Ne tirez pas dans le dos ou la réponse d'un prêtre sur l'orientation de l'autel et la forme extraordinaire

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L’un des derniers numéros de Famille Chrétienne était consacré à la planète « tradi ». En couverture de ce numéro, un prêtre célébrant face à Dieu, lors d’une messe du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté. Il s’agissait de l’abbé Eric Iborra, prêtre du diocèse de Paris, vicaire à Saint-Eugène où il célèbre dans les deux formes du rite romain. La couverture n’a pas convenu à un couple de lecteurs de Famille Chrétienne qui a reproché à l’hebdomadaire son choix et au prêtre de tourner le dos au peuple et de distribuer la communion sur la langue (en annexe, le texte de ce courrier). Sur sa page Facebook, l’abbé Iborra a répondu et sa réponse devrait être publiée par l’hebdomadaire. La voici :

Quelque peu piqué au vif, le prêtre « tradi » dont le dos a scandalisé voudrait « se retourner » pour leur faire observer ce qui suit :
1 – Abonné depuis son ordination, il y a plus de 20 ans, à FC, il a accepté en 2007 d’être affecté à une paroisse où il célèbre alternativement les deux formes du rite romain. Il a donc appris la forme extraordinaire il y a 4 ans seulement et pratique depuis avec bonheur « l’enrichissement mutuel » des deux formes dans un esprit d’apaisement qui est celui que voulait justement promouvoir ce dossier.
2 – Comme Benoît XVI lui-même, il observe avec une nuance d’étonnement, dans sa paroisse de S. Eugène, à Paris, que nombre jeunes n’ayant jamais réussi à s’ancrer dans une forme ordinaire qui se voulait pourtant proche de leurs préoccupations supposées ont eu le coup de foudre en assistant (ou en « participant » si vous préférez) à la forme extraordinaire. Au point qu’ils s’y sont engagés jusqu’à – pour un certain nombre – entrer au séminaire ou au noviciat quelques années plus tard. En 20 ans, la communauté « forme extraordinaire » de S. Eugène, qui ne dépasse pas 300 personnes, a donné une trentaine de prêtres et de moines, sans compter ceux qui sont en cours de formation et qui, pour la plupart, ne proviennent pas de familles « tradies ». Actuellement, nous avons 2 à 3 entrées par an, soit près d’1 % de notre effectif ! Chaque année, de jeunes adultes demandent le baptême ou la confirmation pour des motifs profondément spirituels, qui ne sont ni sociologiques ni politiques. Loin de faire fuir les jeunes, la forme extraordinaire en attire un bon nombre : la photo en cause me montre célébrant la messe du samedi au pèlerinage de Chartres de 2009 pour 8000 personnes dont 80 % ont moins de 25 ans.
3 – Un mot enfin de l’orientation. Depuis les origines, la messe se célèbre face à l’Orient, face au soleil levant, symbole du Christ ressuscité, récapitulant le cosmos dans sa victoire. Le missel de Paul VI, dans sa version latine, précise à 3 reprises qu’à l’autel le prêtre se retourne vers le peuple : ce qui signifie bien que le reste du temps il lui tourne le dos parce qu’il est, avec l’ensemble des fidèles, « tourné vers le Seigneur ».
En conclusion, je dirai que la forme extraordinaire exprime de manière plus convaincante la verticalité du culte et l’indisponibilité de ses rites. Et j’avoue que je n’y suis pas insensible…

Père ou abbé Eric Iborra, diocèse de Paris (1989).

Annexe :

Nous avons été révoltés de la une de votre dernier numéro : une photo d’un prêtre « tradi » qui célèbre dans des habits anciens, dos aux fidèles, et certainement loin d’eux. C’est faire trop d’honneur aux « tradis » de leur accorder cette une. Avec leurs célébrations, leurs habillements et leurs coutumes ancestrales, ils font fuir et repoussent les jeunes et les chrétiens « moyens » d’aujourd’hui. Quand Jésus a institué la Cène, il a dit : « Prenez et mangez ». Il n’a pas dit : « Ouvrez la bouche et passez la langue »… A Noël dernier, nous avons abonné deux de nos jeunes ménages à votre hebdomadaire en leur disant qu’il s’était modernisé… Vous imaginez leurs réflexions !

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