Rome

Le milieu catholique traditionnel en pleine mutation

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Depuis trois décennies, les fondations traditionalistes reçoivent des statuts romains. C’est normal et juste diront la plupart. Trahison et piège crieront les plus récalcitrants. Mais regardons honnêtement l’évolution. À la veille des sacres de juin 1988, Mgr Lefebvre regroupait sous son égide tout ce qu’on appelle le « traditionalisme », c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la messe de saint Pie V et qui ont des boutons quand on leur parle d’un catéchisme non traditionnel, des expériences  pastorales, des délires hollandais ou autre billevesée. À l’exception de l’Église officielle chinoise, qui conserva la liturgie traditionelle jusqu’en 1992, seule la Fraternité Saint-Pie X pérpetuait la forme extraordinaire du rite romain dans des conditions d’hostilité évidente de la part du milieu ecclésial. Aujourd’hui, la moitié du monde traditionnel se trouve régularisée. Il suffit de constater, à l’échelon des fréquentations de messes ou des choix de vocations, la porosité progressive des barrières au sein du milieu traditionnel. Par conséquent, que les supérieurs les plus éminents de la FSSPX, à l’instar de l’abbé Schmidberger, parlent en faveur d’une normalisation, qui commence, par ailleurs, à devenir évidente, n’est guère étonnant.
 
Nous ne sommes plus en 1988 et les arguments qui font dire de façon épidermique aux plus frondeurs que les milieux Ecclesia Dei ont lamentablement échoué sont assez éculés. Les sociétés régularisées ont des centaines de séminaristes, qui bénéficient a posteriori de l’action de Mgr Lefebvre, et les diocèses, à travers le monde, leur proposent des églises, nonobstant les obstacles rencontrés ici ou là ou bien le cas non généralisé des Franciscains de l’Immaculée, dont on s’aperçoit qu’il est plus l’exception qui confirme la règle que le grand retournement romain craint (le retour aux années de plomb des années 1990, voire 1970). Il va sans dire que la FSSPX, de par son fondateur et son histoire, a une liberté de ton qui sert à tout ce monde traditionnel, clercs et fidèles – régularisés ou non – compris. Reste la personnalité du pape, hautement déconcertante. Qui se dit attaché aux vérités catholiques peut difficilement se réjouir des graves ambiguïtés qui ont cours à Rome actuellement. Mais la dynamique du monde traditionnel est telle que même un pape progressiste se trouvera obligé de reconnaître la catholicité de tout traditionaliste. Des papes plus traditionnels que le pape actuel ont pu être plus « rudes » pour la FSSPX, y compris lorsqu’ils s’appuyaient sur une hérméneutique de la continuité (cas de Paul VI, avec Humanae Vitae). Quant à Jean-Paul II et Benoît XVI, les accords avec la FSSPX ont, en partie, butté sur la question doctrinale (Vatican II), qui n’est nullement le souci du pape François…
 
L’autre grave problème auquel est confronté le monde traditionnel est l’isolement, l’habitude qu’il y aurait à avoir d’oublier, purement et simplement, qu’il y a une hiérarchie dans l’Église (malgré les redoutables défauts de ses membres), que la grâce agit ailleurs que dans les chapelles traditionnelles, qu’il y a une nécessité de ne pas circonscrire l’apostolat dans de petits milieux fermés. Dans un récent commentaire sur le Novus Ordo, Mgr Richard Williamson lui-même se rendait compte des problèmes qu’il rencontrait chez les catholiques attachés à la Tradition. Perçoit-il les graves limites philosophiques et théologiques de ceux qui se sont réclamés de lui, toujours est-il que, dans un discours non dénué de contradictions, il rappelle que l’isolement sectaire et pharisaïque (ce sont ses termes) commence à devenir un danger mortel et que la pente savonneuse du schisme est à éviter. Il a va plus loin : il y a, en effet, un monde hors de la Tradition. Citation:
 
Le NOM et l’ensemble de l’Église Novus Ordo sont dangereux pour la Foi, et les Catholiques ont raison, eux qui se sont attachés à la Tradition pour éviter le danger. Mais comme ils ont eu à mettre une distance entre eux et l’Église officielle, ils se sont par là exposés au danger opposé de cet isolement qui peut mener à un esprit sectaire et même pharisaïque, déconnecté de la réalité. Il y a de véritables Sacrements dans le Novus Ordo et de véritables Catholiques dont Dieu s’occupe, et les « Traditionalistes » devraient s’en réjouir. Puisse l’isolement de ceux-ci ne pas leur faire sentir qu’ils doivent penser qu’il ne reste plus rien de catholique dans le Novus Ordo. Ce n’est pas raisonnable, et le pendule de la réalité finira par revenir, comme par exemple pour la direction actuelle de la FSSPX qui ne voit plus suffisamment clair le besoin qu’il y a toujours de s’isoler de l’Église néo-moderniste. 
 
Aujourd’hui, Mgr Williamson refuserait-il une prélature personnelle sans condition, donnée par Rome (et bien sûr sans Mgr Fellay près de lui) ? Rien n’est moins certain.

10 comments

  1. karr

    Il y a urgence à accepter la main tendue par Rome,une prélature personnelle avec suffisamment de garanties ne peut qu’être une bonne solution car l’Eglise conciliaire s’effondre ,bien des jeunes s’orientent dans les séminaires de la Tradition alors que le nombre d’ordinations en France comme en bien d’autres pays occidentaux n’a jamais été aussi faible.
    Je suis attaché à la Tradition catholique mais je souffre de constater que chez nous le milieu tradi est peu ouvert au monde,peu ou pas d’oeuvres caritatives,sociologiquement les fidèles se retrouvent dans les mêmes milieux favorisés.

    • DUFIT THIERRY

      Je ne vois pourquoi vous dites que « le milieu tradi est peu ouvert au monde peu ou pas d’oeuvres caritatives,sociologiquement les fidèles se retrouvent dans les mêmes milieux favorisés. ». Il me semble tout au contraire, à titre d’exemple que les nombreuses écoles dirigées par la FSSPX (qui obtiennent de très bons résultats) sont la preuve vivante que la Tradition est parfaitement ancrée dans le monde. Il y a aussi au sein de la Tradition des œuvres telles que la conférence St Vincent de Paul qui vient en aide aux plus démunis. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres.
      Maintenant si pour vous être « ouvert au monde » signifie adopter les mœurs dépravées actuelles ou se rallier à la religion socialo marxiste maçonnique à la sauce Vatican II, alors n’y comptez pas. Vous frappez à la mauvaise porte.
      C’est évidemment NON NON et NON.

  2. DUFIT THIERRY

    Pour être tout à fait précis, il faut reconnaitre que dès les sombres années 1970 alors que la FSSPX était à peine née un certain nombre de prêtres avaient fermement maintenu la Tradition. Je pense à Mgr Ducaud-Bourget, l’abbé Coache, l’Abbé Mouraux, le Père André (fondateur de l’association Noel Pinot) et bien d’autres moins célèbres. Il ne faut pas oublier non plus Mgr de Castro-Mayer au Brésil. Je tenais à rendre hommage à tous ces prêtres qui malgré les persécutions ont résisté à la destruction de l’Eglise. C’est grâce à l’héroïque résistance de tous ces prêtres que la FSSPX a pris ensuite prendre la relève.
    Ceci dit la FSSPX n’a jamais prétendu avoir le monopole de la Tradition, mais il faut être clair sur la doctrine et refuser les erreur de Vatican II. Les textes Nostra Aetate ou Dignitatis Humanae contiennent des erreurs doctrinales. Ce ne serait pas rendre service à l’Eglise de se taire sur les erreurs doctrinales.
    Même si la FSSPX est « régularisée » (alors que sa suppression fut illégale) elle continuera son combat doctrinal.

  3. Xavier

    Pour rappel, la victoire contre l’Allemagne nazie n’a pu être remportée en 1945 qu’à la suite de l’ouverture en 1943, de deux nouveaux fronts alliés qui ont réussi avec le front de l’Atlantique, à prendre le Reich en tenaille et à l’écraser : le front du Sud (Afrique du Nord et Italie), et le front de l’Est (soviétique).
    On peut voir une analogie dans l’Eglise catholique: pour la sauvegarde de la Tradition, on découvre plusieurs  »fronts » de combat : celui de la Fraternité Saint-Pie X de Mgr. Lefèbvre avec plusieurs monastères amis ; celui de la Fraternité Saint-Pierre, aussi avec plusieurs monastères amis ; celui des conciliaires conservateurs (Benoît XVI, cardinaux Burke, Sarrah, Mgr.Léonard et beaucoup d’autres).
    Pour juger cette 3e catégorie, la plus nombreuse et qui constitue encore les grandes foules (à Lourdes, etc.), je pense personnellement que l’on peut appliquer une règle simple :  »Moins on veut être moderne, libéral, novateur, humaniste,…, plus on est haut dans la Foi catholique, et plus on reçoit des grâces. » Je suis convaincu que ce principe est valable pour le nouveau rite de la messe et des sacrements.
    En effet, Dieu ne se soucie certainement pas uniquement des privilégiés qui ont en permanence à leur disposition, des prêtres de la Tradition qui officient exclusivement dans le rite tridentin. Dieu n’oublie certainement pas la grande masse des catholiques plus ou moins traditionnels et fidèles, qui n’ont pas le rite tridentin à proximité de chez eux.
    Je suis actuellement d’accord avec les déclarations récentes de Mgr. Williamson concernant le Novus Ordo Missae, à la suite de miracles eucharistiques touchant des hosties consacrées dans le nouveau rite.
    Jusqu’à nouvel ordre, car la situation est complexe.

