Cardinal Burke : « Heureux d’être un fondamentaliste » !

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Épatant entretien accordé par le cardinal Raymond Burke à Raymond Arroyo, présentateur vedette d’Eternal World Television Network, dans son émission World Over diffusée le 9 octobre dernier. L’entretien a été recueilli peu de jours plus tôt à Rome, chez le cardinal, alors que venait de s’ouvrir le synode extraordinaire des évêques sur la famille. Voici une réponse à la fois sérieuse et un tantinet humoristique du cardinal Burke, à une remarque du cardinal Kasper, où l’on voit même le préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique étouffer un éclat de rire…

Burke World Over« [Raymond Arroyo] Je peux presque entendre le cardinal Kasper qui, dans un entretien à America Magazine a déclaré, je cite : “Nous ne pouvons pas seulement prendre une phrase de l’Évangile de Jésus et de là en déduire tout. La discipline peut changer, alors je pense que nous avons ici un fondamentalisme théologique qui n’est pas catholique”. Que répondez-vous à cela ?

– [cardinal Burke] Si nous ne prenons pas au sérieux chaque parole de Notre Seigneur, je ne sais vraiment plus qui nous sommes, en tout cas certainement pas l’Église et Son Corps Mystique. Et deuxièmement, essayer de creuser un fossé entre la discipline et la vérité doctrinale est tout simplement faux dans l’Église catholique, parce que tout ce qui est disciplinaire est au service d’un enseignement ou de quelque réalité secrète afin de les protéger et les promouvoir. C’est pourquoi l’Église a cette discipline qui est la sienne. Si c’est fondamentaliste de s’en tenir strictement à son enseignement sur le mariage, alors je suis heureux d’être un fondamentaliste ! »

Ce passage de l’entretien commence à 24’42”. L’entretien dure jusqu’à 43’17”. Un grand moment d’orthodoxie catholique dans le brouhaha confus qui entoure les travaux du synode extraordinaire…

17 comments

    • @l’Archichantre, TRÈS BON commentaire. Il faut demeurer optimiste, l’apocalypse en parle comme d’une grande foule qu’on ne peut compter. Ils sont vêtus de blanc. Je crois que c’est des camisoles de force. [ i.e. fou ]
      A+

  1. xuereb

    Sa vraie place est au balcon de Saint-Pierre… Quelle pitié que cette “Eglise” qui détruit, décourage, marginalise, les meilleurs de ses membres. C’est un suicide.

  2. Crespin-Jeaugeart

    Très déçu par Riposte catholique qui ne traduit même pas le doc ! Quand on ne comprend pas l’anglais, le cardinal Burke peut bien dire n’importe quoi !

    Je ne peux donc partager cette vidéo avec mes proches…

    Avez-vous une solution pour traduire cette vidéo ? Ce serait pourtant utile pour sauver des âmes !…

    • Riposte

      @Crespin-jeaugeart

      Jamais content ! Le journaliste qui a posté cette brève a passé deux heures à écouter le morceau saillant de cet entretien, pour traduire et reproduire, par écrit, l’échange entre le cardinal et le journaliste de EWTN ! L’article de Riposte Catholique est en français : on pense donc que vous n’avez pas eu trop de mal à le comprendre. Traduire un entretien d’une vingtaine de minutes, obtenir les droits de reproduction, sous-titrer en français une telle vidéo coûte 2 000 €. Si vous acceptez de faire un don de ce montant à Riposte Catholique, nous serons heureux de présenter cette vidéo traduite… (L’administrateur).

  3. garmon

    Même avec un “Si” Si c’est fondamentaliste de s’en tenir strictement à son enseignement sur le mariage, alors je suis heureux d’être un fondamentaliste !
    la formule est malheureuse, c’est rhétorique et polémique. Il y un enseignement de l’Eglise, obligatoire. Il n’y pas d’un côté des catholique qui seraient “fondamentalistes” et d’autres qui ne le seraient pas.
    Quand des catholiques, lors de la crise moderniste, se sont appelés eux-même catholiques intégraux (d’où le nom d’intégristes) le pape Benoit XV, nouvellement élu, a approuvé leur combat mais pas leur (auto)appellation. Voir son encyclique Ad beatissimi du 1er novembre 1914 “Nous voulons que les nôtres s’abstiennent de certaines appellations dont on a commencé depuis peu à faire usage pour distinguer les catholiques ; qu’elles soient évitées non seulement en tant que nouveautés profanes de mots, qui ne sont conformes ni à a la vérité ni à l’équité, mais encore parce qu’il en résulte parmi les catholiques une grave agitation et une grande confusion… IL N’EST PAS BESOIN DE QUALIFICATIFS POUR SIGNALER LA PROFESSION DU CATHOLICISME. (les majuscules sont de moi).
    in POULAT (Emile) Intégrisme et catholicisme intégral Paris Casterman, 1969, p. 600
    A ma connaissance, Jean MADIRAN se méfiait comme de la peste de (auto)appelation “traditionalistes”. Sur ce point, il avait parfaitement raison.
    Dieu vous garde, bon dimanche.

