loup2

Catholiques : apprendre à durer au milieu des loups (2)

Download PDF

Deuxième partie de la tribune de Cyril Brun, dont la première partie est parue hier. La Rédaction.

*

6. La vérité, ennemi mortel du système

Ici en effet se situe le nœud de tout le système, sa pierre d’achoppement, en même temps que son centre névralgique et son talon d’Achille : la vérité est son unique ennemi mortel. Là se trouve donc l’enjeu de tout notre combat, révéler la vérité, en tout temps et tout lieu. Il y a deux niveaux de vérité. La vérité ontologique qui concerne l’être même des choses, du monde et des Hommes et dont le contraire est le faux. Et la vérité opérative, celle qui concerne les actions des hommes et dont le contraire est le mensonge. Notre combat vise à confondre le mensonge en dénonçant toutes ces actions contraire à la vérité, mais aussi à dénoncer le faux en rappelant sans cesse la vérité. A ces deux niveaux de vérités correspondent deux domaines d’action que sont les fondements de la civilisation et le comportement des hommes. L’un ne va pas sans l’autre. Le système actuel tient par ce double mensonge qui, pour s’imposer, s’est attaqué à ces deux domaines dont il a fait le décor du théâtre d’ombres.

Aussi, ce n’est pas en ferraillant avec les acteurs politique de ce faux-semblant que nous remporterons la victoire, mais en sapant à la base ce système par une promotion tous azimuts de la vérité, au prix du martyre s’il le faut. Les premiers chrétiens étaient martyrisés pour leur foi en Dieu. Les martyrs d’Orient aujourd’hui pour leur appartenance au Christ, nous, en Occident sommes peut-être appelés à être des martyrs de la vérité ontologique. Vérité que nous devons promouvoir à temps et à contretemps. Cela signifie qu’il faut refonder l’intégralité du système de pensée actuel, lui redonner de nouvelles bases intellectuelles et spirituelles. Autrement dit, une initiative politique qui ne propose pas autre chose que des mesures conjoncturelles n’a aucune chance de remporter la victoire. Une proposition politique, même radicalement novatrice, ne pourra aboutir que si la vérité a fait son chemin dans les esprits de nos contemporains, à commencer par les catholiques. Ce qui veut dire que le premier combat à gagner est celui des idées. Nous devons massivement réinvestir tous les champs de la culture et de l’éducation, et ce en partant du plus petit niveau. Nous avons déserté l’éducation, la culture et les lieux de charité. Nous avons été remplacés par une soldatesque médiatico-culturelle uniforme et bien-pensante, un système éducatif de propagande et un état providence conditionnant ses aides à l’acceptation de ses théories les plus idéalistes. Il y a mille raisons à cette désertion, mais peu importe aujourd’hui le passé, il est urgent de réinvestir ces lieux. Même si nous serons brimés, entravés, il est de notre responsabilité de le faire et pour cela nul n’est besoin de remporter 2017, ni même 2020 ou 2022.

7. Un sursaut et une conversion de la part des catholiques

Pour cela, il faut un véritable sursaut de la part des catholiques et des hommes de bonne volonté. Il faut laisser notre confort, nos sécurités. Si le monde va si mal, ce n’est pas d’abord de la faute des autres, mais de nous qui avons massivement laissé se développer, par complicité, aveuglement ou ignorance, cette gangrène qui nous atteint au plus intime, jusque dans nos familles, dans notre vie privée. Si nous ne sommes pas prêts au sacrifice, au martyre, quelle qu’en soit la forme, n’imaginons pas que le monde ira mieux. Si nous sommes le sel de la terre, ce n’est pas pour entasser ce sel dans d’illusoires bunkers. Nous avons caché au monde la lumière, il est temps que chacun, en toute occasion, sorte de sous le boisseau. Mais nous savons bien que cela n’est pas facile. Tous, nous sommes pris par mille impératifs quotidiens, par nos propres scléroses. Isolés, il n’est pas aisé de se lancer ni de savoir que faire. Souvent nous avons tendance à dire « le monde catho est petit » parce que nous connaissons tous quelqu’un qu’un autre connaît. Mais n’est-ce pas d’abord parce que le milieu catholique est habitué au réseau, tout naturellement, parce que nous avons un signe de ralliement en la personne du Christ ? Ce réseau naturellement tissé est une puissance unificatrice de premier ordre que nous utilisons trop peu et qui, pourtant, serait une force centrifuge sans commune mesure avec les bataillons désunis que nous avons en face de nous.

