Pope Francis at oblisk 24 March 13

La barque de Pierre dans la tempête

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Le mercredi 13 mars 2013, le Sacré Collège réuni en conclave a élu le cardinal Bergoglio pour succéder au pape Benoît XVI. Ce choix a surpris tout le monde. Le nouveau souverain pontife a pris le nom de François, en référence à saint François d’Assise. Il a demandé aux fidèles de prier pour lui. Rien ne semble, en effet, plus nécessaire.

Le pape François se retrouve aujourd’hui face à une situation d’une gravité exceptionnelle.

Depuis plusieurs années, l’Église est la cible d’attaques, notamment médiatiques, d’une intensité grandissante. Déjà, dans les dernières années du pontificat de Jean-Paul II, ces attaques avaient atteint un degré préoccupant. Elles se sont aggravées sous le pontificat de Benoît XVI montrant à quel point les mesures restauratrices prises par le Saint Père perturbaient les desseins et le dispositif destructeurs du Système. Ces attaques n’ont pas seulement été médiatiques mais politiques, institutionnelles et financières. Seule une petite partie d’entre-elles est visible du grand public. Ces attaques sont liées aux atteintes portées dans plusieurs pays au droit naturel, et en particulier à l’institution du mariage. La France et le Royaume-Uni ne sont-elles pas en ce moment en train d’adopter une législation dénaturant le mariage, en vertu, a dévoilé le député Nigel Farage (UKIP), de consignes supranationales adressées par l’Union européenne à tous ses membres ?

Au cœur de cette offensive de très grande intensité, il importait de neutraliser le pape Benoît XVI dont l’enseignement était pour le monde un signe de contradiction permanent. La dignité et l’autorité dont il était revêtu, les qualités intellectuelles et humaines exceptionnelles qui sont les siennes en faisait l’adversaire le plus redoutable du Système et le chef naturel de tous ceux qui sont attachées au Bien, au Vrai et au Juste.

Cette neutralisation a mobilisé des forces considérables, forces médiatiques, institutionnelles et financières, relayées par leurs réseaux habituels, puissants, efficaces, et discrets.

Il y eut d’une part les intrigues qui ont agité la Curie au commencement de l’année 2012, et notamment les fuites qui annonçaient alors que le pontificat de Benoît XVI s’achèverait avant un an. Il y eut le redoublement de la campagne médiatique, ô combien tartuffe, orchestrée à propos d’affaires de pédophilie contre lesquelles Benoît XVI avait pris pourtant des dispositions justes et courageuses. Il y eut des pressions financières, plus discrètes et néanmoins efficaces, qui conduisirent, par exemple, en décembre 2012 à des mesures de rétorsion contre l’Institut des œuvres religieuses (I.O.R.), la banque du Vatican, mesures qui furent levées, par une curieuse coïncidence, le 12 février 2013. Il y eut sans doute bien d’autres manœuvres que seuls quelques initiés connaissent. Face à un tel déchaînement, Benoît XVI, affaibli par l’âge et la maladie, a estimé, en son âme et conscience, qu’il valait mieux, pour le bien commun de l’Église, abdiquer, afin de permettre à un pape plus jeune et plus vigoureux, de poursuivre son œuvre et d’affronter cette dure bataille.

Au cours de la préparation du conclave, la vieille Curie, celle qui n’avait jamais accepté l’élection de Benoît XVI et qui n’a cessé de fronder son autorité pendant huit ans, a déployé une intense et très subtile activité, amusant l’opinion avec des leurres. À la manœuvre, le cardinal Angelo Sodano, ancien secrétaire d’État, les cardinaux Re, Sandri, et quelques autres, alliés au cardinal Bertone. Le but était de prendre une revanche sur le conclave de 2005, de reconquérir les quelques positions perdues au sein de la Curie sous Benoît XVI, de préserver de puissants intérêts tout en affichant ostensiblement la volonté de réformer les graves dysfonctionnements que connaît la Curie, de camoufler sous le manteau de la vertu réformatrice de peu ragoûtantes, mais très fructueuses, opérations financières pratiquées depuis longtemps déjà par le frère et les neveux du cardinal Sodano, et dont le détail fut donné dans un article très intéressant et très justement documenté publié le 7 mars dernier par Riposte Catholique : « Le changement c’est Sodano ». Cette opération “cosmétique”, tout en trompe l’œil, a conduit à l’élection soudaine et très surprenante du cardinal Bergoglio, qui, fut, de son propre aveu, l’un des plus surpris du choix des cardinaux, surprise, dont, visiblement, il n’était pas encore revenu le soir de son élection au balcon de Saint-Pierre.

