du Front national, j’étais décidée à voter pour les candidats que vous présenteriez dans ma commune – si tel était le cas – et aux élections européennes, et sans doute pour vous aux élections de 2017.

    Ces tout derniers jours, j’ai changé d’avis et tenterai de trouver d’autres candidats, n’eussent-ils aucune chance ; au pire, je voterai blanc.

    Pourquoi ? En raison des déclarations de M. Florian Philippot, vice-président du FN, qui semble avoir pris l’ascendant sur tout l’état-major de votre parti, y compris sur vous-même.

    Il me sera en effet impossible moralement de voter pour les candidats d’un parti qui a proclamé par la bouche de son représentant autorisé : « la position du Front national n’est pas une restriction, il n’y a aucune restriction du droit à l’avortement dans le projet du Front national, aucune. » M. Philippot ayant tenu des propos qui vont jusqu’à nier (interdire ?) tout débat sur le sujet, excluant de fait ceux qui ne seraient pas d’accord.

    En effet, j’avais deux raisons de voter pour les candidats du Front national :

    1. Le fait évident que vous aimez la France et que c’est la principale motivation des militants du FN ;
    2. Le fait, jusqu’alors évident, que vous étiez le seul (ou à peu près, sauf de tout petits partis) parti dont les positions étaient conformes avec ma foi catholique. Et je suis une catholique assez fervente pour me refuser à voter (au moins en première intention, d’autres motifs peuvent me conduire à voter pour la « moins mauvaise » candidature, lors d’un éventuel second tour) pour un parti qui ne respecte pas les points « non négociables » du respect de la vie de son commencement à sa fin naturelle.

    Je pense que la première raison est peut-être toujours valable, encore que plus de 200.000 avortements par an tuent la France à petit feu et que M. Philippot en est certainement conscient, ce qui me permet de douter que même l’amour de la France reste l’un des critères principaux du FN. La seconde, de toute évidence, ne l’est plus.

    M. Philippot a engagé le Front national dans une position qui non seulement n’est plus hostile à l’avortement, non seulement y est favorable, mais, comme il l’a clairement dit, le considère comme un « droit ».

    DONC, SAUF BIEN ENTENDU SI VOUS DÉSAVOUEZ LES PROPOS DE M. PHILIPPOT, JE NE VOTERAI PAS POUR VOS CANDIDATS AUX PROCHAINES ÉLECTIONS ET JE DÉCOURAGERAI MON ENTOURAGE (j’ai plusieurs centaines de correspondants qui eux-mêmes transmettent mes messages à leur propre entourage) DE LE FAIRE.

    Veuillez croire, Madame, que ce sera avec beaucoup de regrets.*****

    Des regrets, et de l’inquiétude, parce que je ne serai certainement pas la seule à réagir ainsi et que montée du FN risque d’en être stoppée, voire de connaître une nette décrue et que nous verrons disparaître une chance d’avoir un parti puissant qui fasse entendre notre voix (si, bien entendu, il en tenait compte et ne changeait pas dans le sens où le fait M. Philippot)

  8. « mon Royaume n’est pas de ce monde »
    Alain P. dit:
    En matière d’avortement, il n’ a que deux positions, être contre ou ne pas être contre, c’est à dire y être favorable, sans en être nécessairement un apôtre..
    un chrétien est contre et il le dit sans réserve.
    maintenant dans le royaume des hommes c’est le bordel et cela ne date pas d’hier…

  9. Tout à fait d’accord avec vous Anne Lys.
    Eh, oui vous portez comme par hasard un joli deuxième prénom.
    Nous devons nous préparer à « voter »pour LE LYS .
    Je vous invite à aller voir dans les révélations du Sacre Coeur à Ste Marguerite Marie Alacquoque la demande faite au Roi Louis XIV de se consacre au sacre coeur .Ce que Dieu dit DIEULEVEUT.
    CONSACREZ VOUS AU SACRE COEUR
    Eugene

  10. Françoise Authosserre

    Il serait intéressant de savoir comment se porte la société à Malte, où le catholicisme est omniprésent, où le divorce et l’avortement sont INTERDITS. Les femmes en sont-elles encore aux « aiguilles à tricoter », comme disent certaines socialistes en France ? ou bien sont-elles responsables ? la société les aide-t-elle à assumer les conséquences naturelles de leurs actes, ou s’en lave-t-elle les mains comme Ponce Pilate ? La lutte contre l’avortement se situe sans doute moins au niveau de la « répression » que de la prise de conscience du droit à la vie par toute la société, avec les moyens matériels qui vont avec – parfois incompatibles avec la recherche effrénée du profit.
    Mme Marine Le Pen avant d »épouser » en troisièmes noces M. Louis Alliot, qui avait laissé femmes et enfants pour elle, vivait à la colle avec ce dernier. Il est vrai qu’elle a des circonstances atténuantes : elle est fille de divorcés (de M. Jean-Marie Le Pen et sa femme), et les enfants de divorcés divorcent à leur tour … triste loi des séries.
    Quant aux propos sans nuances de M. Philippot, ils sont outrageants pour l’Eglise catholique et d’autres églises chrétiennes, ils sont provocateurs et absolument inacceptables. Moi qui l’admirais, je tombe de haut ! Oui, le FN va perdre des voix aux prochaines élections.

  11. Simple colombe

    Je ne suis guère étonnée par cette concession à « l’esprit du monde » qui n’a rien à voir avec l’esprit du Christ. C’est la logique prévisible des hommes politiques quand ils n’ont pour objectif que de réussir à gagner des voix ! Et c’est là que le bât blesse en démocratie (ce qui ne veut pas dire que la monarchie ou la dictature soient forcément préférables !!!)

    Le Christ et l’Evangile sont sans ambiguïté sur l’identité du « Prince de ce monde » (promoteur de cet « esprit du monde » et autre « Realpolitik ») et ce dernier déclare au Christ « Tous ces royaumes avec leur gloire t’appartiendront si, te prosternant à mes pieds, tu m’adores. »

    Quand comprendrons-nous, nous qui nous disons chrétiens voire catholiques, que Dieu seul (et non un parti humain)mérite notre adoration et notre obéissance, Lui, l’Amour pur, le Vivant et le Dispensateur de vie, et que ses commandements sont non négociables. En mépriser un, c’est les mépriser tous.

    Il ne s’agit pas là de « les imposer aux autres » comme accuse un intervenant, mais de défendre une vie humaine innocente, bien incapable de voter et donc considérée comme nulle et non avenue. Il s’agit d’éduquer les citoyens à ce respect de la vie, d’appeler le « bien » « bien ». (En sachant que cela constitue un travail éducatif de longue haleine et un combat spirituel à dimension cosmique.)

    Idéal impossible à tenir, planant ? Eh bien dans ce cas, que personne n’ignore, père, mère de la petite victime, praticiens de l’avortement, législateurs et personnes l’approuvant, qu’en coopérant à ce meurtre cruel et injuste, ils tuent Dieu lui-même qui s’est identifié à ce petit être. « Tout ce que vous ferez à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à Moi que vous le ferez. »

    Ce mot « Dieu » ne leur dit rien ? Un jour (dans moins de 80 ans) ils comprendront…

    Que ces personnes sachent que, de plus, elles mettent à mort leur propre âme et qu’un jour – à supposer qu’elles ne le sentent pas confusément au fond d’elles-mêmes (si elles ont encore le courage de rentrer parfois en elles-mêmes) – elles seront confrontées à cette réalité sans pouvoir la fuir… Non, on ne peut pas toujours fuir sa conscience…

    Bien sûr, je crois à la Miséricorde infinie du Christ compatissant. Mais cette miséricorde ne peut s’exercer que sur celui qui la mendie humblement. Or beaucoup risquent à cette heure là de s’en trouver indignes et de choisir la compagnie éternelle de celui dont Jésus dit qu’il est « homicide dès le commencement »…

    Alors pour qui voter ? Grave question pour un chrétien ! Voterons-nous pour Pilate, pour Hérode, pour Caïphe ?

