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Mgr Schneider et la communion dans la main

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schneider iRenaissance Catholique a invité Mgr Schneider , évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, pour sa 23ème Fête du livre qui se tient ce dimanche 7 décembre à Villepreux (78) de 10h à 19h. Mgr Schneider donnera également une conférence à Paris le mardi 9 décembre à 20 h 30 à l’amphithéâtre de l’ASIEM (6, rue Albert de Lapparent, Paris 7 M° Ségur, Sèvres-Lecourbe, St François-Xavier. Participation aux frais : 7 € – tarif réduit (adhérent RC ; étudiants) : 4 €).

Mgr Athanasius Schneider est l’auteur aux éditions Contretemps (Renaissance Catholique) de « Corpus Christi. La communion dans la main au cœur de la crise de l’Église« . La communion dans la main permise par la réforme liturgique post-conciliaire est très certainement un des éléments qui a contribué à la perte du sens du sacré dans la liturgie.

Renaissance Catholique a interrogé Mgr Schneider à quelques jours de sa venue en France :

Quelles sont les principales difficultés soulevées par la Communion dans la main ?
A. S. : Parmi les principaux problèmes soulevés par la Communion dans la main il faut d’abord signaler les deux faits les plus graves. Tout d’abord une perte importante de parcelles de la Sainte Hostie qui tombent sur le sol où elles sont piétinées, ensuite le nombre grandissant de vols d’hosties consacrées. De plus l’absence quasi-totale de gestes manifestes d’adoration et de sacralité au moment de la distribution et de la réception de la sainte Communion entraîne, avec le temps, une diminution et même une perte de la croyance en la présence réelle et en la transsubstantiation. Le geste moderne de la Communion dans la main – substantiellement différent du geste analogue dans la primitive Église – contribue à la banalisation et même à la profanation non seulement de la réalité la plus sainte, mais de la Personne la plus sainte qui est Notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. La foi en la centralité du mystère eucharistique et par conséquent du mystère de l’Incarnation est très nettement éclipsée par cette pratique liturgique. Quelques illustrations de l’éclipse de la foi eucharistique peuvent nous aider à saisir cette réalité. Martin Luther, par exemple, soupira et pleura quand quelques gouttes du sang du Seigneur tombèrent sur un banc de communion. Combien de prêtres et de fidèles se mettraient à soupirer et à pleurer en nettoyant les lieux, où sont répandues des parcelles de la Sainte Hostie ? Quand, par exemple, dans une synagogue le livre de la Torah tombe par accident sur le sol, la communauté juive concernée observe une journée de jeûne et de pénitence. Combien de paroisses catholiques jeûnent et font pénitence, quand des parcelles eucharistiques tombent sur le sol ou sont volées ? Rappelons-le : de la foi et de la pratique eucharistiques dépend aujourd’hui le sort de l’Église.

Quelles seraient les solutions pour revenir à la pratique traditionnelle de réception de la Sainte Communion ?
A. S. : 
Il faut, bien sûr, procéder par étapes. Parmi les fidèles qui reçoivent la sainte Communion dans la main, la majorité use de cette pratique en totale bonne foi. Les uns agissent par docilité, obéissance, parce que le curé ou même l’évêque l’ont conseillé ou imposé ; d’autres, et c’est peut-être la majorité, agissent par habitude et conformisme sans aucune réflexion. Il existe cependant probablement aussi des personnes qui communient ainsi parce qu’elles ne croient pas en la présence réelle. Notons enfin que certaines personnes communient dans la main avec une foi et une dévotion profondes motivées par des préférences subjectives, oubliant malheureusement les conséquences objectives nocives de cette pratique liturgique. Voici quelques suggestions de solutions. Premièrement il faudrait, fréquemment, donner aux enfants et aux adultes une catéchèse et une prédication intégrale et précise sur l’Eucharistie et spécialement sur la grandeur et la sublimité du moment de la Sainte Communion. Ensuite, il faudrait expliquer concrètement les dangers réels et fréquents de la perte et du vol des parcelles eucharistiques, mettant en évidence surtout le fait horrible que Notre Seigneur Eucharistique dans d’innombrables églises dans le monde est piétiné par les fidèles. Puis il faut informer les fidèles que la Communion dans la main est une exception à la loi liturgique, dite indult, insistant en même temps sur le fait que la Communion sur la langue et à genoux est la règle. Ceci exige logiquement de mettre un prie-Dieu, un banc de communion ou mieux encore une balustrade à disposition des fidèles afin de ne pas discriminer ceux qui ont le droit de recevoir la sainte Communion sur la langue et à genoux. Une autre mesure utile serait que l’évêque diocésain publie une lettre pastorale spécifique sur l’Eucharistie et la sainte Communion invitant instamment et de manière argumentée les fidèles à recevoir le Seigneur Eucharistique sur la langue et à genoux. Le Saint-Siège devrait faire la même chose vis-à-vis de tous les évêques et de tous les diocèses du monde. Le dernier pas dans un tel processus serait la prohibition formelle de la pratique de la Communion dans la main.

On relira également le post sur l’interview qu’il a donné à la suite du synode.

3 comments

  1. Jean-Pierre Delmau

    Il est étonnant, et peut-être symbolique, qu’il soit nécessaire de faire venir un évêque du Kazakhstan pour rétablir une liturgie convenable.
    Un peu comme dans le cas de la vêture des prêtres (en France surtout), on a fait ici d’une exception la règle.

  2. (fausse manœuvre) … du respect infini de monsieur le curé quand il laissa tomber, par mégarde, une hostie! Il l’a aussitôt ramassée, m’a fait m’agenouiller pieusement les mains jointes pendant qu’il est allé chercher le matériel pout laver l’endroit où l’hostie était tombée, l’a embrassé à plusieurs reprises et a longuement prié. Merci à feu mon curé pour le respect qu’il m’a si pieusement inculqué!

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