8. Contre qui nous battons-nous ?

Car à la fin qui sont-ils ces adversaires ? Tout d’abord ils sont multiples, variés et sans véritable cohésion, ni connexion. Ils représentent une multitude d’intérêts divers et variés. Ils sont une pieuvre aux tentacules insoupçonnés par la pieuvre elle-même. Ils ont cependant un point commun qui les unit malgré eux, leur vision du bien est erronée. Cette fausse vision les conduit dans une direction opposée au bien, soit par leur but, soit par leurs moyens. Ils ne vont pas forcément tous dans la même direction, mais ils écartèlent le bien et le déchiquettent, comme un condamné entre plusieurs chevaux. Il n’y a pas forcément d’unité entre eux et parfois même ils s’opposent les uns aux autres. Ainsi, les financiers sans foi ni loi tirent autant sur la carcasse du bien que les écolos ou le New-Age. La différence majeure de ce dernier étant de tirer parti de tous les autres, puisque son but est de tout simplement détruire cette ère chrétienne pour permettre une nouvelle ère, celle du verseau, dont on ne sait trop ce qu’elle sera, mais là n’est pas l’important. Ici nous relirions avec profit les ouvrages de Monseigneur Schooyans, comme la face cachée de l’ONU par exemple. Le New Age agit tel un cyclone qui aspire toutes les forces destructrices et grossit à leur mesure. Les tenants de cette théorie font ainsi feu de tout bois, n’ayant pas de véritable morale. La norme du bien pour eux est ce qui concourt à achever l’ère du poisson. Cette dernière n’est, du reste, pas nécessairement vue comme intrinsèquement mauvaise, mais elle a fait son temps. L’ère qui doit lui succéder sous le nom de verseau n’est pas davantage identifiée, de sorte qu’il n’y a pas vraiment d’intérêt personnel à son avènement. C’est une sorte de nihilisme du Phoenix.

9. La Franc-Maçonnerie

En revanche, beaucoup plus perverse et redoutable est la Franc-Maçonnerie. La grande différence entre les frères trois points et les autres chevaux qui disloquent le corps en putréfaction du bien réside précisément dans l’intention. Il est constitutif de la Franc-Maçonnerie, quoiqu’elle en dise, de rechercher et d’organiser la destruction de l’Eglise et de tous ses fondements. A ce titre, les francs-maçons sont organisés en une arme de destruction d’autant plus efficace que, à la différence des autres, elle a un but et donc une stratégie. Un plan sans cesse en évolution mais avec, pour seul objectif, sa propre raison d’être, en finir avec les catholiques. Le nier est suicidaire. Aujourd’hui les loges ont réussi à se rendre fréquentables, presque amusantes. A l’image du démon qui est parvenu à faire croire qu’il n’existait pas, la Franc-Maçonnerie s’est donné un visage inoffensif, surfant sur la caricature du complot judéo maçonnique pour se rendre acceptable. Pourtant, elle est omniprésente dans les milieux politiques et économiques, tout autant que financiers et militaires. Elle constitue un ordre moral supérieur pour ses membres. Leur première appartenance, avant la famille, avant leur pays, est la loge qui constitue un Etat dans l’Etat. Leurs lois internes prévalent sur les lois du pays et leur morale est seule juge de leurs actions. Ils représentent un maillage extrêmement serré de toute la société, à tous les échelons. En quelques siècles, ils ont réussi à imposer leur vision du monde, leurs codes éthiques. La civilisation qui parvient aujourd’hui au grand jour est leur construction, elle repose sur leur morale. Patiemment, ils ont fissuré l’édifice ancien en même temps qu’ils posaient les bases de celui qu’ils souhaitaient construire. C’est ici réellement que se joue l’avenir de notre civilisation. Le véritable théâtre d’opération n’est pas ce jeu d’ombres et de lumières qui nous est donné à voir, mais cet obscur soubassement qui a tissé sa toile avec constance et continue de le faire. Cette main invisible a un visage que pourtant nous avons oublié.