L’objectif de la vieille curie était de choisir un cardinal de l’hémisphère Sud, simple, soucieux des pauvres, mais âgé et malade, ignorant tout de la Curie où il n’a pas exercé de fonctions, afin que, sous son manteau franciscain de pauvreté vertueuse, rien ne change au sein de la Curie. Dans un premier temps, la vieille curie avait porté son choix sur le cardinal Scherer tandis que les autres votes, au 1er tour, se dispersaient, principalement, entre les cardinaux Scola, lequel serait arrivé en tête, Ouellet, Bergoglio, Randjith et O’Malley. Le peu de succès du cardinal Scherer, devancé par le cardinal Scola, aurait conduit, après le 3ème tour, à lui substituer le nom du cardinal Bergoglio qui avait eu un succès d’estime au premier scrutin. Le ralliement du cardinal Ouellet aurait créé une dynamique, amplifié ultimement par celui de la majorité des cardinaux qui soutenaient jusque là le cardinal Scola.

Le pape François est élu. Il y aura, pour assumer ses fonctions, des grâces d’état qui pourraient déjouer, ces calculs si peu évangéliques. Déjà, il a manifesté, lors de sa première messe dans la Chapelle Sixtine, des signes marqués d’indépendance. Des rumeurs lui prêtent, à dessein, une volonté de rupture avec la politique de son prédécesseur. Les actes du pontificat naissant en offrent souvent un cinglant démenti. Par exemple, la rumeur a couru que Mgr Guido Marini ne dirigerait pas la cérémonie du sacre pontifical. Or, le jour du sacre, Mgr Marini était bien là auprès du Saint Père. Cette rumeur était sans fondement. À cet égard, la visite que le pape François a rendu à son prédécesseur à Castel Gondolfo a témoigné, par des signes de délicatesse mutuelle, l’estime que se portent les deux pontifes, et la volonté du pape François de s’inscrire dans la continuité de son « vénéré prédécesseur ».

Se voulant d’abord « évêque de Rome », le pape François semble enclin à donner un nouveau souffle à l’idée de collégialité épiscopale. Cependant, cette collégialité sera nécessairement imprégnée du caractère du nouveau pape, qui est très autoritaire, à l’instar de Pie XI. Remarquez que le nouveau pape parle volontiers de « ses » cardinaux, de « son » vicaire lorsqu’il parle du cardinal vicaire de Rome. La collégialité du pape François sera soigneusement tenue en main.

Cependant, si le pape François veut gouverner et réformer la Curie, il devra très rapidement affronter ceux auxquels il doit d’avoir été élu, et le Système dont ces prélats sont les représentants au sein de l’Église. Pour le pape François, cet affrontement sera crucifiant. Il aura besoin de toute la force de l’Esprit Saint pour relever ce défi extrêmement difficile. La fermeté de son enseignement pour la promotion de la culture de vie et des principes du droit naturel devrait, en outre, lui aliéner définitivement, et assez rapidement, la sympathie des grands media. S’il veut éviter de se retrouver dans un isolement complet, le Saint Père devra alors chercher des appuis parmi ceux qui n’ont probablement pas contribué à son élection mais qui, de par leur formation, leur esprit et leur caractère, sont ses soutiens naturels, parmi ceux qui ont manifesté leur loyauté et leur dévouement à Benoît XVI tout au long de son pontificat. Le pontificat pourrait alors réserver à tous de grandes surprises.

La tempête qui souffle sur l’Église et sur le monde n’a pas encore atteint son paroxysme. Le plus dur est à venir, pour le pape François, et pour nous. Le pape François a bien besoin de nos prières.

Marco Raboglio

16 comments

  1. Constantin

    Un Pape avec une élévation sprituelle en Jésus-Christ
    passera à travers n’importe quel tempête.
    C’est l’esprit qui élève l’être corps-esprit au-dessus de l’eau dans la lumière. L’attachement aux aspects matériels entraîne l’être corps-esprit vers le fond dans
    les ténèbres.

  2. Jean Ferrand

    Ca fait 2000 ans que ça dure. LEglise en a vu d’autres.

    Il faut bien distinguer les complots réels des complots imaginaires, et allégués sans le moindre début de preuve.

