Un témoignage extraordinaire réduit à rien les calomnies du New York Times contre Benoît XVI sur l’affaire Murphy (1)

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Brundage

 

 

L’abbé Thomas Brundage vient de donner un témoignage extraordinaire dans le Catholic
Anchor
du 29 mars, l’organe officiel de l’archidiocèse d’Anchorage (Alaska). Son long texte est quasiment repris en boucle sur tous les sites catholiques des États-Unis : c’est un
véritable « Buzz » comme on dit là-bas…
Ce prêtre, licencié en droit canonique, était l’official de l’archidiocèse de Milwaukee et eut à instruire le procès canonique du prêtre pédomane Lawrence Murphy en 1996, jusqu’à
ce que dernier décède deux ans plus tard. Curieusement (j’ai dit curieusement ?), il n’est venu à l’idée d’aucun des organes de presse américains qui ont mené l’hallali contre Benoît
XVI
de recueillir son témoignage ! Ce n’est pas sur ce coup-là que les “journalistes” du New York Times vont obtenir le Pulitzer… C’est un texte très long :
c’est pourquoi je n’en publie la première partie qu’aujourd’hui et la suite et fin demain matin. Je ne regrette pas d’avoir passé de longues heures aujourd’hui à le traduire pour les lecteurs
d’americatho. Je n’ai pas perdu mon temps. Vous ne perdrez pas le vôtre à le lire !

 

*


Remettre les pendules à l’heure sur l’affaire du prêtre abuseur sexuel de Milwaukee, le Père Lawrence
Murphy

(première partie)

  • « Pour préciser le contexte de cet article : je fus le vicaire judiciaire 1 du diocèse de
    Milwaukee [Wisconsin] de 1995 à 2003. Au cours de ces années, j’ai présidé quatre affaires canoniques criminelles dont l’une impliqua le Père Lawrence Murphy. Deux de ces
    quatre hommes décédèrent au cours du processus. Dieu seul jugera ces hommes.
  • Pour fournir quelques paramètres aux remarques qui suivent : j’écris cet article à la connaissance et avec l’accord
    exprès de l’archevêque Roger Schwietz, OMI, de l’archidiocèse d’Anchorage [Alaska] où je sers actuellement. L’archevêque Schwietz est également l’éditeur du journal
    Catholic Anchor.
  • Je limiterai mes commentaires, en raison des serments judiciaires que j’ai prêtés comme avocat canoniste et en tant
    que juge ecclésiastique. Toutefois, dès lors que mon nom et mes commentaires relatifs à l’affaire du Père Murphy ont été généreusement, et souvent improprement, rapportés dans
    le New York Times et dans plus d’une centaine d’autres journaux et périodiques en ligne, je m’estime libre d’exposer une partie de l’histoire du procès du Père
    Murphy, à partir du commencement.
  • J’ai constaté que la couverture de cette affaire a été inexacte et piètre relativement aux faits, et j’écris aussi
    par devoir pour la vérité.
  • Mon intention en écrivant cette chronique est de réaliser ce qui suit :
  • – raconter les préliminaires de ce qui s’est vraiment passé dans l’affaire du Père Murphy au niveau
    local :
  • – donner un aperçu de la couverture négligée et inexacte que le New York Times et d’autres
    organes de presse ont donnée sur l’affaire du Père Murphy ;
  • – soutenir que le pape Benoît XVI a fait plus qu’aucun autre pape ou évêque dans l’Histoire, pour
    débarrasser l’Église catholique du fléau des abus sexuels sur les enfants et pour pourvoir envers ceux qui ont été blessés ;
  • – remettre les pendules à l’heure relativement aux efforts que l’Église a accomplis pour guérir les blessures causées
    par le dévergondage sexuel du clergé. L’Église catholique est probablement le lieu le plus sûr pour les enfants en ce moment.

  • Avant de poursuivre, il est important de souligner le fléau que constitue l’abus sexuel sur un enfant, pas seulement
    pour l’Église mais aussi pour la société. Peu d’actes peuvent altérer davantage la vie d’un enfant qu’un abus sexuel. C’est une forme d’homicide émotionnel et spirituel et il commence une
    trajectoire qui aboutira à une conception faussée de la sexualité. Quand il est commis par une personne ayant autorité, il crée une défiance envers presque tout le monde et
    partout.
  • Comme aumônier de prison en Alaska, j’ai découvert un corollaire entre ceux qui ont été mis en prison pour abus
    sexuel sur un enfant et les prêtres qui ont commis des actes aussi graves. Ils ont tendance à être très intelligents et manipulateurs. Ils ont tendance à être bien appréciés et charmeurs. Ils
    ont tendance à n’avoir qu’un but dans leur vie : satisfaire leur appétit. La plupart sont narcissiques au plus haut point et ne voient pas le mal qu’ils ont causé. Ils considèrent les enfants
    qu’ils ont abusés non comme des personnes mais comme des objets. En bref, ce sont des gens dangereux à qui on ne devrait plus jamais faire confiance. La plupart récidiveront dans leurs crimes
    si on leur accorde une seconde chance.
  • Quant aux nombreux reportages sur l’affaire du Père Murphy, les préliminaires n’ont jamais été
    mentionnés jusqu’à présent.

