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Info – Pape François entre génocide et croisade

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Lors d’un récent point presse, le P. Lombardi avait réagi vivement à l’emploi du mot génocide par le pape. Un emploi que la salle de presse du Vatican n’avait pas renouvelé dans la présentation du programme du voyage apostolique. (Voir notre article). Cette attitude avait laissé entendre, par certains, que le pape faisait machine arrière dans le soutien du Vatican à l’Arménie.

Il n’en est visiblement rien, puisque le souverain pontifie a clairement employé l’expression à l’occasion de son voyage appelant, en outre à une réconciliation entre la Turquie et l’Arménie.

Il est probable que le pays des sultans ne l’entendent pas de cette oreille, puisque pour le vice-premier ministre du gouvernement turc, Nurettin Canliki, qui s’exprimait samedi, 25 juin, les propos du pape portent « toutes les marques et les reflets de la mentalité des croisades ».

Le P. Lombardi a répondu aux questions de la presse, dimanche, 26 juin, en disant: « Il n’y a aucun esprit de croisade » et  « l’intention réelle » du pape c’est de « construire les fondations pour la paix et la réconciliation » : le pape « a prié pour la réconciliation de tous », et il « n’a pas dit un mot contre le peuple turc »

Le pape François avait employé le terme « génocide » deux fois en 2015, publiquement et oralement le terme de « génocide » à propos du massacre systématique des Arméniens il y a plus d’un siècle, l’an dernier, deux fois: à l’occasion de la Proclamation de saint Grégoire de Narek comme Docteur de l’Eglise, le 12 avril 2015, à Saint-Pierre – il citait les paroles de Jean-Paul II -, mais aussi dans un Message aux Arméniens.

Le pape François a de nouveau employé le terme dans son discours devant les autorités arméniennes, vendredi 24 juin 2016 au palais présidentiel d’Erevan. Mais le pape préfère le terme employés par les Arméniens eux-mêmes: le « Metz Yeghern », le « Grand Mal », il emploie aussi d’autres termes comme « tragédie » et « catastrophe effroyable ». Il citait la déclaration de saint Jean-Paul II et de Karékine II, le 27 septembre 2001.

Et quand le pape François parle de génocide, ce n’est pas seulement pour faire la vérité sur l’histoire et comme un devoir de justice pour les victimes, il souligne l’actualité du message pour aujourd’hui, c’est un « avertissement » pour l’humanité: « Nous sommes hélas témoins d’une immense tragédie qui advient sous nos yeux : d’innombrables personnes innocentes tuées, déportées, ou contraintes à un exil douloureux et incertain par des conflits continuels à base ethnique, politique et religieuse au Moyen-Orient et dans d’autres parties du monde », dit la déclaration conjointe de ce 26 juin 2016.

 

Le pape François n’avait pas, au départ prévu d’employer le terme de « génocide » dans son discours aux autorités du pays: « Nous ne voulons être pris au piège de discussions politico-sociologiques », avait averti son porte-parole en présentant le programme du voyage. Le pape a ajouté le terme, d’abondance du cœur, sur place. (sic)

Source Zenith