Pendant près d’un siècle, notre attention a été focalisée sur le marxisme. Merveilleux dérivatif qui a épuisé presque toutes nos forces et nous a fait oublier la Franc-Maçonnerie qui, tandis que nous dressions des remparts face aux communistes, a tranquillement pris place forte après place forte. Il leur suffisait d’exciter les chevaux et de lancer les rapaces sur le moribond écartelé. Alors que nous luttions contre le marxisme, nous avons perdu le combat de la famille, de la vie, de l’éducation et même de la vérité anthropologique. Aujourd’hui, l’Homme est un cadavre asphyxié, une ombre de lui-même, bien loin de l’image de Dieu.

10. Le jeu du démon

Qui pourtant peut avoir intérêt à cela ? Certes, l’homme affaibli est la proie de tous les prédateurs et les intérêts particuliers se retrouvent et s’associent, consciemment ou non. La plupart des francs-maçons ne sont qu’un maillon, entrés dans une loge pour de petits intérêts personnels, sans avoir conscience qu’ils participent à une dynamique destructrice bien plus vaste. Bien plus, le flou qui règne dans le nouveau Code de Droit Canonique laisse croire qu’être franc-maçon n’est plus incompatible avec la foi catholique. Une fois encore, le mensonge est à la base de l’édifice maçonnique qui, tel le démon, donne l’illusion du bien et du vrai pour se rendre présentable. Et ce d’autant plus que nombre d’évêques français, et plus encore de vicaires généraux, en sont. Ceci est d’autant plus surprenant, y compris spirituellement, que le véritable maître de la Franc-Maçonnerie, sous une forme ou sous une autre, c’est Satan lui-même. Les méthodes et la morale maçonniques sont rigoureusement celles du démon qui lui, en effet et de long temps, conspire contre l’Homme. Si complot maçonnique il y a, il est à cet endroit précis. Satan cherche par tous les moyens à faire chuter l’Homme et le couper de Dieu. Telle est, qu’ils l’admettent ou non, la véritable finalité des francs-maçons. Si tous ces chevaux fous qui écartèlent le bien le font de manière désordonnée et souvent instrumentalisés par leurs propres passions, la Franc-Maçonnerie est l’une des deux grandes armées humaines de Satan. Il la commande directement et c’est lui que, sous le nom de Grand Architecte, ils vénèrent. Encore une fois, ils en ont tout le caryotype, jusque dans l’habileté à se rendre fréquentables.

Cyril Brun

Fin de la tribune demain mardi 19 janvier à 12 h

12 comments

  1. Pour comprendre la situation, il faut prendre du recul dans le temps. Depuis 2007, je pratique du révisionnisme. Grâce à des tas d’archives qui ont pu être conservées j’ai découvert des horreurs que l’histoire officielle, en tout cas celle de la république française, n’enseignera jamais. Les gens vivent dans l’ignorance, mais on ne peut pas tromper le créateur. Depuis des lustres, sinon des décennies l’Europe et plus particulièrement la France sont allées secouer des nids de guêpes. Savez-vous ce qui se passe lorsque l’on dérange un nid de guêpes ? Je vous le donne en mille.

    • Philomène

      Je ne connais pas de gens du New Age dans l’église catholique, mais ils existent bel et bien dans les sociétés occidentales, c’est un courant qui vient des USA. Ils imprègnent les esprits pas très cultivés et naïfs, il y en a beaucoup dans nos sociétés. Pour eux, Jésus n’est pas le Sauveur, mais un simple « guide » parmi d’autres, à égalité parfois avec Lucifer, « le porte-lumière ». Ils croient à des choses abracadabrantes, leur esprit est perturbé. Ces gens-là sont très dangereux; je connais une femme qui croit au New-Age, elle est stupide et folle.

