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Le pape François, l’avortement et l’excommunication

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John-Henry Westen, sur LifeSite, rappelle un fait qui est passé assez inaperçu mais qui a de l’importance pour les défenseurs de la vie.

Dans sa lettre aux évêques d’Argentine, fin mars, le pape François leur a demandé de gouverner l’Eglise d’Argentine en se référant au document d’Aparecida, un texte issu de la rencontre des évêques d’Amérique latine dont il avait assuré la présentation en 2007, lors de la visite de Benoît XVI dans ce sanctuaire marial du Brésil.

« Voilà les lignes de conduite qu’il nous faut à ce moment de l’histoire », leur écrivait-il.

Le texte a été traduit en son temps par les soins de La Croix et se trouve notamment ici.

Or sur la question de la famille et du respect de la vie, c’est un texte on ne peut plus clair. Qui soutient par exemple le principe de l’excommunication automatique des législateurs qui soutiennent l’avortement mais aussi les autres atteintes graves à la famille (paragraphe 436, ci-dessous).


(15) La famille, “patrimoine de l’humanité”, constitue un des trésors les plus importants des peuples latino-américains. Elle a été, et elle est, une école de la foi, palestre de valeurs humaines et civiques, foyer dans lequel la vie humaine naît et se reçoit généreusement et avec responsabilité. Néanmoins, dans l’actualité, elle souffre de situations adverses provoquées par le sécularisme et le relativisme éthique, par les divers flux migratoires internes et  externes, par la pauvreté, par l’instabilité sociale et par les législations civiles contraires au mariage qui en favorisant les moyens contraceptifs et l’avortement, menacent le futur des peuples.  

Dans certaines familles d’Amérique Latine, persiste encore malheureusement  une mentalité machiste, ignorant la nouveauté du christianisme qui reconnaît et proclame l’égale dignité et responsabilité de la femme face à l’homme. 

(16) La famille est irremplaçable pour la sérénité personnelle et pour l’éducation des enfants. Les mères qui veulent se consacrer pleinement à l’éducation de leurs enfants et au service de la famille doivent profiter de conditions nécessaires pour pouvoir le faire, et pour cela elles ont le droit de compter avec l’appui de l’État. En effet, le rôle de la mère est fondamental pour le futur de la société.  

Le père, pour sa part, a le devoir d’être véritablement père, qui exerce son indispensable responsabilité et sa collaboration dans l’éducation de ses enfants. Les enfants, pour leur croissance intégrale, ont le droit de pouvoir compter sur le père et la mère, pour qu’ils s’occupent d’eux et les accompagnent vers la plénitude de leur vie. Une pastorale familiale intense et vigoureuse est en effet nécessaire. Il est indispensable, également, de promouvoir des politiques familiales authentiques qui répondent aux droits de la famille comme sujet social indispensable. La famille fait partie du bien des peuples et de l’humanité entière. 

Et plus loin : 

(40) Parmi ce qui affaiblit et diminue la vie familiale, nous rencontrons l’idéologie du “genre”, selon laquelle chacun peut choisir son orientation sexuelle, sans prendre en compte les différences données par la nature humaine. Cela a entraîné des modifications légales qui blessent gravement la dignité du mariage, le respect du droit à la vie et l’identité de la famille.

Et encore (parmi d’autres développements sur le mariage et la famille) :

(434) Nous croyons que « la famille est à l’image de Dieu qui dans son mystère le plus intime n’est pas une solitude, mais une famille ». Dans la communion d’amour des trois Personnes divines, nos familles ont leur origine, leur modèle parfait, leur motivation la plus belle et leur destin ultime. 

Cette citation sur Dieu, « famille », est tirée du discours de Puebla de Jean-Paul II.

Et nous nous arrêterons avec une attention particulière (mais tout le document mérite d’être lu) sur ces mots qui rappellent clairement l’obligation de défendre la vie qui s’impose particulièrement aux responsables politiques, et rappelle l’excommunication automatique de ceux qui concourent à promouvoir l’avortement : 

(436) Nous espérons que les législateurs, les gouvernants et les professionnels de la santé, conscients de la dignité de la vie humaine et de l’enracinement de la famille dans nos peuples, la défendent et la protègent contre les crimes abominables de l’avortement et de l’euthanasie ; c’est leur responsabilité. Pour cela, devant des lois et des dispositions gouvernementales qui sont injustes à la lumière de la foi et de la raison, on doit favoriser l’objection de conscience. Nous devons nous tenir à la “cohérence eucharistique”, c’est à dire, être conscients que l’on ne peut pas recevoir la communion sacrée et au même moment, agir en actes et en paroles contre les commandements, en particulier quand on soutient l’avortement, l’euthanasie et d’autres délits graves contre la vie et la famille. Cette responsabilité pèse de manière particulière sur les législateurs, les gouvernants et les professionnels de la santé.

