Un fonctionnaire diocésain catholique “de gauche” dénonce les religieuses catholiques “de progrès”

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Voici un commentaire tout à fait intéressant et d’autant plus intéressant qu’il est celui d’un catholique qu’on aurait du mal à ranger dans le camp des “conservateurs” : en France, on le dirait
plutôt “de gauche”. George Wesolek est un fonctionnaire de l’archidiocèse de San Francisco. Il en dirige le département de politique publique et de politique sociale dont la mission est
« d’éduquer, de défendre et de susciter la prise de conscience sur une variété de sujets de justice sociale qui concernent nos communautés ». Wesolek ne fait pas mystère d’avoir
été un soutien de la candidature d’Obama, mais sa « lune de miel » avec lui, comme il dit, s’est brisée en mars de l’année dernière sur les questions de vie et de bioéthique.
C’est une véritable bombe qu’il vient de faire éclater en publiant le 24 mars sur le site de l’édition internet de Catholic San Francisco, l’hebdomadaire officiel de
l’archidiocèse, un article titré « Fissure dans l’Église ». Je vous invite à le lire avec attention.

  • « L’Église catholique américaine est fracturée et fendue : une profonde division idéologique séparant les camps.
    Cela n’est pas une nouvelle. Mais ce qui n’était communément su que dans les cercles ecclésiastiques et lors de discussions privées, fait aujourd’hui la une du New York Times
    et du Washington Post.
  • C’est arrivé à cause de l’intense débat national sur la réforme de l’assurance-santé. Les évêques catholiques
    américains n’aiment pas la loi (dans sa version du Sénat) dans sa forme actuelle parce qu’elle accroît le remboursement de l’avortement, ne prévoit pas le remboursement des immigrés et
    n’offre pas suffisamment de protections de la conscience.
  • Récemment, la Catholic Health Association (CHA) et la Leadership Conference of Women Religious
    (LCWR) ont manifesté publiquement leur soutien à la version sénatoriale de la loi. Certains de leurs commentaires sont allés jusqu’à caractériser la position des évêques,
    particulièrement sur l’avortement, comme “fausse”. Nous voilà désormais avec des religieuses qui accusent les évêques de mentir sur l’avortement. Cela vous choque ? Ne le soyez pas, car c’est
    ainsi que cela se passe depuis longtemps.
  • Pendant des années, la plupart des dirigeantes de la LCWR et des hôpitaux catholiques (la plupart d’entre
    eux étant la propriété de ces mêmes dirigeantes de la LCWR) ont avancé une idée sur l’enseignement social catholique  qui reflète la conception qu’elles ont apprise dans les
    années 1960-1970, la conception d’un féminisme en bout de course qui déforme le rôle des femmes et dont le cœur est la liberté des femmes à “choisir” de tuer l’enfant de leurs entrailles si
    c’est ce qu’elles veulent.
  • Cette idée révèle, à juste titre, un profond souci de justice pour les pauvres et les vulnérables, mais comme c’est
    le cas d’un si grand nombre dans ce groupe d’âge, minimise ou banalise l’enfant à naître.
  • Network”, le bras lobbyiste de la LCWR à Washington D.C., n’englobe pas la législation pro-vie dans
    les objectifs de son travail. S’il en traite, il déforme l’expression “pro-vie” d’une manière si ambiguë et si étendue que cela inclut à peu près n’importe quoi. Ainsi, les religieuses
    peuvent affirmer avec aplomb que l’actuelle loi sur la santé est “favorable à la vie”. Elles ignorent ou qualifient de “faux” tous ce que les évêques et chacune des organisation pro-vie dans
    ce pays ont reconnu être une loi défectueuse qui fera progresser l’avortement.
  • Certains ont prétendu que les religieuses avaient pris cette position parce qu’elles avaient un gros intérêt
    financier en raison de leurs hôpitaux. Je ne suis pas d’accord 1. Leur logique est idéologique. Je pense qu’elles croient vraiment dans la réforme de l’assurance-santé…
    tellement qu’elles veulent banaliser la question de l’avortement et lier leur sort à l’administration d’Obama.
  • C’est un avantage que ces tensions privées soient désormais publiques. Comme pour un méchant furoncle, il vaut
    mieux le débrider que de le laisser s’envenimer et grossir. »


Pas mal vu. N’est-il pas ?

1. À mon tour de ne pas être absolument d’accord avec George Wesolek sur ce point. Voyez ici.