  2. Pinier Françoise

    Merci pour cette réflexion très fouillée et très courageuse.

    Je tiens à ajouter un seul mot : il s’agit d’un combat spirituel avant tout, comme l’apôtre saint Paul nous l’enseigne. Par spirituel, n’entendons surtout pas quelque chose de planant ou de déconnecté du réel, mais une guerre totale dont le cœur est notre propre cœur avant d’être la société et ce qui en constitue les interactions visibles.
    Guerre contre notre désir de la paix à tout prix, guerre contre notre découragement, notre peur du lynchage et des blessures, guerre contre notre manque de foi, notre impatience, notre dureté de cœur, notre paresse et notre passivité (Ah ! ces péchés d’omissions que l’on oublie !… Ces péchés d’omission qui font gagner du terrain à l’Ennemi !…)
    Guerre où l’on doit utiliser toutes les armes spirituelles que le même apôtre Paul nous expose (sans oublier le jeûne) et où il nous est demander de pratiquer les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles, chacun selon sa grâce. Guerre où l’on doit aimer Dieu « de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force et de tout son pouvoir », ce qui sous-entend que toutes nos facultés doivent être utilisées avec esprit d’initiative, au service de son dessein de Salut universel, et que nous aurons à en rendre compte. (Sans même parler des ressources financières, des relations et des autres moyens mondains dont nous disposons…)

    Qu’est-ce qui peut motiver un tel combat titanesque ? L’Amour uniquement. L’Amour de Dieu qui a été répandu sur nous dans le Christ Jésus, l’Amour qui nous a libéré du péché et de la mort spirituelle de l’enfer, l’Amour de Dieu qui veut être notre « récompense trop grande ».
    Plongeons-nous donc sans cesse dans les flots de cet Amour, à l’exemple de la Vierge Marie, « redoutable – pour l’Adversaire – comme une armée rangée pour la bataille »…

  3. Eve

    Vous avez raison de dire la vérité car les Catholiques sont englués dans tant de mensonges qu’ils voient et entendent,
    mais ils n’arrivent plus à les voir comme mensonges
    car on leur dit cela est vrai, et on leur oblige, par des lois, à
    ne pas dire le contraire c’est à dire la Vérité !

    Vous écrivez quelque chose de très intéressant :
     » Et ce d’autant plus que nombre d’évêques français, et plus encore de vicaires généraux, en sont. » !!!
    Serait-il possible de trouver le moyen de renseigner les Catholiques sur ce problème ? Comment entrer en contact avec vous ?

  4. Gilberte

    En effet, il est très important d’apprendre à penser d’avoir un esprit critique, de se cultiver, puis d’investir les lieux de culture, les laisser à d’autres c’est laisser faire la destruction du catholicisme

  5. MC NG

    Merci infiniment pour ce texte. Tout est dit, avec concision, vérité et justesse. Il n’y a rien à ajouter. Je le ferai circuler autant que possible. Il y a là un encouragement fort à continuer le combat de la foi catholique, combat qui peut nous sembler rude, car nous avons peut-être l’impression d’être impuissants et isolés. Mais c’est là aussi notre force. Si nous nous sentons impuissants, que cela nous fasse cultiver notre attention à Dieu et notre docilité à l’Esprit Saint, afin de faire Sa Volonté, seul gage de la victoire. Si nous nous sentons isolés, réjouissons-nous, car les « snipers » sont plus difficiles à vaincre. Et en réalité, nous sommes ensemble dans le Corps du Christ et ainsi nous sommes unis. Et cette union, précisément, qui peut la défaire ?
    La lecture de votre texte me conforte dans l’Espérance qui doit être la nôtre. Encore une fois, merci !
    Et oui : là où nous sommes, chacun, Dieu a voulu que nous y soyons, afin de témoigner de la vérité, debout, et courageusement !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *