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Mgr Di Noia vice-président d’Ecclesia Dei : pourquoi ?

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C’est une nomination étonnante que celle qui a été annoncée aujourd’hui par le Vatican dans les termes suivants :

Benoît XVI a nommé Mgr Augustine Di Noia, OP, Vice Président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, en signe de sa sollicitude pastorale envers les fidèles traditionalistes en communion avec le siège apostolique, mais aussi de son vif désir de voir réconciliées les communautés non en communion ». En 2009 cette commission, instituée en 1988 pour les traditionalistes restés fidèles au Pape après le schisme de Mgr.Lefebvre, a été intégrée à la Congrégation que dirige le Cardinal William Joseph Levada. Elle est en charge des questions doctrinales dans le cadre du dialogue engagé avec la Fraternité sacerdotale St.Pie X.  » Mgr.Di Noia est un théologien très attentif à ces questions doctrinales, à la primauté de l’herméneutique de la continuité dans une correcte interprétation du Concile Vatican II, sujet délicat dans le dialogue avec la Fraternité. Les trois dernières années, ce dialogue a été constamment conduit par le Cardinal Levada, assisté du Secrétaire de la Ecclesia Dei, Mgr Guido Pozzo. Secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, il a aidé le Cardinal Préfet Antonio Cañizares a réorganiser le dicastère et à préparer un nouveau règlement conforme au Motu Proprio Quaerit Semper du 20 août dernier. Son expérience à la Congrégation pour le culte, facilitera Mgr.Di Noia dans la mise au point de certaines dispositions liturgiques du missel de 1962. Le crédit dont il jouit auprès du monde hébraïque aidera par ailleurs à résoudre les malentendus nés de l’avancement de la réconciliation avec les traditionalistes »

 

– Étonnant parce qu’on ne voit pas très bien en quoi Mgr Di Noia ajouterait quoi que ce soit à la « sollicitude pastorale envers les fidèles traditionalistes en communion avec le siège apostolique, mais aussi de son vif désir de voir réconciliées les communautés non en communion ». Rien dans ce nom, ni dans le passé de Mgr Di Noia, ne permet de discerner un signe réelle de cette sollicitude.

– On ne voit pas très bien non plus l’enchaînement logique dans une même phrase de ce communiqué entre l’affirmation que le dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X a été mené sous la direction du cardinal Levada (« Les trois dernières années, ce dialogue a été constamment conduit par le Cardinal Levada, assisté du Secrétaire de la Ecclesia Dei, Mgr.Guido Pozzo. Secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements ») et le fait que Mgr Di Noia (enfin, on le suppose puisque le texte parle de « il ») a aidé le cardinal Cañizares dans la réorganisation de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements (« il a aidé le Cardinal Préfet Antonio Cañizares a réorganiser le dicastère et à préparer un nouveau règlement conforme au Motu Proprio Quaerit Semper du 20 août dernier »). À moins que l’on se dirige vers la fin d’Ecclesia Dei et vers une restructuration ?

– Le communiqué affirme également que cette expérience aidera Mgr Di Noia « dans la mise au point de certaines dispositions liturgiques du missel de 1962 », tâche dont il était déjà en charge alors qu’il était à la Congrégation pour le culte divin et qu’il n’a pas su ou pu mener. Ajoutons que dans le contexte actuel, une telle tâche ne peut qu’ajouter à la suspicion qui existe dans les milieux traditionalistes. Au lieu d’une « réforme de la réforme », on irait vers une réforme du missel traditionnel, ce qui est loin d’être le plus urgent et le plus nécessaire, aussi bien psychologiquement que spirituellement.

– Il n’est pas dit non plus que le « crédit » dont jouit Mgr Di Noia « auprès du monde hébraïque » aidera vraiment à résoudre « les malentendus », enfin, ceux qui sont nés du Concile Vatican II, de sa bonne herméneutique et de la tournure récente prise dans le dialogue entre la commission Ecclesia Dei et Mgr Fellay.

La question reste donc entière : pourquoi une telle nomination ? Et aujourd’hui ? La réponse pourrait se trouver dans l’approche que Mgr Di Noia a de Vatican II et qui pourrait le rendre apte au dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X (« Mgr.Di Noia est un théologien très attentif à ces questions doctrinales, à la primauté de l’herméneutique de la continuité dans une correcte interprétation du Concile Vatican II).  Mgr Di Noia n’a pas repoussé ces temps derniers des travaux critiques sur le Concile Vatican II et a suivi de près les discussions historiques autours du Concile. Mais, là aussi, il faut attendre la suite du feuilleton romain…

2 comments

  1. Kris Vancauwenberghe

    Ce qu’il faut ajouter, c’est la partie manquante de l’iceberg: qui remplace Mgr Di Noia au Culte divin? Le Saint Siège l’annoncé en même temps: c’est Mgr Roche, ancien archevêque de Leeds. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, c’est simple: Mgr Roche est un idéologue de « l’esprit du concile », une des têtes dirigeantes de l’affligeant épiscopat anglais. Avec lui, on peut partier dans risque que la liturgie va faire un grand bon en arrière. Elle est belle, la restauration « bénédictine »…

  2. Isambart Busquet

    Si, il fallait rajouter un nouvel intermédiaire, en douceur.
    En lisant ou en écoutant tout ce qui apparait sur internet au sujet des discussions Vatican-FSSPX, on se rend compte que Mgr Levada et Mgr Pozzo ont agi à contre-coeur. Le préambule doctrinal était le but de toutes les discussions de Mgr Pozzo : faire accepter Vatican II et le Magistère actuel par la FSSPX ! L’Esprit Saint guide l’Eglise et le Vatican, oui ! mais ceux-ci ne comprennent pas forcément immédiatement les volontés du Saint Esprit : l’Arianisme, le Nestorianisme, la période Iconoclaste, se sont développées des dizaines d’années avant que soit arrêtée la position de l’Eglise sur ces sujets. Et pendant ce temps, les excommunications étaient envoyées par les « belligérants » comme maintenant avec la FSSPX …
    Benoît XVI veut la réintégration de la Fraternité, car il sait qu’elle a raison ! Mais s’il le dit et, pire, s’il l’écrit, les évêques de France, d’Allemagne, de Belgique, de Hollande créeront un schisme encore plus grand : il lui faut donc agir en douceur, avec humilité, avec foi, sans condamner, mais avec fermeté et constance.
    Prions pour lui, pour qu’il continue à oser affronter les loups !

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