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Décryptage – Suède – Voyage du pape pour commémorer la Réforme

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Cela avait été annoncé il y a plusieurs mois, le pape François, pour qui l’œcuménisme est aussi important que les problèmes de pauvreté, se rendra le 31 octobre en Suède pour commémorer la Réforme luthérienne.

 

Cette commémoration œcuménique se prépare depuis bien avant l’annonce de la visite pontificale. Le pape participera à une prière commune dont la trame liturgique se fonde sur le document d’étude paru en 2013 intitulé « Du conflit à la communion : commémoration commune luthérano-catholique de la Réforme en 2017 ».

Trois axes dans ces commémorations :  l’action de grâce, le repentir et l’engagement au témoignage commun.

Action de grâce pour le chemin parcouru, demande de pardon pour les divisions issues des controverses théologiques.

«En nous concentrant sur la centralité du problème de Dieu et sur une approche christocentrique, luthériens et catholiques pourront commémorer œcuméniquement la Réforme, et pas seulement de manière pragmatique, précise le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des chrétiens, mais dans le sens  profond de la foi en Christ crucifié et ressuscité.

En cette année anniversaire, nous avons vu fleurir moultes initiatives œcuméniques et voyages sur les pas de Martin Luther. Que les plus hautes instances de l’Eglise œuvrent à l’unité, est en effet un devoir du successeur de Pierre. Les divisions reposent souvent sur de fines nuances théologiques. Fines dans la perception de leur distinction, mais capitales pour l’intégrité de la foi. Qu’au niveau des fidèles, on cherche une cohabitation pacifique, une entente cordiale et fraternelle et à chaque fois que cela est possible, une oeuvre commune, fait assurément parti de la démarche de charité. Mais cette mise en lumière du luthéranisme, à l’occasion de l’anniversaire de 1517, est parfois l’occasion, pour des fidèles aventureux, d’une théologie œcuménique bien éloignée de la vérité de l’unité elle-même.

Le dialogue inter religieux a bien deux formes, la théologie et la charité. Si chacun peut participer au dialogue de la charité, tout le monde n’est pas à même de se lancer dans celui de la théologie. Comme nous l’avons déjà dit, l’œcuménisme n’est ni du syncrétisme, ni du sentimentalisme. Car l’unité pour être charitable doit plonger ses racines dans la vérité. Et la charité n’est pas du sentimentalisme.

Désirer l’unité est un devoir du chrétien, rappelle saint Cyprien de Carthage. Mais il rappelle aussi qu’on ne peut quitter l’autel du Christ pour une unité qui serait une nouvelle déchirure du manteau.

 

Pour tout savoir sur ces commémorations, un site internet, www.lund2016.net