Mgr_Lefebvre

25è anniversaire du rappel à Dieu de Mgr Lefebvre

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Il y a 25 ans, le 25 mars 1991, en la solennité de l’Annonciation, Mgr Marcel Lefebvre rendait son âme à Dieu. A cette occasion Mgr Tissier de Mallerais revient, dans un entretien à La Porte Latine, sur la personnalité et l’oeuvre de Mgr Lefebvre.

LefebvreQu’est donc l’essentiel dans l’action de Mgr Lefebvre ?

Mgr Tissier de Mallerais – Mais voyons ! C’est la Fraternité ! Le couronnement de sa vie, et l’œuvre d’un génie ; oui, la synthèse de plusieurs idées géniales. Vous ne voyez pas ? Permettez-moi de numéroter à nouveau, ce sera plus clair.
1 – D’abord une Fraternité sacerdotale sans vœux. Il nous a présenté ce projet juste un mois après la rentrée à Fribourg, le 15 novembre 1969, donc dès le début. Il y pensait depuis un bon moment. Cela lui brûlait les lèvres, il n’a pu se retenir de nous en parler, tant ce lui semblait important, capital pour l’avenir et pour l’Église : rien que cela ! Notre société sacerdotale serait une fraternité, chaque prêtre membre étant fils aimant du même père (le supérieur général ou le supérieur de la communauté locale) et chacun ayant pour ses confrères une attitude de frère. Nos prêtres ne feraient pas les trois vœux des religieux, mais seraient liés à la Fraternité par des engagements publics.

2 – Mais surtout, une fraternité sacerdotale de vie commune. Et c’est ce qu’il a réalisé, nos prêtres ne sont pas isolés chacun dans son coin perdu, ils mènent, dans les ‘prieurés’ une vie commune de prière, de table et de logis, avec un règlement. Ils ne sont donc pas livrés à eux-mêmes, ni isolés dans une Église livrée aux fantaisies et aux scandales d’un clergé laïcisé. De même, l’apostolat est commun, sous la direction locale du ‘prieur’ et la direction supérieure du supérieur de district et du supérieur général. L’apostolat en tire organisation et efficacité. Et c’est parfaitement adapté à l’état de diaspora des fidèles catholiques actuels : du prieuré, les prêtres rayonnent dans leurs ‘missions’ aux alentours : lieux de culte secondaires, salles de catéchismes, petites écoles dispersées. Le prieuré est donc une base opérationnelle, il est la pièce maîtresse de la Fraternité. D’autres communautés plus ou moins ‘Ecclesia Dei’ nous ont suivis ou imités, et c’est ce qui fait, malgré leurs déficiences combatives, leur rayonnement.

3 – Ensuite, bien sûr, pour nous, le patronage de saint Pie X, le dernier pape canonisé, l’adversaire du modernisme, dont la devise ‘Tout restaurer dans le Christ’ est le mot d’ordre de la Fraternité ; mais, avant tout, le Pasteur suprême qui s’est préoccupé de la vie intérieure et de la sanctification des prêtres par son exhortation apostolique Hærent animo du 4 août 1908, qu’il a écrite lui-même en latin et dont il lisait chaque matin une nouvelle page au cardinal Merry del Val, son Secrétaire d’État. Ce texte, c’est la sainteté sacerdotale en comprimés et bien en ordre !
4 – Ensuite, deuxième idée de génie : l’année de spiritualité. Il faut à ces prêtres « une sorte de noviciat », avec retraites, cours de catéchisme développé, ce que le fondateur appelle ‘le cours de spiritualité’ : Dieu, la Sainte Trinité, le Saint-Esprit, la création des anges et des hommes, la justice originelle, le péché originel, la ‘justification de l’impie’, la grâce. Puis les vertus et les dons du Saint-Esprit et les béatitudes. Puis Notre Seigneur Jésus-Christ. Sa divinité, sa personne, son humanité, sa science, sa ‘grâce capitale’, son sacerdoce, son sacrifice de la Croix, sa primauté universelle, son règne social. Puis les sacrements avec au sommet le sacrifice de la messe, centre et source de la vie et de l’apostolat du prêtre. Puis le très sainte Vierge Marie, son Immaculée Conception et sa plénitude de grâce, sa corédemption, sa médiation de toutes grâces, la dépendance du prêtre de son influence omniprésente. Puis les fins dernières, sans omettre l’enfer.

5 – Et encore, nouvelle idée géniale, ou plutôt providentielle, car il ne l’a pas conçue lui-même. Les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, qui appliquent ce tableau d’ensemble à la réforme de l’âme, à sa remise en ordre, à se mise sous la dépendance fondamentale de Dieu. C’est l’arrivée du père Ludovic-Marie Barrielle à Écône en 1972 qui a fourni à Mgr Lefebvre cet achèvement de la préparation spirituelle et apostolique de ses prêtres. Pensez-y : nos prêtres sont capables de prêcher des retraites ! Cela ne se voyait jamais dans le clergé diocésain ; et même les retraites ignaciennes, qui étaient ‘la chasse gardée’ des pères Jésuites !

6 – Puis encore, cette nouvelle idée géniale : les études selon saint Thomas d’Aquin dans sa Somme théologique  ! cela ne se voyait plus depuis le Concile, et ce fait suffit à condamner ce concile, soit dit en passant. Donc : la lettre de la Somme du docteur angélique comme manuel de théologie, en latin s’il vous plaît. D’où les cours de latin donnés au séminaire, pour que nos prêtres comprennent leur bréviaire, accèdent à saint Thomas dans son texte et aux Pères latins de l’Église. Et saint Thomas, maître de la plus belle synthèse de philosophie, de théologie dogmatique, morale et spirituelle à la fois ! Où trouve-t-on cela ailleurs que dans sa Somme ? Et la faculté qu’a cette Somme de pouvoir réfuter toutes les erreurs passées, présentes et à venir ! C’est une merveille. Je me souviens de la délectation avec laquelle, jeune séminariste, j’ouvrais ma Somme en latin au cours de théologie du père Thomas Mehrle à Écône ; nous avions chacun sous les yeux le texte du Maître, et à nos oreilles le commentaire d’un fidèle thomiste, le digne père dominicain qui venait un jour par semaine nous faire goûter la moelle de saint Thomas. Quel héritage ! Quelle source pure de vie spirituelle ! Quelle ressource pour notre prédication ! Méditez simplement ‘la vie de Jésus’ ou ‘le mystère de la Rédemption’ ou ‘le sacrement de l’Eucharistie’ dans la Somme, et vous faites de fameuses découvertes, vous pénétrez à fond le mystère, sans le résoudre bien sûr, vous êtes enrichi pour toujours.

7 – Mais ce n’est pas tout. L’avant – dernière (je n’en suis même pas sûr) idée géniale du Fondateur, c’est le ‘Cours des actes du magistère’ donné au cours de l’année de spiritualité. C’est l’héritage romain du père Le Floch : l’enseignement constant des papes face aux erreurs modernes en matière politique et sociale. Donc quelque chose de tout à fait pratique et actuel. Ce n’est point un cours didactique sur les erreurs modernes, c’est connaître et assimiler comment les papes ont jugé ces erreurs, par quels principes de raison et de foi.
8 – Et sa dernière idée de génie : que nos prêtres s’occupent d’écoles catholiques de garçons, et finalement les dirigent. Faites, comme il disait, ”pour imprégner les adolescents de religion” tout faisant d’eux des hommes, elles seront meilleures que les petits-séminaires d’antan, éveillant des vocations sacerdotales et religieuses et préparant des pères de famille capables de s’engager pour le Christ dans la cité.

3 comments

  1. Anne-Marie

    Merci Mgr Marcel Lefebvre, en ce jour de la Passion du Christ je pense et prie pour vous. Je remercie notre Seigneur pour vous avoir donné le courage et les vertues héroïques nécessaires pour continuer et sauver le sacerdoce des prêtres pour son Eglise. Grâce à vous beaucoup de familles perdues et abandonnées ont gardé la foi. Que le Christ vous garde tout près de lui dans sa lumière.

  2. balanine

    Vous êtes dans nos prières, Monseigneur, afin que votre apostolat rayonne à travers vos Prêtres qui continuent de suivre votre chemin. Seigneur donnez-nous beaucoup de saints Prêtres…….

  3. Bonsoir @ Tou(te)s,

    Pour moi la FsSPX & la FsSP sont toutes deux tributaires de Monseigneur Marcel LEFEBVRE et ne devraient pas l’oublier, chacune en ses parties ET toutes deux en vis à vis.

    Nous avons suffisamment d’ennemis à l’extérieur de notre Tradition (notez bien que je la met au singulier !) pour se tirer dans les jambes mutuellement.

    S’il m’arrive de croiser un « Piediste » qui ne le saisirait pas, je le lui rappelle… ET je le dirais tout autant à « Pierriste », sans compter les nouveaux venus dans le paysage ‘tradi’ que sont les « Marcellistes ».

    En face de nous, il y a Lucifer & Co, à commencer par la « FRAT » du côté obscure (:.) de la ‘Force’ pour prendre une analogie futuriste que les juniors comprendront mieux.

    Nous devons donc travailler à lire nos différences comme mineures ou alors insuffisamment expliquées AVEC et toujours de la bienveillance qui chez les catholiques s’appelle Charité :

    -> d’abord dans le Culte rendu à DIEU, et ensuite
    -> par écoulement ‘naturel’ de la Grâce envers le Prochain, à commencer par notre mouvance glocale.

    Udp in Xo Rg.

    Nb pour le Webmestre : enlever « _NOSPAM_ » si vous voulez me joindre.

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