  4. Bernard L.

    Je ne sais pas pourquoi vous avez supprimez mon commentaire qui est resté 2 jours en modération. Est-ce un bug ? Mais il me semble pourtant que ce n’est pas la première fois que cela arrive.
    Merci tout de même pour vos articles.
    Sincères salutations.
    Bernard L.

    • Daniel

      Pour moi de même, ils ont viré mon commentaire d’hier soir, pourtant absolument modéré et poli, mais certainement pas dans la ligne du blogue (ils ont encore beaucoup à progresser dans leur tête)

  5. Je pense que la fraternité gagnerai à ne pas rester camper sur ses positions. Elle devrait d’abord chercher à rentrer dans la bergerie. Ayant ainsi obtenu le statut officiel en faisant voler en éclat la méfiance alimentée par les modernistes qui pèse sur eux, elle attirerait encore plus de fidèles et petit à petit, elle transformeras l’Église de l’intérieur sans tambours ni trompettes, soutenu par tous les « fronts » cités par Xavier. Je pense qu’elle commet une erreur stratégique grave en restant arcboutée sur ses positions.

    • DUFIT THIERRY

      Vous m’inquiétez lorsque vous dites que « la fraternité gagnerait à ne pas rester camper sur ses positions ».
      La Fraternité St pie X n’acceptera jamais les erreurs doctrinales de Vatican II : la liberté religieuse, la collégialité et l’œcuménisme. Toutes ces nouveautés -qui ne sont en fait que d’anciennes hérésies condamnées par les papes précédents- sont à l’origine de la terrible destruction de l’Eglise à laquelle nous assistons. Nous en arrivons à l’apostasie générale : il n’y a qu’à voir les dernières intentions de prière du pape François. C’est effarant !!! Il n’est question que de dialogue inter religieux, toutes les religions du monde sont représentées en nous disant que tous les hommes recherchent « dieu » (quel « dieu » ?) !!!
      Le pape ose dire que « beaucoup cherchent ou rencontrent Dieu de diverses manières  » (sic)…
      On atteint des sommets dans l’indifférentisme. La situation est de plus en plus grave d’autant que pendant ce temps l’Islam se répand (puisque toutes le religions sont bonnes il ne faut surtout pas convertir les musulmans).
      Désolé de vous contredire mais il est évident que la FSSPX n’acceptera jamais de telles hérésies.

  6. A Z

    Bonjour,

    1. Je trouve très dommage que vous n’ayez pas cité la dernière phrase du texte de Mgr Williamson, dernière phrase que je cite dans son contexte :

     » Puisse l’isolement de ceux-ci (les Traditionalistes) ne pas leur faire sentir qu’ils doivent penser qu’il ne reste plus rien de catholique dans le Novus Ordo. Ce n’est pas raisonnable, et le pendule de la réalité finira par revenir, comme par exemple pour la direction actuelle de la FSSPX qui ne voit plus suffisamment clair le besoin qu’il y a toujours de s’isoler de l’Église néo-moderniste. (Dernière phrase 🙂 Non. La Tradition a encore besoin de s’isoler, mais avec un esprit généreux et non pas isolationniste. »

    2. Pour le reste, que dire ? Ceci : le problème n’est pas avant tout magistériel, mais est avant tout théologique, d’autant plus que la théologie la plus influente, aujourd’hui,

    – ne prend pas avant tout appui sur celle qui est à l’origine des textes les plus représentatifs de ce qu’il y a de plus spécifique, dans le Concile Vatican II,

    – mais prend avant tout appui sur une actualisation : une modernisation et une modification, d’inspiration postmoderne, opposée à l’opposition au relativisme et au subjectivisme, de cette même théologie.

