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Déclaration des évêques allemands sur la pilule du lendemain : des critiques

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La déclaration des évêques allemands autorisant la prescription de la pilule du lendxemain au femmes victimes de viol, par les hôpitaux catholiques, pourvu qu’il s’agisse d’une pilule non abortive, a suscité de multiples critiques. De fait, quelques études assurent que la pilule du lendemain n’a pas d’action anti-nidatoire, mais ont pour seul effet d’empêcher l’ovulation. Ces études restent ultra-minoritaires et la plupart font état au contraire d’un possible effet abortif, tandis que les notices de ces comprimés indiquent volontiers un doute quant à leur mode d’action. De nombreuses voix se sont élevées pour contester la déclaration des évêques qui a suscité, du point de vue médiatique, l’idée que la pilule du lendemain peut être utilisée sans conditions en cas de viol.

Même si la déclaration des évêques allemands énonce correctement la condition : il faut que la pilule ne soit pas abortive, elle n’est pas acceptable en l’état en ce qu’elle suppose une chose qui n’est pas avérée –   on n’a pas la certitude que la pilule du lendemain n’est jamais abortive. Ni en ce qu’elle laisse en dernière analyse le choix à la femme en imposant le respect de sa décision. Ni enfin par le flou qu’elle a installé dans les esprits.

Sophia Kuby, directrice de European Dignity Watch, a déclaré à ce propos à ACIPrensa que la déclaration crée une situation inextricable puisque les évêques « donnent leur approbation morale à quelque chose qui tout simplement n’existe pas ». Elle note que les évêques de son pays font référence à une « évidence scientifique » pour le moins douteuse, qui « n’est pas fausse, mais incomplète ». « Il semble que la principale étude qui semble leur servir de base ne décrive que l’effet contraceptif de la pilule en question ».

« Une pilule du lendemain sans effet abortif potentiel n’existe pas sur le marché mondial », a-t-elle précisé, ajoutant que la déclaration épiscopale marque un retour aux années 1990, date à laquelle l’Eglise d’Allemagne s’était fait reprendre par Jean-Paul II notamment pour sa participation aux conseils aux femmes demandant un avortement où, en cas de refus de la mère de garder son enfant, les organismes en question signaient la feuille l’autorisant à obtenir l’opération.

Théologiquement, dit-elle, le communiqué des évêques et irréprochable ; dans les faits, elle permet tutes les dérives.

Mêmes précisions chez le Dr Esteban Rodriguez, porte-parole des gynécologues pour le droit à la vie en Espagne (Derecho a Vivir) pour qui il n’existe pas de pilule du lendemain qui n’ait pas d’effet anti-nidatoire sur un embryon déjà fécondé. Et de dénoncer une « pensée irréelle » de la part des évêques. Il insiste : « Aucune étude scientifique à ce jour n’a réussi à démontrer sans conteste que lesdites molécules (levonorgestrel et acétate d’ulipristal pour les pilules efficaces jusqu’à 5 jours après le rapport)  ne causent pas d’avortements. » Chose reconnue et pour la Norlevo et pour la pilule du lendemain fabriquée par Bayer.

Il précise que, quelle que soit la forme de pilule utilisée, classique (quotidienne) ou du lendemain, « nous ne pouvons jamais être sûrs que la conception ne s’est pas produite ».

Les médecins, ajoute-t-il, ont le « droit et le devoir de ne pas coopérer aux attentats contre la vie consécutifs à ce type de produits ».

Mgr Reig Pla, président de la sous-commission épiscopale espagnole pour la famille, dit sensiblement la même chose, soulignant qu’« à ce jour, ni le Saint-Siège, ni la Conférence épiscopale espagnole n’a publié un quelconque document où l’on fasse référence à une pilule du lendemain de telles caractéristiques » – qui ne causerait jamais la mort d’un embryon.

Le prélat précise qu’en cas de viol, les manœuvres anticonceptionnelles sont licites, mais seulement pourvu qu’elles ne puissent pas résulter en un avortement. Mais il insiste, dans le cas des pilules du lendemain, elles sont « toutes potentiellement abortives et donc leur utilisation est toujours immorale, même en cas de viol ».

Car comme le rappelle Luis Fernando Perez Bustamante d’Infocatolica, en ces matières de protection de la vie le doute oblige à l’abstention. Et ce même si les évêques allemands prétendent avoir obtenu l’aval de la Congrégation de la foi – sans qu’on sache d’ailleurs exactement comment ni par qui.

A Rome, le président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Ignacio Carrasco de Paula a déclaré à La Stampa que l’APV approuve la déclaration des évêques allemands en assurant qu’ils ont posé « une loi exemplaire qui réitère ce que l’Eglise catholique propose depuis cinquante ans ». Et de préciser qu’il appartient aux scientifiques et aux médecins de déterminer si une pilule est potentiellement abortive ou non.

Le problème est précisément que cette certitude scientifique n’existe pas, et qu’il appartient à l’APV de le savoir. Comme le note John-Henry Westen sur LifeSite, la revue Contraception avouait l’an dernier que l’industrie pharmaceutique considère l’effet abortif des pilules du lendemain comme l’un des « principaux obstacles » à leur distribution – leur vente, donc.

Il rappelle également la très récente déclaration de Dr James Trussell, directeur du Bureau de Recherche sur la Population de Princeton, qui co-signait ce mois-ci avec le Dr Elizabeth G. Raymond l’affirmation suivante : « Afin de faire un choix éclairé, les femmes doivent savoir que (la contraception d’urgence)… empêche la grossesse principalement en retardant ou en inhibant l’ovulation et en inhibant la fécondation, mais qu’elle peut à l’occasion inhiber l’implantation d’un œuf fécondé dans l’endomètre. »

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 © leblogdejeannesmits

 Réseau Riposte catholique

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