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Décryptage – La doctrine sociale n’est pas de l’anti-libéralisme primaire

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Dans l’édito de la lettre du diocèse de Troye, Michel de la Patellière, délégué épiscopal à l’information et à la communication se livre à une lecture quelque peu réductrice de la Doctrine Sociale de l’Eglise.

A l’heure du déclin des idéologies totalitaires, largement dénoncées, il reste un tabou dans certains milieux chrétiens, celui de la saine critique du libéralisme économique comme un des agents de cette course effrénée aux profits immédiats, sans contrôle ni retenue. N’y aurait-il pas là une sorte d’incohérence de ces milieux chrétiens au regard de ces mêmes valeurs évangéliques de partage et de solidarité ?

C’est malheureusement le lot commun de qui réduit la DSE à une idéologie. L’un des problèmes de la Doctrine Sociale de l’Eglise est que le mot doctrine fait peur aux gens dits de gauche et le mot social à ceux dits de droite, tandis que le mot Eglise fait peur à tous les autres.

Le mot social est malheureusement compris dans son acception actuelle qui se cantonnerait à « faire du social ». Pour dire les choses de façon nette, social serait tout ce qui touche à l’attention aux plus démunis. C’est une erreur lourde de conséquences. Social a trait à la vie en société et recouvre donc tous les aspects moraux de celle-ci. L’attention préférentielle aux pauvres « n’est qu’un  » des piliers traditionnels de la DSE.

Pour comprendre la doctrine sociale, il faut la situer dans la continuité de la théologie morale, en ce sens qu’elle est l’agir chrétien dans la vie de la cité. C’est une clef de lecture concrète à la lumière de l’Évangile et non un discours « social ».

La Doctrine Sociale n’est pas une alternative au libéralisme, au capitalisme, ni même au marxisme. C’est une voie à part, unique à la croisée de nombre de réalités concrètes et théologiques. Réduire la doctrine sociale à du social c’est considérablement l’appauvrir et en faire une idéologie partisane.

Alors oui, lire et relire les documents du magistère dits de doctrine sociale, mais les remettre dans le fleuve plus large de la théologie de la Création et du salut.

 

Qu’il faille faire une critique du libéralisme est une chose, encore faut-il savoir précisément ce que signifie libéralisme. Or là la mosaïque libérale invite à nous tenir loin des poncifs généraux.

La doctrine sociale ne devrait pas un être un marqueur gauche droite, mais au contraire un clivage anthropologique.