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L’archevêque grec-catholique de Kiev s’exprime sur la déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille

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Les gréco-catholiques d’Ukraine ont parfois fait preuve de circonspection dans les démarches catholico-orthodoxes. À cet égard, on peut parfaitement comprendre cette réticence, dans la mesure où certains concepts auraient mérité davantage de précisions. Ainsi, la notion même d' »uniatisme » – citée au passage entre guillemets dans la déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille de Moscou – nécessite une véritable définition préalable. L’archevêque majeur grec-catholique de Kiev s’est exprimé sur cette déclaration et fait part d’une appréciation assez équilibrée sur la déclaration, tout en reconnaissant qu’elle constitue un pas positif.

Pour l’archevêque majeur de Kiev, Mgr Sviatoslav Shevchuk, l’accolade entre le pape et le patriarche est donc un événement clairement positif, même s’il faut prendre en compte une certaine perplexité. Comme le rapporte Radio Vatican, l’archevêque majeur a déclaré, lors d’une rencontre avec des journalistes: «Nous voulons cheminer ensemble avec les orthodoxes, construire non seulement la paix, mais nous voulons l’unité entre les Églises».

Il a reconnu que la déclaration a surtout déçu concernant le volet « ukrainien ». Il est vrai que l’archevêque est à la tête d’une Église qui a pris clairement position au cours du conflit dans l’Est de l’Ukraine. Ainsi, l’archevêque majeur estime qu’il y a bien « agression étrangère »:

Maintenant, on n’en parle plus tellement, et pourtant elle existe et c’est un drame, pour 45 millions de personnes. Chaque jour, il y a des morts, des blessés, des entrées de soldats russes et d’armes lourdes. En effet, il ne s’agit pas d’un conflit civil mais d’une agression étrangère, et cela n’a pas émergé dans la Déclaration.

Cependant, il a reconnu que

le Saint-Père a apporté d’importantes clarifications, car a il a rappelé qu’il avait rencontré les deux présidents, et il se référait autant au président Poutine qu’au président ukrainien Porochenko. Et ceci est vraiment beau et rassurant, car il a dit ainsi : « J’ai parlé à tous en disant : mais faites-la finir ! Faites la paix ! »

Pour Mgr Sviatoslav Shevchuk, un aspect positif apparaît aussi dans la reconnaissance  du patriarcat de Moscou du droit à l’existence des « communautés ecclésiales » et du « droit d’assister nos fidèles partout ». Il précise cependant que «nous ne devons pas demander à quelqu’un le droit d’exister, seul Dieu l’établit». La question ecclésiologique est si complexe qu’il est préférable qu’elle soit traitée par des théologiens dans le futur. Il est, en tout cas, difficile de la traiter convenablement dans un contexte marqué par l’urgence (les papes récents ont toujours caressé l’idée de rencontrer le patriarche de Moscou).

L’archevêque majeur a, par ailleurs, regretté le terme «communautés ecclésiales», car «dans la terminologie œcuménique moderne, ce terme est utilisé pour les communautés chrétiennes qui n’ont pas conservé la plénitude de la succession apostolique (…). Alors que, nous sommes partie intégrante de la communion catholique». Peut-être faut-il davantage voir la déclaration commune selon une perspective d’apaisement, dans un contexte international lui-même fragile et incertain, que dans l’optique d’un texte doctrinal à vocation ecclésiologique ? L’archevêque majeur a également annoncé qu’il sera reçu par le Pape François.

 

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