    Je penche pour ma part pour Pilate : il est respectueux, compatissant, esprit objectif et pragmatique, soucieux de la paix sociale, à l’écoute de sa femme… Bien sûr ses soldats sont un peu violents et il a du mal à rester ferme devant les pressions, mais personne n’est parfait, n’est-ce pas ???

    • Anne Lys

      Je ne saurais vous dire à quel point je suis d’accord avec vous.

      Les partisans de l’avortement, les prétendues « féministes » (qui d’ailleurs lisent ou entendent avec plaisir toutes les injures avilissantes adressées à une femme, pourvu qu’il s’agisse d’une Chrétienne) n’ont de cesse que l’on empêche les femmes qui sont tentées d’avorter de réfléchir à la portée de cet acte.

      On ne peut certes pas juger celles qui y ont recours, du moins si l’on ne s’est pas trouvée soi-même dans une de ces situations où l’on a l’impression que la venue au monde de l’enfant que l’on a conçu va vous condamner à une vie infernale, alors que sans lui l’avenir serait si prometteur et si l’on n’a pas, alors, résisté à l’abominable tentation (et même dans ce cas on ne peut vraiment juger, parce que ce que vit la femme qui avorte est peut-être pire que ce que l’on a connu).

      Mais on peut – on doit – (malgré les lois qui se mettent en place pour l’interdire sous prétexte que l’avortement, sans raison, sans autre motif que celui de « disposer librement de son corps » serait un « droit » de la femme, pire, son tout premier droit, qu’il serait totalement interdit de remettre en cause) faire tout son possible, lorsqu’on a connaissance d’un projet d’avortement, pour que la jeune femme se rende compte de ce qu’elle va faire.

      En fait, au fond d’elle-même, elle le sait : jamais une femme ne pense spontanément à l’enfant qu’elle a conçu (sauf peut-être dans les tout premiers jours où elle n’arrive peut-être pas à mettre une « idée d’enfant » sur les quelques cellules qui sont encore seules à être une promesse d’enfant) comme à autre chose qu’un enfant. Elle peut refuser de le nommer, mais ce n’est pas toujours le cas. Le plus souvent, elle dit qu’elle ne veut pas de « cet enfant », ou de « ce bébé », qu’il va la condamner à une vie trop difficile. Elle ne dit jamais (à moins qu’on le lui ait déjà seriné) qu’il s’agit d’un morceau de chair ou d’une tumeur…

      Si l’on parvient à lui faire prendre conscience que c’est bien « son enfant » qu’elle envisage de mettre à mort, si on lui fait comprendre que les frères et sœurs qu’elle a déjà donnés ou qu’elle donnera peut-être à cet enfant mort comprendront, pour peu (et rien ne reste indéfiniment caché) qu’ils apprennent qu’elle a volontairement avorté, que eux aussi auraient pu être sacrifiés et que c’est à un bienheureux hasard qu’ils doivent d’avoir réussi à venir au monde… il arrivera sans doute dans bien des cas qu’elle ne pourra pas donner suite à son mortel projet.

      Et c’est une des raisons pour lesquelles la législation française se refuse obstinément à donner un statut à l’embryon et au fœtus humain, alors qu’elle donne un statut protecteur à de nombreux œufs ou embryons et fœtus animaux… (une autre raison étant que, n’ayant ni statut ni existence légale, les embryons humains sont gratuits pour les laboratoires, alors que les embryons animaux ne le sont pas).

      Si bien qu’on arrive à d’abominables paradoxes : puisque l’enfant humain n’a pas de statut avant d’être sorti du corps de sa mère et d’avoir poussé son premier cri, l’accoucheur maladroit qui le blesse « in utero » a tout intérêt à l’achever : s’il survit blessé et mutilé, il encourt au moins des dommages et intérêts qui peuvent être fort lourds (et alourdir ses cotisations d’assurance), s’il meurt, il ne risque rien. Et le cas s’est produit où une jeune mère, sur le point d’accoucher d’un enfant très désiré, blessée au cours d’un accident où le bébé trouve la mort, a reçu du responsable une indemnisation pour ses vêtements déchirés dans l’accident, mais pas la moindre pour l’enfant qui a été réputé n’avoir jamais existé, ni comme être humain, ni comme animal, ni même comme chose. De même, une personne qui désire faire du mal à une femme a tout intérêt, si elle est enceinte d’un enfant désiré, à la blesser au ventre et à tuer l’enfant attendu : il ne risque rigoureusement aucune peine pour cet assassinat, sauf une peine légère pour la blessure, non mortelle et sans graves séquelles, qu’il a faite à la mère, et la malheureuse, elle, va effectivement souffrir cruellement de la perte de son bébé.

      Ces réflexions n’enlevant rien, évidemment, à la valeur de vos arguments

  12. Kikounache

    Ouuuups !… Si ce site se met à faire de l’anti-FN primaire, on est très mal ! Si le FN n’est pas la panacée, il faut reconnaitre que c’est aujourd’hui le seul parti LIBRE de ses opinions… Et même si quelques-unes d’entre elles ne vont pas dans le « bon » sens, c’est toujours mieux que les déclarations en « langue de bois » distillées par les autres partis qui ne cherchent qu’à ratisser large pour tondre ensuite à ras les électeurs qui leur auront benoitement fait confiance…
    Je prefère un politicien franc, même si je ne suis pas d’accord avec lui sur tout, qu’une « larve molassonne » qui promet ce que l’électorat veut entendre !…

    • Anne Lys

      Il ne s’agit pas d’anti-FN primaire. A l’extrême rigueur d’anti-Philippot primaire ! Que celui-ci renonce à s’aligner sur l’attitude la plus contraire aux « points non négociables » (j’ai bien dit « la plus contraire », puisque, alors que de nombreux pays refusent de considérer l’avortement, qu’ils autorisent, comme un « droit » et que la question est encore en débat en France, lui affirme qu’il s’agit d’un « droit » et qu’il ne peut même pas y avoir débat sur la question au FN), ou que Mme Le Pen le désavoue et je pense que ceux qui avaient l’intention de voter FN (moi la première) le feront ; ce n’est pas, que je sache, une attitude « d’anti-FN primaires ».

      • Kikounache

        Je ne me réfère pas à votre message, mais plutôt à l’article de « Riposte catholique » qui semble en effet se « positionner » étrangement en invitant ainsi – sans en avoir l’air – ses lecteurs à se détourner quelque peu du FN, profitant de propos tenus par l’un de ses dirigeants… Je considère la méthode comme une manoeuvre politique. Des « pressions occultes » ne seraient-elles pas à l’origine de ce positionnement assurément plus politique que religieux ?… La gauche au pouvoir ne ménage en effet pas ses efforts pour rediaboliser ce parti qui commence à lui faire sérieusement de l’ombre…

  13. BOMMIER Claire

    A l’heure de la communication , à l’heure de l’image, à l’heure des sensations plus fortes que la raison, l’avortement n’a plus qu’un issue de réaffirmation de sa législation , ne parler, ni image, ni communication, ni raison. Se poser vérité révélée au dessus de toute considération. Se placer pour dominer, détruire, avilir. Bref, l’avortement dans sa législation est le mal absolu. Mal absolu voulu par les hommes (et les femmes) . Pour simplement montrer qu’ils n’ont peur ni de la justice divine, ni de celle des hommes. Ils sont au dessus de tout. Comment vous appelez çà?

  14. Jacques

    Certains sur ce site reprochent aux catholiques d’imposer leur point de vue. Je suis catholique pratiquant, je n’impose rien à qui que ce soit, mais voici quelle est ma Liberté :
    M. Philippot manifeste son choix qui est d’importance compte tenu de sa position au sein du FN (droit indiscutable, pas de débat sur le sujet) . Je ne voterai plus FN!
    M. Philippot travaillerait-il pour son ancien parti de l’UMP au sein du FN? pour aider à le dédiaboliser?

    • Anne Lys

      On peut en effet se demander si M. Philippot ne travaille pas pour un autre parti que le sien, si j’en juge au nombre de réactions de personnes qui avaient l’intention de voter FN et qui y renonceront si le FN maintient la position de M. Philippot sur l’avortement que j’ai reçues en quelques heures, après avoir envoyé, à une partie seulement de mes correspondants, mon message à Marine Le Pen.

