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Inculturation et messe traditionnelle : un exemple en Inde

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Difficile de trouver une messe en forme extraordinaire en Inde. C’est ce que raconte le blog Te Igutur. Même pour un voyageur exprimenté, les informations ne sont pas faciles à trouver. Internet n’indique rien et, visiblement, aucun évêque n’a réellement mis en place l’application du motu proprio Summorum Pontificum. Et, pourtant ! Ce blogueur est parvenu à entendre une messe tridentine célébrée dans une chapelle au nord de Bombay. Une expérience qu’il qualifie d’extraordinaire, non seulement en raison de la forme célébrée, mais aussi en raison des particularités locales.

Sans aucune incidence sur le rite et la qualité de la célébration, une sorte d’inculturation se fait naturellement en Inde et ce point mérite d’être souligné et médité. On sait que souvent l’inculturation donne souvent lieu à tous les abus liturgiques possibles et imaginables sous prétexte qu’il faut insérer la liturgie catholique et romain dans la culture des peuples. Autrement dit, on réduit l’universalité de la messe en exaspérant les particularismes locaux, là où il ne devrait y avoir ni Grecs, ni Juifs, ni Romains… Or, le cas de l’Inde le montre clairement : on peut associer inculturation et respect du rite.

Ainsi dans la messe décrite sur Te Igutur les femmes assistent à la messe en saris traditionnels. Les servants d’autel sont bien en soutanes et surplus mais ils sont… pieds nus car c’est une coutume en Inde d’entrer dans un lieu saint sans chaussures. Intéressant !

1 comment

  1. VQE

    Bonjour,

    Cette inculturation bénéfique se retrouve également dans la forme ordinaire, où à mes yeux tout le monde est bien plus conscient du caractère sacré de l’instant que l’on ne peut l’être dans notre « fille ainée de l’Eglise ». Je me suis rendu à Madras (appelée Chennai depuis 1996) qui est selon la tradition le lieu de sépulture (et de martyr) de saint Thomas.
    – J’y ai également vu des prêtres pieds nus. Je ne trouve pas qu’il s’agisse là d’un inculturation excessive, bien au contraire.
    – au cours d’une autre messe, la quête s’éternisait et le célébrant attendait avant de poursuivre le Canon. De guerre lasse, il a finalement dit d’interrompre là la quête, quitte à la reprendre avant la communion. Il me semble qu’il a dit (je ne suis pas très sûr de moi pour une traduction exacte de l’anglais prononcé avec un fort accent indien) que le moment le plus sacré et le plus important de la messe commençait à cet instant et que les soucis matériels pouvaient attendre.
    – L’échange de la paix (après le Notre Père) faisait l’objet d’une petite phrase explicative du prêtre et d’un rituel bien réglé : pas de déplacement et un « namasté » (inclinaison du buste les mains jointes) avec ses proches voisins. J’avoue être toujours gêné par ce moment en France, décoré du terme « serre-pinces » (certes entre guillemets) par Familles Chrétiennes. Et bien dans ces conditions, c’est bien plus porteur de sens et ne vient pas perturber (comme je le ressens) le déroulement de la messe entre la fin de la consécration et la communion.
    – La couleur est annoncée franchement à l’entrée de la cathédrale Saint Thomas de Madras : il y a trois basiliques construites sur des tombes d’apôtre, Saint Pierre de Rome, Saint Jacques de Compostelle…et donc Saint Thomas de madras. Les Indiens catholiques (au passage estimé à 3% de la population, mais tous pratiquants…ce qui fait trente millions!!!) ne sont pas moins catholiques que les français encore pratiquants.
    J’ai en tout cas pris une leçon de catholicité là-bas.

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