2007-2011 : quatre ans de Motu Proprio

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Il faut se méfier des anniversaires. Ils mettent un coup de projecteur sur une réalité pour mieux l’oublier dès le lendemain. Il faut se méfier des anniversaires, surtout quand il s’agit de l’application du motu proprio Summorum Pontificum. Une application qui doit être quotidienne au mieux, dominicale sinon. Au moins dans les paroisses où des groupes de demandeurs en font la demande.

Le motu proprio Summorum Pontificum a rappelé dans un vocabulaire que l’on peut contester – forme ordinaire et forme extraordinaire – mais qui s’explique par les résistances internes, que la messe traditionnelle n’avait jamais été interdite légalement et que de ce fait il n’avait jamais été légitime d’empêcher les prêtres de la célébrer ou de les empêcher de la célébrer aujourd’hui. Il a permis le retour visible de la messe catholique traditionnelle dans la vie visible de l’Église, non en marge, mais au cœur de celle-ci. On pensait que cette messe avait disparu, elle est toujours là. Elle tend à se répandre, doucement, lentement, trop lentement, mais le mouvement ne s’arrêtera pas.

À ce motu proprio, il faut ajouter son instruction d’application, Universae Ecclesiae. Il confirme et il renforce globalement le motu proprio, malgré là aussi quelques incohérences.

À ces deux textes, il faut ajouter le décret relevant de la peine d’excommunication les évêques de la Fraternité Saint-Pie X et les discussions doctrinales engagées avec celle-ci. C’est une question à part de la question de la liberté de la messe traditionnelle, mais c’est aussi une question qui lui est liée, la Fraternité Saint-Pie X représentant la force la plus importante en terme de prêtres, de religieux et de fidèles attachés à la messe traditionnelle.

Mais ce qui manque cruellement aujourd’hui, ce ne sont plus des prêtres Summorum Pontificum. Ils sont là ; ils existent ; ils se découvrent de plus en plus et ils sont l’élément dynamique d’une Église mal en point. Ce qui manque, c’est une génération d’évêques Summorum Pontificum. Sans cette génération, l’Église ne sortira pas de la crise dans laquelle elle vit. Il faut sans relâche la demander au Pape et au Nonce. Voilà pour le plan institutionnel.

Au plan symbolique, il faudrait d’urgence que le Saint-Père célèbre la forme extraordinaire du rite romain, forme jamais interdite mais que le Souverain Pontife s’interdit encore.

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