Quand les progressistes jouent à se faire peur, qui visent-ils ?

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On parle beaucoup en ce moment de l’article de Témoignage chrétien sur le dialogue doctrinal entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège. Reçu de manière isolé, cet article ne représente pas grand chose, d’autant que Témoignage chrétien, fleuron de la presse progressiste, est soutenu à bout de bras aujourd’hui par son actionnaire principal, qui a quand même pris la décision de le retirer de la vente en kiosque.

Mais il y a fort à parier que cet article de Témoignage chrétien est le premier missile lancé par la presse catholique progressiste et libérale au sujet des accords éventuels entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège. Nous devrions en voir fleurir plusieurs dans les jours et les semaines qui viennent, avec toujours cette même dialectique qui consiste à faire peur à Rome en soulevant le risque du « schisme de gauche ». Dans son article de Témoignage chrétien, Philippe Clanché le laisse entendre clairement :

« Aussi, une réintégration pourrait porter un  nouveau coup à une Église française déjà mal en point. À Bordeaux, le retour en grâce de l’Institut du Bon Pasteur de l’abbé Laguérie en 2006 a troublé le diocèse. On peut imaginer un séisme dix fois plus vaste si toute la Fraternité Saint-Pie X rejoignait la communion romaine. »

Évidemment, de telles affirmations sont d’un sophisme absolument évident. S’il faut prendre l’exemple de l’Institut du Bon-Pasteur, c’est pour noter que la première émotion passée – laquelle émotion avait été orchestrée grandeur nature par la presse catholique progressiste toujours ouverte habituellement à l’accueil de l’autre – l’Institut du Bon-Pasteur vit tranquillement sa vie de jeune congrégation et que le diocèse de Bordeaux n’a pas explosé, loin de là. L’exemple de l’Institut du Bon-Pasteur est donc là pour montrer que les diocèses continueront à vivre selon la pastorale instaurée par les évêques. Il n’y a pas eu de séisme en 2006 et il n’y en aura pas si la Fraternité Saint-Pie X rejoignait « la communion romaine » (sic).

Il faut noter d’ailleurs que c’est la presse catholique progressiste qui s’agite et qui essaye de faire pression sur les évêques français. Là aussi, l’article de Philippe Clanché montre la dialectique adoptée :

« Peu suspect de sympathie intégriste, le cardinal Vingt-Trois, à la tête de la Conférence des évêques de France, sera-t-il aussi influent que l’était son prédécesseur Jean-Marie Lustiger, pour faire comprendre cela à la curie romaine ? »

Seulement, les évêques français pourraient au final adopter une position différente. Par sympathie avec la cause traditionaliste ? Certainement pas ! Par manque de sympathie justement ! Une Fraternité Saint-Pie X reconnue par Rome et disposant des bases offertes par un ordinariat règle pour eux d’un coup le problème de l’application du motu proprio Summorum Pontificum et la gestion difficile des paroisses qui souhaitent avoir la messe en forme extraordinaire. Pour les évêques de France, la réponse sera désormais facile : la demande n’a pas à être satisfaite puisqu’elle est déjà satisfaite… par les chapelles de la Fraternité Saint-Pie X. Paradoxalement, les évêques français n’ont rien à craindre de cette reconnaissance.

Les manœuvres de l’été qui viennent d’être lancées sont très clairement celles d’une extrême-gauche catholique, pour user d’une terminologie séculière, laquelle est, comme toute l’extrême-gauche en général, un petit groupe de pression, ne représentant que lui-même, mais habile dans l’utilisation des outils de communication.

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