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Familiaris consortio et Amoris laetitia, ce qui change ?

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Amoris laetitia ne passe pas facilement pour une large part des fidèles catholiques. Même parmi ceux qui sont « François-philes » certains passages restent obscures, inquiétants au point que sous le manteau on prend de la distance, à défaut d’oser « s’opposer » au pape. Il faut dire qu’à l’inverse, il est devenu très difficile de « critiquer » le pape, dans un mouvement à la fois de solidarité catholique et pour certains d’aveugle papolâtrie.

Une vénération pontificale qui touchait déjà Jean-Paul II ou Benoît XVI et qui traduit un profond respect filial de la fonction comme du charisme que porte le souverain pontife.

Néanmoins, Benoît XVI lui-même rappelait que le pape peut se tromper. Son infaillibilité ne porte que sur des points précis, (voir notre article formation) Pour le reste rappelait Benoît XVI, le pape demeure un homme. Et c’est bien le rôle des synodes (comme celui sur la famille) et des cardinaux de conseiller, avertir, questionner le pape.

C’est ce qu’on fait quatre cardinaux sur Amoris laetitia en exprimant selon la forme traditionnelle et consacrée, des « dubia« , des doutes. La forme suppose des réponses par oui ou non afin de lever les doutes. Le Saint-Père, jusqu’à présent, n’a pas répondu à ces dubia, laissant planer les doutes.

Pour l’heure le Saint-Père s’est simplement confié aux jésuites dans un récent entretien

L’Église doit proposer une théologie « à genoux  », en prière, une «  théologie de la vie réelle  » qui ne doit pas se contenter de brasser des concepts, mais prendre à bras-le-corps la question du « discernement » des situations vécues par les personnes.

Pourtant à la question Amoris laetita change-t-elle quelque chose, il a répondu laconiquement et sèchement « oui point final ! ». Plus tard, il a remercié la conférence des évêques d’Argentine pour avoir donné une parfaite interprétation d’Amoris laetitia.

Sans précision particulière le pape affirme :

Pour votre tranquillité, je dois vous dire que tout ce qui est écrit dans l’exhortation — et je reprends les mots d’un grand théologien qui a été secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Schönborn, qui l’a présentée — tout est thomiste, du début à la fin. C’est la doctrine sûre. Mais nous voulons, si souvent, que la doctrine sûre soit dotée de cette mathématique sûre qui n’existe pas, ni avec le laxisme, peu regardant, ni avec la rigidité.

Ce qui pose problème dans cette exhortation c’est essentiellement la question de la gravité du péché d’adultère et donc de l’admission à la communion eucharistique. Saint Jean-Paul II avait répondu à cette double question dans Familiaris consortio. Un lecteur s’est livré à une comparaison avec Amoris laetitia afin de savoir ce qui avait changé.

 

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