  • En 1996, j’ai pris connaissance de l’affaire du Père Murphy, ancien principal de la St.
    John’s School for the Deaf
    (école Saint-Jean pour les sourds) à Milwaukee. Il était bien connu depuis des décennies que durant ses fonctions dans cette école (1950-1974)
    2, un scandale était survenu à St. John’s, l’impliquant ainsi que des enfants sourds. Les détails, toutefois, étaient pour le moins
    sommaires.
  • Une défense courageuse au nom des victimes (et souvent de leurs épouses) conduisit l’archevêché de Milwaukee à
    réétudier cette affaire en 1996. Lors d’une discussion en interne de la curie de l’archidiocèse de Milwaukee, il devint évident que nous devions agir vigoureusement et promptement au regard des
    malfaisances qui avaient été commises plusieurs décennies auparavant. Avec l’accord de celui qui était alors l’archevêque de Milwaukee, Rembert Weakland
    3, nous commençâmes à enquêter sur les allégations d’abus sexuels sur des enfants et sur la violation du crime de sollicitation dans le confessionnal par le Père
    Murphy.
  • Nous mîmes en route un procès contre le Père Murphy. J’étais le juge président de cette affaire et
    j’informai le Père Murphy que des accusations pour crime allaient être portées contre lui relativement à des abus sexuels sur des enfants et pour sollicitation dans le
    confessionnal.
  • Dans mes interactions avec le Père Murphy, j’acquis le sentiment que j’avais affaire à un homme qui
    tout simplement ne saisissait pas. Il était sur la défensive et menaçant.
  • Entre 1996 et août 1998, j’ai eu des entretiens, assisté d’un interprète qualifié [dans la langue des
    signes]
    , avec une douzaine de victimes du Père Murphy. Ce furent des entretiens à retourner l’estomac. Dans un cas, l’une des victimes était devenue, elle-même, un acteur
    de tels crimes et passa du temps en prison à cause d’eux. Je compris que cette maladie était contagieuse et facilement transmissible à d’autres. J’ai entendu des histoires de vies perverties,
    de sexualités amoindries ou disparues. Ce furent les jours les plus sombres de mon sacerdoce, ayant été ordonné un peu moins de dix ans auparavant. Une direction spirituelle emplie de grâce a
    été pour moi une bénédiction.
  • J’ai aussi rencontré le conseil d’administration d’une communauté de catholiques sourds. Ses membres insistèrent pour
    que le Père Murphy soit exclu de la prêtrise, et leur demande la plus importante était qu’il fût inhumé non comme un prêtre mais comme un laïc. Je leur signalai que, comme
    juge, je ne pouvais pas leur garantir [l’exécution] de leur première demande, et que, quant à la dernière, je ne pourrais que faire une recommandation.
  • Au cours de l’été 1998, j’ordonnai au Père Murphy de venir faire une déposition à la chancellerie de
    Milwaukee. Peu après, je reçus une lettre de son médecin me disant que sa santé précaire ne lui permettait pas de déplacements de plus de 20 miles [32 km] : Boulder Junction [lieu de
    résidence de Murphy] est à environ 276 miles [444 km] de Milwaukee. Une semaine plus tard [21 août], le Père Murphy décédait de mort
    naturelle en un endroit situé à 100 miles [160 km] de son domicile. »

 

Suite et fin demain matin…


Source (en anglais) : Catholic
Anchor

 

 

1. On dit aussi : official.
2. Il n’en fut le principal – ou directeur – en titre que du 1er juillet 1963 au 18 mai 1974.
3. Il est à noter que l’archevêque Rembert Weakland ne fit absolument rien relativement à cette affaire connue « depuis des décennies » de 1977 – année où il est nommé à
l’archevêché – à 1996. Il faut dire que cet archevêque (peu) émérite depuis 2002 n’est qu’un autre scandale à croix pectorale ! Cet homosexuel – qui n’a cessé de couvrir les dévergondages sexuels
de la même sorte, d’ecclésiastiques de son archidiocèse –, n’a pas hésité à ponctionner de 450 000 $ la caisse diocésaine pour faire cesser le chantage d’un de ses anciens amants… Cette nullité
morale fut aussi une nullité théologique – aux forts effluves d’hérésie – et liturgique : ce sont sans doute les excellentes raisons pour laquelles il est statufié de son vivant dans son ancienne cathédrale !