  3. Sipala Salvatore

    Bonjour à vous tous . Je suis italien et catholique mais pas trop pratiquant mais avec un profond respect pour l’église ! Je doit quand même vous dire que il semblerais que l’église commence à bouger , c’est vraiment le moment que vous soyés près des gens car l’église est trop resté à l’écart comme s’ils vivait dans un autre monde , les scandes de pédophilie et les protections de certains prêtres on mît à rude épreuve les institutions de l’église et beaucoup de personnes sont remontés contre les prêtres exc .. Faut ce ressaisir et mettre l’église au millieux du village , être auprès des jeunes , être plus combatifs et répondre au hommes politiques qui sont arrogant , faut sortir la croix de Jésus dehors et montré que vous êtes présent car tout est entrains de s’effondrés , les valeurs , les familles , les enfants ! Parlés dans les églises des fait de société , vous en avez le pouvoir ! Que Dieu nous garde et protége ces enfants du Diable qui rôde parmis nous ! Amen

  4. Loco

    Merci pour cette réflexion éclairante, qui nous fait voir aussi les ombres présentes là où on voudrait qu’elles ne soient pas, mais qui nous laisse la certitude que Jésus avec François, comme avec Benoît XVI est dans la barque de Saint Pierre conduite par un homme sincère, lucide et courageux.

  5. Jean-Claude Chevalier

    Excellent article , sans compter toutes ces batailles au sujet de la définition naturelle de la famnille, il y a surtout le nerf de la guerre, l’argent…. et je ne parle pas ici des intrigues financières de la Banque du Vitcan qui flirte continuellement avec le système bancaire international. Je parle surtout du danger que représente, pour le système bancaire international de création d’argent-dette, mais aussi l’espoir ultime pour les peuple endettés, affamés, la proposition monétaire de l’économiste CH Douglas sous le vocable de Crédit Social qui compte plusieurs adeptes, notamment le Cardinal Agré, africain, et dans la mouvance du Cardinal Turkson, aussi africain, qui est le Préfet de Justice et Paix et favorable à cette réforme monétaire profonde sur la création de l’argent. L’enseignement du Crédit Social, une véritable lumière, constitue une voie difficile mais prometteuse.

  6. Andrée Ratovonony

    Oui ! Prions pour notre Saint Père Le Pape FRANCOIS pur que le souffle du SAINT ESPRIT qui l’a porté à ce Siège soit toujours avec lui au milieu de cette tempête. Puisse Notre Sainte Mère du Ciel, la Très Sainte Vierge MARIE lui soit aussi d’un grand secours. Amen.

    • Jean-Claude Chevalier

      c’est comme si on disait: ah je ne chercherai pas a protester contre les injustices financières et économiques, car les autorités financières sont bien au dessus de moi…

  7. Pingback: Kirche heute, 28.März 2013 | Moment Mal

  8. Bea Klenik

    tres bon article ; merci.
    notre Saint-Pere Francois est dans la juste lignee de Jean Paul II et de Benoit XVI ; Il aura une tache difficile, mais dans le Plan de DIEU ; nous Le soutenons de nos Prieres, mais il y a aussi, outre l’Action du Saint-Esprit, toutes les ames du Purgatoire, et tous les Martyrs passes, presents et a venir, pour Le seconder dans la gouverne de la barque, dont l’Eveque de Rome, l’Eveque en blanc est le capitaine,

  9. Pingback: RCS » Blog Archive » NON POSSUMUS !…

  10. Trophyme

    Comment un vaticanologue peut-il écrire une pareille stupidité : « À la manœuvre, le cardinal Angelo Sodano, ancien secrétaire d’État, les cardinaux Re, Sandri, et quelques autres, alliés au cardinal Bertone. Le but était de prendre une revanche sur le conclave de 2005,  » ???
    Bertone a été l’homme de confiance de Benoit XVI, qui l’a nommé et soutenu jusqu’au bout (sans quoi il aurait disparu en 2005) ! Bertone était ratzinguérien pur jus : comment parler à son égard d’une revanche sur l’élection de Benoit ?
    C’est vraiment n’importe quoi … Dommage car votre site est souvent bien informé et intéressant

    • marco raboglio

      Cher Trophyme,

      Avant de réputer stupide une analyse, essayez de comprendre sa raison d’être. Que le cardinal Bertone ait été un ratzinguerien en son temps n’est pas contestable. Seulement, les gens peuvent changer d’attitude. Tout le monde a constaté, pendant la préparation du conclave, que le cardinal Bertone, s’était rapproché de son ancien adversaire le cardinal Sodano et qu’il avait apporté son soutien à la manoeuvre orchestrée par celui-ci et ses amis.

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