  15. Jephe

    Bonjour à tous,
    Je viens de découvrir ce matin Riposte Catholique et en parcourant ce site, j’ai profité de lire vos commentaires avec intérêts sur les déclarations de FP.
    Croyez-moi, je suis ce qu’on appelle un pur et dur en tant que Catholique. Pas ou plus de compromis possible avec les idées révolutionnaires. Donc, si je veux être cohérent avec moi-même, je ne vais plus voter ! Mais, il faut être lucide. Même si vous ne partagez pas les propos de l’un des membres du FN et je suis à 1000% avec vous. Que proposez-vous d’autres dans les circonstances actuelles. Un refus d’aller voter, un vote blanc ! Vous ferez le jeu du camp adverse et pour autant la continuité d’une politique mortifère. Alors, s’il vous plait, réfléchissez ! Il y a aussi au FN, des gens absolument opposés à cette loi et c’est ça qu’il faut retenir (BG par exemple). Dans les autres partis, ce n’est plus le cas. Et puis MLP, n’est pas FP, seulement il est inutile à quelques mois de certaines échéances de provoquer la polémique qui serait peut-être néfaste à la possibilité de changer enfin de politique dans ce pays. Analysez bien le problème, il ne s’agit pas de se renier, mais de combattre le mal !

    • Je suis bien consciente de tout ce que vous dites, mais que voulez-vous ? Non possumus… Il n’est pas possible de voter pour un parti dont, une personne qui n’est pas seulement un membre, même important, ni un dirigeant, même de premier rang, mais son PORTE-PAROLE, c’est-à-dire la personne qui donne la doctrine officielle du parti, exprime une volonté d’agir au rebours de ce que m’ordonne ma foi catholique et mon cœur.

      Si les candidats de Mme Le Pen se retrouvent au second tour contre un candidat UMPS, ce sera une autre question. Mais au premier tour, pour l’instant, cela m’est impossible.

      Quand NKM, porte-parole de M. Sarkozy, a exprimé, elle aussi, des idées qui étaient fort éloignées des miennes, j’ai renoncé à toute idée de voter pour son candidat au 1er tour et j’ai voté pour Mme Le Pen, même si au second tour j’ai, à mon corps défendant, voté pour M. Sarkozy parce que M. Hollande, je le prévoyais, ce serait encore pire.

      Reste à savoir si M. Philippot fera gagner chez les féministes pures et dures plus de voix qu’il n’en fera perdre chez les Catholiques. Pour ma part, si j’en juge par les dizaines de réactions que j’ai reçues une demi-heure après avoir diffusé ma lettre à Marine Le Pen, j’en doute. De toute façon, la balle est dans le camp de celle-ci…

  16. Kikounache

    Je pense pour ma part que ce n’est ni une « petite phrase » maladroite ni une opinion (peut-être tout aussi maladroite) exprimées par l’un ou l’autre des « responsables » du FN (que trop souvent les journaleux acculent à dire n’importe quoi) qui vont me faire changer d’idée… La situation est très simple : nos dirigeants successifs ont mené la France à la catastrophe depuis quarante ans. Je ne vois donc pas d’autre option que de donner sa chance au seul parti avec lequel je partage une majorité d’idées, même si ce ne sont pas « toutes » mes idées… C’est aussi simple que ça, et toujours mieux que de donner ma voix à un parti politique qui a démontré son incapacité à gérer le pays… C’est un peu le sursaut de la dernière chance. Après, nous n’aurons en effet plus cette ultime opportunité car la censure sera appliquée à la lettre… et la charia aussi !

  17. Joseph

    La chute démographique est le virus qui achèvera l’Occident malade.
    Qu’espérez-vous d’une civilisation devenue schizophrène ! En effet, elle se trouve sur tous les fronts en train de consacrer ses énergies pour sauver toutes sortes d’animaux menacés, alors qu’elle a érigé en axiome indiscutable la transformation du Temple de la Vie, à comprendre le ventre de ses femmes, en un Abattoir sacré! En plus, elle est envahie par une autre civilisation laquelle depuis longtemps a transformé le même Temple de la Vie en une Usine à bombes.

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