L’élection du futur président de l’USCCB échauffe la blogosphère catholique

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Je ne sais trop si l’élection du futur président de la conférence épiscopale américaine (United States Conference of Catholic Bishops, USCCB) ara lieu dès l’ouverture de l’assemblée plénière d’automne qui s’ouvre demain à Baltimore ou à la fin de cette session, c’est-à-dire le 18 novembre. Je ne sais pas davantage si l’usage qui veut que ce soit le vice-président en titre qui succède au président, sera observé cette année. Ce que je sais, c’est que j’espère qu’il n’en sera rien, car l’actuel vice-président de l’USCCB, Gerald Kicanas, évêque de Tucson (Arizona), ne me semble pas présenter le bon profil pour représenter le corps épiscopal américain. La conférence épiscopale américaine, pas plus que les autres conférences épiscopales dans le monde, ne sont de droit divin. Elle a certes son utilité en tant qu’organisme de concertation et d’information réciproque entre évêques mais, évidemment, ne elle saurait imposer ses décisions aux évêques particuliers qui eux sont de droit divin dans les évêchés qui leur ont été confiés. L’élection d’un président, c’est-à-dire d’une sorte de porte-parole des évêques, d’interface vis-à-vis de la société et des médias, est souvent le fruit d’un rapport de forces ou d’un compromis passé. Le président est élu soit le groupe majoritaire qui partage ses orientations, soit parce qu’il constitue un compromis entre tendances minoritaires ne pouvant faire élire l’un des leurs. Gerald Kicanas n’est de toute évidence pas représentatif de la tendance majoritaire ou “moyenne” actuelle de l’épiscopat américain. On pourrait même dire qu’idéologiquement il en représente paradoxalement l’arrière-garde tant le progressisme qu’il incarne est vraiment passé de mode. Qu’il soit soutenu par les éléments “avancés” du catholicisme américain, n’est pas une surprise mais, encore une fois, c’est une tendance qui n’est plus vraiment “in”. On aurait du mal à trouver le nom de Kicanas sur la liste des quelque 120 évêques américains qui ont dénoncé la scandaleuse invitation faire à Obama par l’université Notre Dame en mai de l’an passé. Non seulement l’évêque de Tucson ne s’est pas associé à la juste protestation de tant de ses confrères, mais il continue à soutenir financièrement cette université déconsidérée alors même que la source des dons qui l’alimentent est en train de tarir comme je vous l’ai signalé le 26 octobre dernier. On voit à qui on a affaire.

Pis encore, je l’ai déjà évoqué ici, Gerald Kicanas a largement démontré son manque de discernement, pour dire les choses avec douceur, en appelant aux ordres en 1994, alors qu’il dirigeait le séminaire de Mudelein de Chicago (Illinois), un séminariste homosexuel actif qui a poursuivi, après son ordination sacerdotale, ce type de pratiques et notamment sur de jeunes garçons ce qui a fini par lui valoir de finir en prison et d’être réduit à l’état laïc en 2007 par le cardinal Francis Georges, comme archevêque de Chicago. Vivement critiqué par des blogues catholiques orthodoxes ces derniers jours, l’évêque vient vendredi de se défendre maladroitement en accordant un entretien au  National Catholic Register. Il ose y déclarer qu’il était bien au courant des “allégations” contre ce séminariste, et de ses pratiques homosexuelles « quand il était pris de boisson », mais évidemment cela ne pouvait pas l’empêcher de l’appeler aux ordres. Charmant ! Dans sa déposition devant le tribunal lors du procès de ce prêtre, à la question de l’avocat de la partie civile lui demandant s’il était d’accord avec Kicanas qu’il n’y avait pas de raison pour ne pas appeler aux ordres ce séminariste, le cardinal George répondit tout simplement : « Non. Il n’aurait jamais du être ordonné alors, et n’aurait du d’ailleurs jamais être ordonné ». Cela ne qualifie pas, me semble-t-il qu’un tel personnage soit appelé à représenter l’épiscopat américain pour les années à venir. Songez un instant combien les médias se repaîtraient goulument de cette élection pour dénoncer, une fois encore, l’Église catholique et son refus d’assumer ses responsabilités dans la crise du clergé homosexuel. Et, pour le coup, ces médias hostiles et très souvent injustes, n’auraient pas tort. Si Kicanas est élu demain ou dans les jours qui suivent, ce sera une catastrophe de très grande ampleur et un sérieux handicap à l’évangélisation aux États-Unis.

Sources : Boston Catholic Insider, CatholicCulture, American Papist (repris et commenté par LifeSiteNews), Renew America, Spero News, etc.

4 comments

  1. Charles

    Si je peux me permettre, vous confondez le très conservateur “National catholic reporter” avec le très progressiste “National catholic register”.
    Cordialement

  2. Thierry

    Comme par hasard I de G qui ne connait rien à la Catholicité des USA est pour l’élection de cet énergumène!Rien ne vaut quelqu’un prétendument de l’intérieur pour essayer(car la tache est bien plus ardue qu’ils ne le croient)d’abattre le Catholicisme!

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