gpa

Tribune – Europe, une GPA éthique ?

Download PDF

Pour l’Homme nouveau, Adélaïde Pouchol revient sur le rejet de la proposition de résolution sur la GPA contre lequel Riposte Catholique s’était mobilisé.

 

Marchandisation des femmes

Le leitmotiv des opposants : : le corps de la femme ne se marchande pas et la maternité de substitution est une atteinte à la dignité et aux droits les plus élémentaires de la femme comme de l’enfant. Pourtant, le Conseil de l’Europe avait tenté de rassurer les opposants à la GPA en parlant d’encadrer la pratique, faisant ainsi miroiter la possibilité d’une GPA « éthique ». Deux écoles s’affrontent donc au niveau de la société civile comme des institutions politiques. Ceux qui, d’une part, estiment qu’il est légitime de fabriquer un bébé dans une éprouvette, de l’implanter dans le corps d’une femme pour le donner ensuite à un couple en mal d’enfant, pourvu que les normes d’hygiène soient respectées et que les personnes concernées soient consentantes. Ceux qui, d’autre part, jugent que le seul fait de consentir à un acte n’en fait pas, ipso facto, un acte bon et que la personne humaine ne se marchande pas. D’ailleurs, pour preuve de cet affrontement, le Parlement européen avait voté, en décembre 2015, son « Rapport annuel de 2014 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde » qui « estime que cette pratique, par laquelle les fonctions reproductives et le corps des femmes, notamment des femmes vulnérables dans les pays en développement, sont exploités à des fins financières ou pour d’autres gains, doit être interdite ».

Car tous le savent désormais, ce sont les femmes pauvres qui acceptent, moyennant finances, de porter l’enfant d’une autre. Ces dernières années, le voile a été levé sur ces cliniques indiennes où des dizaines de femmes sont parquées dans des dortoirs le temps d’une grossesse pour livrer ensuite l’enfant, pourvu qu’il soit conforme aux attentes des commanditaires ! Mais même si la GPA devenait un passe-temps de femmes riches et qu’elles vivaient leur grossesse dans les meilleures conditions possibles, cette pratique n’en resterait pas moins une perversion absolue puisqu’elle fait du corps de la femme une machine soumise aux lois du marché et fait de l’enfant un objet du désir et non plus un fruit de l’amour. C’est la loi de « l’enfant si je veux quand je veux », qu’on avorte ou fabrique à l’envi.

Lire l’intégralité de la tribune