    3. Je le formule autrement :

    – ce qu’il y a de meilleur, dans le Concile Vatican II, est d’inspiration intégraliste et personnaliste, et n’a pas fait obstacle, au déploiement, ultérieur au Concile, d’un Magistère pontifical porteur d’orthodoxie, de Paul VI à Benoît XVI,

    mais

    – ce qu’il y a de plus prégnant, dans la composante ad extra du Magistère ou de la pastorale du Pape François, semble plutôt être d’inspiration « inclusiviste » et « périphériste », et semble plutôt en mesure de donner lieu à une conception de l’orthodoxie, ou à une relation à l’orthodoxie, d’inspiration « synodale », c’est-à-dire adaptative, évolutive, innovatrice, orientatrice, notamment dans le domaine des sacrements.

    4. Imaginons que les communautés, fraternités, instituts, traditionalistes, soient encore mieux, encore plus, intégrés, au sein de l’Eglise catholique ; cela sera un très grand bien, notamment et surtout si, dans le même temps, ne se propage pas davantage l’expression, ou l’opinion, selon laquelle, dans l’Eglise catholique, l’orthodoxie doit pouvoir laisser la place au pluralisme, l’Eglise catholique n’étant plus qu’une agglomération de sensibilités, théologiques, magistérielles, catéchétiques, doctrinales, liturgiques, pastorales.

    5. Si je devais suggérer une approche, celle-ci, en partie « idyllique », pourrait, peut-être, être la suivante :

    D’abord, que les communautés, fraternités, instituts, traditionalistes, fassent connaître et comprendre, encore mieux ou encore plus, leur instrument de pensée ; dans cet ordre d’idées,

    a) sur quels auteurs, sur quels textes, prennent-ils appui, avant de dire « oui » à ceci, ou de dire « non » à cela ? A qui donc fera-t-on croire qu’il est possible de prendre appui, avant tout, ou seulement, sur Saint Pie X, sur Pie XI, ou sur Pie XII, pour dénoncer comme il se doit les errements et manquements D’AUJOURD’HUI, ou pour remédier comme il se doit à ces errements ou manquements ?

    b) à l’intérieur de leur instrument de pensée, quelles sont leurs possibilités d’officialisation de leur assimilation et de leur incorporation de documents signés de Papes tels que Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI, ou de textes tels que le Catéchisme de l’Eglise catholique, Dominus Iesus, le Compendium du Catéchisme ?

    c 1) à l’intérieur de leur instrument de pensée, quelles sont leurs possibilités de passage de la diabolisation à la reconnaissance, sous conditions explicites et spécifiques, de ce qu’il devrait pouvoir y avoir de plus éclairant et de plus exigeant, dans ce sur quoi l’Eglise catholique, en tout cas officiellement, ne reviendra jamais, même si cela la condamne fréquemment à l’angélisme, à l’irénisme, à l’utopisme, à savoir l’oecuménisme, le dialogue interreligieux, la liberté religieuse ?

    c 2) la mise en forme et en oeuvre du véritable oecuménisme, du véritable dialogue interreligieux, de la véritable liberté religieuse, non irénistes d’inspiration, constituent en effet « une tâche urgente à accomplir »,

    – pour que l’oecuménisme ad extra cesse d’être propice, dans les faits, entre autres choses néfastes, à de la protestantisation ad intra,

    – pour que le dialogue interreligieux cesse d’être réduit ou soumis, dans les faits, parmi d’autres choses nuisibles, à du consensus pseudo-religieux,

    – pour que la liberté religieuse soit DAVANTAGE mise en avant et en valeur en tant que liberté RESPONSABLE en matière religieuse, ADOSSEE A LA LOI NATURELLE, et ordonnée à la vérité OBJECTIVE en matière religieuse.

    (Je suis en train de dire qu’il n’est pas exclure qu’il soit aussi difficile que nécessaire de passer, sur ces questions ou sur d’autres, du « non, car », au « oui, si », ce qui ne sera pas sans dangers, ou, en tout cas, sans risques)

    Ensuite, que les communautés, fraternités, instituts, traditionalistes, fassent preuve d’encore plus de bienveillance à l’égard des acteurs, des personnes, mais aussi d’encore plus de vigilance, vis-à-vis des des idées et des doctrines ; dans cet ordre d’idées, je suis de ceux qui ne peuvent pas exclure que la part de rupture qui est certainement située au sein du passage de l’avant-Concile au Concile (même si ce passage ne se réduit pas à une rupture) soit dépassée, en intensité, par la part de rupture qui est possiblement située au sein du passage du pontificat de Benoît XVI au pontificat du Pape François, surtout dans le domaine des discours et regards ad extra, que ce soit avant tout à cause du Pape François, ou à cause des théologiens, cardinaux ou évêques, qui se disent (à tort ou non) partisans et promoteurs de sa pensée et de son action.

