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Les « affaires cachées » de l’Eglise, l’occasion d’une purification

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Au-dela de l’indéniable récupération (orchestration ?) médiatico-politique des affaires de pédophilie cachées sous le manteau pourtant si pur de l’Eglise immaculée du Christ, se trouve l’occasion d’une bonne purification.

Il n’a jamais été un secret pour les catholiques habitués des sacristies ou des couloirs des différentes curies que la lèpre est bien présente sous la façade d’apparence lisse d’une Eglise d’autant plus fragile qu’elle est la cible privilégiée des démons en tous genre. Les pères du désert nous rappellent, du reste, que si un démon suffit pour s’occuper d’une ville, il en faut des dizaines pour un seul monastère.

Combien peuvent témoigner qu’il leur a été demandé (et non imposé du reste) le silence face à des situations gênantes pouvant engager la réputation des membres de la hiérarchie et par-là salir la Sainte Eglise ? Il est curieux, comme l’Eglise, lieu de la lumière et de la vérité, aime le secret et le mystère. Ceci ne pouvait plaire à son chef divin qu’on imagine mal dire à ses apôtres, « ne dites rien pour préserver ma réputation ».

Si douloureuses soient elles, ces affaires cachées qui remontent à la lumière et font scandales, sont peut-être une invitation à ne pas avoir peur de la vérité, ni de la fragilité des membres de l’Eglise, du simple fidèle au pape lui-même. N’y a-t-il pas, du reste, plus de force dans un acte d’humilité simple qui reconnait ses fautes que dans le mensonge qui les dissimule ?

Le mal le plus insidieux est celui de l’orgueil, sang qui coule dans les veines de Satan lui-même. Cet orgueil qui nous empêche de nous reconnaître fragiles et pêcheurs et qui, par-là, ferme aussi les portes de la miséricorde. Incontestablement l’Eglise, non dans son corps mystique bien entendu, a encore besoin de purger mille lèpres qui la gangrènent. Qu’il s’agisse d’affaires sexuelles, ou financières, ou tout autre, seule la vérité rend libre. Le Christ le disait encore la semaine derière dans son Évangile aux juifs qui le questionnaient : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. » (Jn 8.31) Demeurer fidèle à la parole c’est aussi reconnaître la distance entre cette parole et la vérité de notre vie.

Dans un monde où l’orgueil et la tentation de l’infaillibilité humaine dominent, l’humilité ecclésiale peut être un véritable signe de miséricorde, en même temps qu’un cri de ralliement. L’Eglise du Christ ne peut rester  emmurée dans un idéal de perfection aseptisée. Il ne s’agit pas d’un misérabilisme qui demande pardon à tout va, mais d’un simple genou en terre devant Dieu.

5 comments

  1. oscar1948

    Les sacrements n’enlèvent pas la concupiscence, il est donc compréhensible que certaines personnes consacrées fassent preuve de faiblesse. En la matière, le seul juge, c’est Dieu, à nous tous, il est demandé de compatir car qui d’entre nous n’a jamais péché?
    Dieu à qui rien n’est impossible pourra bien dans son infinie sagesse inspiré la réforme des sacrements qui aura pour objectif de réduire par exemple les cas de pédophilie.
    Prions pour que notre sainte Mère qui est, à la fois, dépositaire et dispensatrice de la charité nous communique cette reine de toutes les vertus.

  2. Merci pour vos bons mots.

    Si vous désirez poursuivre votre réflexion, faites la liste de tous les reproches que Jésus adresse aux scribes et pharisiens hypocrites et vous verrez que l’église est atteinte de toutes les lèpres dénoncées prophétiquement par le Seigneur.

    La pire maladie est de cacher l’accès au Royaume des cieux, de ne pas y entrer soi-même et d’empêcher l’entrée de ceux qui désirent entrer dans le Royaume par le baptême de foi et de repentance des adultes aspergés nourrissons.

    Si vous avez expérimenté ce baptême qui libère de Satan, donne la nouvelle naissance promise et le renouvellement de l’Esprit Saint, puissance, amour et vie en abondance; venez me baptiser dans mon coin perdu du Québec, je paie le voyage et tous les frais.

  3. Chouan catho de Bretagne

    Votre article est effectivement source de réflexion. Mais nous pouvons demander aussi à la vertueuse république de commencer aussi à laver son linge. De Cambacérès à Frédéric Mitruand la liste va être longue.
    Ce qui n’est pas une raison, me direz-vous avec justesse, pour que certains citoyens de l’Eglise ne battent leur coulpe. Mais il ne faut pas oublier que tous les moyens sont bons pour le diable de chercher à détruire l’Eglise de Dieu par l’introduction d’individus pervers, qu’ils aient ou non conscience de leur perversité.
    Il est vrai qu’il est plus facile pour les adversaires de Dieu de s’en prendre à l’Eglise et sa Croix du Ressuscité en s’avançant avec leur étendard portant leur effigie d’un fille de joie dépoitraillée !

  4. Louis

    Merci Cyril,

    votre texte sur les « affaires cachées de l’église » sonne juste en cette semaine Sainte.

    Pas de misérabilisme, pas d’aveuglement, du réalisme, de la miséricorde, de l’humilité.

    Nous, chrétiens, membres de l’Église, « noire mais belle », sachons prendre nos responsabilités devant Dieu et devant les hommes !

    Affrontons nos zones d’ombre avec courage et portons les victimes dans notre cœur.

    J’ai connu une situation comme celle-là dans ma propre famille.

    L’église du diocèse n’a pas été à la hauteur et nous avons été grandement blessés par son attitude méprisante.

    Mais en même temps des figures locales de cette même église se sont montrées proches et compatissantes.

    Notre amour de l’Église s’en est trouvé passé au feu, purifié, et notre réalisme renforcé.

    Depuis, Benoît XVI a beaucoup fait pour que des choses changent.

    Mais l’église de France, malgré de vrais progrès, n’a pas encore tiré toutes les conséquences de cette période de relâchement.

    Prions et agissons pour que nos responsables sachent aller jusqu’au bout !

    Fraternellement,

    Louis

  5. Les scandales de l’Église ne sont pas si nombreux que l’insinue l’auteur du texte avec force références ironiques aux ouvrages de spiritualité.

    Le vrai scandale de l’Église aujourd’hui, c’est de prêcher la liberté religieuse et de tenir sous le boisseau le missel de saint Pie V.

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