L’appel à défendre les plus faibles est très beau :

(467) Nous assistons aujourd’hui à des défis nouveaux qui nous demandent d’être la voix de ceux qui n’ont pas de voix. L’enfant qui est en train de naître dans le sein maternel, et les personnes qui se trouvent à la fin de leurs vies, sont une demande de vie digne qui crie au ciel et qui ne peut éviter de nous faire frémir. La libéralisation et la banalisation des pratiques abortives sont des crimes abominables comme l’euthanasie, la manipulation génétique et embryonnaire, les essais médicaux contraires à l’éthique, la peine capitale, et tant d’autres manières d’attenter à la dignité et à la vie de l’être humain. Si nous voulons soutenir un fondement solide et inviolable pour les droits humains, il est indispensable de reconnaître que la vie humaine doit toujours être défendue, depuis le moment même de la fécondation. Sinon, les circonstances et les convenances des puissants rencontreront toujours des excuses pour maltraiter les personnes.

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5 comments

  1. senex

    C’est une terrible angoisse de plus pour les personnels de santé qui doivent obéir ou mourir..Nous sommes excommuniés pour complicité…Désastreux …Va t’il excommunier tous les contribuables qui paient en fait les avorteurs …????

  2. gaudet

    Voilà un texte absolument excellent et fondamental, insistant sur le caractère abominable de l’avortement et de l’euthanasie et donc aboutissant à une profonde condamnation morale du gouvernement pourri de cette gauche dégoûtante , que nous supportons tous le jours.

    Je souhaite vivement que chaque catholique français se détourne franchement du vote en faveur du pouvoir maudit de la gauche, et soutiennent uniquement les politiques défendant les valeurs sacrées de la vraie famille.

    Malheureusement presque aucune formation politique ne soutient les vraies valeurs chrétiennes et familiales à part une majorité très large des membres du front national et également quelques députés UMP ayant encore gardé une conscience saine et claire

  3. le perroquet

    Ô Bienheureuse et toujours Vierge Marie,Nouvelle Eve du Très-Haut et Mère de Notre Divin Sauveur Jésus-Christ,Pardon pour chacun des actes que nous commettons et qui ne cessent de faire souffrir la Très Sainte Trinité Dieu le Père,Dieu le Fils et Dieu Esprit Saint!!!PARDONNEZ_nous nos offenses et DÉLIVREZ-NOUS DE TOUT MAL!Fiat!Fiat!Fiat!Alléluia.

  4. Pingback: Kirche heute, 12. Mai 2013 | Moment Mal

  5. Buffalo

    Petite précision canonique. Le can.1398 dispose que celui qui procure un avortement, si l’effet s’en suit, encourt l’excommunication latae sententiae. Les lois pénales devant recevoir une interprétation stricte, on ne peut pas étendre, me semble-t-il, cette peine aux politiciens favorables aux législations anti-vie. Ce n’est pas, en tous cas, ce canon qu’il faut invoquer comme argument pour justifier le refus de leur donner la communion. En revanche, ils se rendent coupables d’un péché grave, voire mortel, en soutenant ces lois, péché doublé du scandale puisqu’ils induisent les autres catholiques en erreur en déclarant justes des procédés que la morale de l’Eglise réprouve. N’oublions pas de bien distinguer le fait d’être excommunié de celui d’être privé de communion eucharistique. Tous les excommuniés sont privés des sacrements, mais tous ceux qui doivent s’abstenir de communier ne sont pas excommuniés! Je pense aux divorcés-remariés, ou encore à tout chrétien qui a conscience d’avoir perdu l’état de grâce. Auquel cas, il ne peut s’approcher de la sainte communion sans s’être confessé et avoir reçu l’absolution préalablement. L’excommunication est une peine canonique qui sanctionne certains délits, et tous les péchés ne sont pas des délits (au sens juridique du terme).

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