    • sygiranus

      Puisque vous n’êtes pas naïf, vous êtes de mauvaise foi !
      Mgr Lefebvre (ne tournons pas autour du pot) a simplement dit que pour rester catholique, il gardait avec soin la Tradition et l’Enseignement de l’Église tels qu’Elle les présentait depuis 2000 ans, références à l’appui (“Si vous ne me croyez pas, croyez ma bibliothèque !” et elle était fort bien choisie). Les qualificatifs de “tradis”, d'”intrégristes” pour les plus aimables sont venus de bien d’autres courants de pensée et d’action. Le souhait de Benoît XVI semblerait plutôt dédouaner la FSSPX de l’ostracisme qu’elle subit de toute part à coup de qualificatifs plus méprisants (c’est une litote) les uns que les autres !

      • garmon

        Je pensais qu’on pouvait tirer d’utiles leçons de l’enseignement de Benoit XV, d’il y a cent ans tout juste (01/11/1914).

        Si je considère que tel ou tel enseignement de l’Église est “fondamentaliste” et que, l’approuvant, je me dis moi-même “fondamentaliste”, je donne des verges pour me faire battre. Il y aura alors les catholique “fondamentalistes” qui croient et défendent tous les dogmes et d’autres, qui prétendront être tout autant catholiques, mais pas “fondamentalistes” et faisant leur tri parmi les enseignements de l’Église. Défendre tous les dogmes de l’Église, y croire, c’est un être catholique, tout simplement, pas besoin de spécifier. C’est ce que j’ai voulu dire, à la suite de Benoit XV.

        • sygiranus

          Mille excuses ! J’ai lu Benoît XVI pour Benoît XV ! Nous sommes donc du même avis et Mgr Lefebvre aussi. Nul besoin de qualificatif pour être catholique fidèle.
          Mais le panorama ecclésial a bien évolué depuis Benoît XV, hélas, dans le sens prévu !

          • garmon

            Vous avez tiré plus vite que votre ombre et moi j’ai ouvert le placard à balais, tiré un texte précieux des toiles d’araignées…
            Nous sommes quittes.

    • Cassianus

      Merci pour cette citation de Benoît XV, qui est un bel échantillon de la noblesse intellectuelle de l’Eglise préconciliaire. Les choses étaient dites simplement, clairement, brièvement, dignement, et d’une manière absolument irréfutable.

  4. LILIANE

    Qu’il s’auto-proclame fondamentaliste ou pas, là n’est pas le problème selon moi. C’est un cardinal intègre et respectueux de la vraie doctrine de l’Eglise. On aurait dû avoir un pape comme lui .

  5. Caius Tertullianus

    Il faut savoir où François veut nous mener, car il n’y a que deux hypothèses : ou bien il “a jeté un pavé dans la mare” en bon jésuite pour obliger les modernistes à se découvrir, ou bien il partage leurs opinions sur un sujet aussi capital que la parole de Dieu, qui serait trahie à partir du moment où on accepte des accomodements pour complaire à “l’air du temps”. Nous n’allons par tarder à le savoir, mais si tel était le cas c’est tout l’enseignement de l’Eglise qui vole en éclats, car tout deviendra permis.

  6. Yves

    Bonjour,
    Je ne suis plus catholique

    Je pense que l’église catholique a tort d’être si conservatrice
    Les orthodoxes permettent le remariage, car personne n’est parfait.
    Personnellement je suis contre la cène (je pense que Dieu n’attend pas des gens qu’ils pratiquent des rites) et contre le baptême. Mais exclure des gens parce qu’ils ont divorcé et se sont remariés je trouve ça brutal.
    La vie sexuelle et sentimentale est un besoin pour beaucoup.
    Il me semble que jean-baptiste a dit à des soldats qu’ils n’avaient pas à démissionner mais à bien se conduire.
    Dieu attend de nous un coeur bon et est content même si notre statut social (soldat romain, divorcé remarié) n’est pas parfait. La bible ne dit jamais qu’il y a d’un côté des gens très bien et de l’autre côté des gens méchants.Pourquoi juger les gens sur le statut social ?

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