    6. Je laisse à de meilleurs observateurs, à de meilleurs analystes, le soin de compléter ou de corriger ce qui précède, mais je termine ce message sur cette remarque : rien ne nous dit qu’une critique interne des errements et manquements doctrinaux, liturgiques, pastoraux, post-conciliaires, au sens large, et de leurs origines théologiques pré-conciliaires, et magistérielles conciliaires (pour au moins une partie du Concile), sera autorisée, au sein de l’Eglise catholique, or, cette critique interne est aussi nécessaire que la remédiation à ces errements et à ces manquements, même si cette critique nécessite autant de diplomatie que de pédagogie.

    Il y a une ligne de crête à tracer, ou à trouver, puis à essayer de suivre, A L’INTERIEUR d’une Eglise catholique dans laquelle le problème de fond, je le « crois », n’est pas avant tout d’ordre liturgique, mais est avant tout d’ordre dogmatique, le dogme étant devenu, dans les faits, ne serait-ce qu’en partie, édulcorable ou évacuable, éradicable ou escamotable, facultatif ou en filigrane.

    Bonne journée.

    A Z

  7. A Z

    Bonjour,

    Voici une autre manière, plus précise et plus prudente, de compléter ce que j’ai dit l’autre jour, à propos de la nécessité, pour le milieu catholique traditionnel,

    – d’une part, de se doter d’un instrument de pensée actualisé et explicité, au contact et au moyen du Magistère pontifical contemporain, y compris post-conciliaire, dans ce qu’il a de plus éclairant et exigeant,

    – d’autre part, de passer de la diabolisation à la reconnaissance, ou, en tout cas, à la prise en compte, en ce qui concerne le véritable oecuménisme, le véritable dialogue interreligieux, la véritable liberté religieuse.

    Cette autre manière est la suivante, interrogative : le milieu catholique traditionnel, les représentants, responsables, membres actifs, sympathisants, des communautés, fraternités, instituts, qui le constituent, sont-ils « plutôt pour » ou « plutôt contre », par exemple, le positionnement qui est celui du cardinal SARAH, notamment dans son ouvrage « Dieu ou rien » ?

    Et, si les catholiques traditionnels sont ‘plutôt pour’, sont-ils en mesure d’en tirer les conclusions qui s’imposent, sur le fait que l’on peut très bien prendre appui, entre autres choses, sur ce qu’il y a de meilleur, ou, s’ils préfèrent, de moins mauvais, dans le Concile Vatican II, pour dire et faire ce que dit et fait le cardinal SARAH ?

    Je pense à ce livre du cardinal SARAH, parce que je sais qu’il a été salué sur plusieurs sites catholiques traditionnels, à l’occasion de sa parution, trente ans après celle du livre « Entretien sur la foi », dans lequel s’est exprimé, au milieu des années 1980, le cardinal Ratzinger et futur Pape Benoît XVI.

    Ce qui précède m’amène à aller encore un peu plus loin, en tirant parti de la notion de milieu catholique catholique traditionnel ; celui-ci n’étant pas réductible, et ne se réduisant pas lui-même, à sa seule dimension sociologique (contrairement à ce que pensent et disent bon nombre de ses détracteurs), il me semble qu’il y aurait quelque intérêt, pour les représentants ou responsables des associations ou organismes qui structurent ce milieu, à s’interroger, d’une manière désenclavante, sur la dimension axiologique, sur la conception des valeurs et la relation aux valeurs, qui sont propres au milieu catholique traditionnel.

    D’où ma suggestion, candide, j’en ai bien conscience : prendre appui, par exemple, sur le contenu de cet ouvrage, pour prendre conscience du fait qu’il arrive qu’il existe une certaine communauté de pensée, en l’occurrence entre un cardinal « conciliaire » et le milieu catholique traditionnel, et pour en tirer, encore une fois, les conclusions qui s’imposent, afin qu’une certaine manière d’être ou d’agir, génératrice d’éloignement, d’isolement, ou d’opposition, presque systématique, commence à être interrogée, dans son bien-fondé.

    Je vous remercie par avance pour votre bienveillance et votre compréhension, en présence de ce qui précède, et je vous souhaite une bonne journée.

    A Z

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