Programmes des facultés « bons à être jetés à la poubelle » ? Un témoignage…

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Le 3 mars dernier, je vous signalai ici la parution d’un livre qui m’avait semblé roboratif sur les facs américaines et dont l’auteur, le professeur John Zmirak, disait que leurs programmes étaient tout juste « bons à être jetés à la poubelle ». On aurait pu croire qu’il y avait là quelque outrance… Jugez-en vous-même par le témoignage ci-dessous d’un jeune Français, Thibaud, qui a passé une année dans une université américaine de la Ivy League qui regroupe huit universités du Nord-Est des États-Unis, que l’on dit “prestigieuses” en novlangue, mais qui sont en fait crapoteuses. Jugez-en vous-même en lisant ce témoignage que j’ai récupéré dans les commentaires de mon post et qui aurait pu passer inaperçu…

  • « J’ai fait un séjour d’études d’un an dans une université américaine de la Ivy League et je puis attester de la véracité de ce livre. La manipulation des esprits est très forte et s’effectue souvent de manière très retors. Je prends un exemple.
  • Les cours de TD (tels que nous les appellerions), en petit groupe (une douzaine d’étudiants maximum), sont essentiellement occupés par la discussion par les étudiants, sous la conduite d’un Teaching Assistant (généralement un étudiant de Graduate School) des lectures obligatoires (passages de manuels et d’articles de revues) de la semaine. Il faut reconnaître que cette technique est effectivement excellente, obligeant les étudiants à lire plusieurs centaines de pages par semaine, à réfléchir avant le cours sur ces lectures pour se préparer à les discuter lors du cours. Et ces discussions sont tout à fait libres, aucun étudiant ne risquant quoique ce soit pour l’expression de ses opinions, tout au plus peut t-il se sentir contraint à la prudence ou à l’habileté rhétorique par la tyrannie de la majorité. Le bourrage de crânes s’effectue de manière plus insidieuse.
  • Ainsi, je suivais un cours de science politique sur la présidence américaine (la fonction de Président des États-Unis de Washington à nos jours). Une semaine, le cours portait sur le développement de la bureaucratie présidentielle. Les lectures particulièrement volumineuses de la semaine contenaient, entre autres, un article d’une revue (New York Review of Books, peut être) sur la recherche sur les cellules souches embryonnaires. L’argument de l’article était assez simple : la méchante bureaucratie présidentielle de l’Administration Bush bloquait le financement public de la recherche sur les cellules souches qui allaient sauver le monde, assurer la rédemption de l’humanité et créer un nouvel âge d’or, sans poser le moindre problème éthique. Naïvement, je me préparais lors du TD à faire usage de la liberté d’expression pour contester cette vision idyllique de ce type de recherches. Hélas, le TD venu, je me rendis compte que ce projet était parfaitement irréalisable. La séance durait une heure. Il y avait environ une dizaine d’articles à discuter et une dizaine d’étudiants. On conçoit donc aisément qu’il eût été fort impoli pour un étudiant de parler plus de 2 minutes sur un article donné, afin de laisser les autres étudiants s’exprimer. Mais le résultat était évident : lorsque cet article entra en discussion, le débat ne pouvait en fait porter que sur ce qu’il nous apprenait sur la bureaucratie présidentielle et non sur le fond de l’article (la recherche sur les cellules souches et l’invention la plus merveilleuse depuis la bombe H et le Zyklon B) qui était de fait considéré comme acquis et indiscutable ! On était parfaitement libre de discuter si la bureaucratie présidentielle était aussi nocive et envahissante que la décrivait l’article mais non pas si elle avait tort de s’opposer à la destruction et à la manipulation d’embryons, ce point étant considéré comme acquis.
  • C’est cet enveloppement du bourrage de crânes dans l’apparente liberté qui m’avait profondément marqué à l’époque. »

3 comments

  1. Jean Ferrand

    Mais monsieur, ce n’est rien d’autre que la technique de groupe, qui est savamment mise au point et qui ne sert à rien d’autre qu’à justifier la pensée unique, définie à l’avance. Elle se pratique partout et impunément.

    Si vous n’entrez pas dans le moule, vous êtes jeté.

  2. ali barbare

    C’est la technique bien rôdée magnifiquement décrite par Loubier Adrien dans : Groupes réducteurs et noyaux dirigeants” aux éditions ste jeanne d’Arc à Villegenon.

  3. soha

    Sans technique de groupe, par cours magistral, on faisait la même chose il y a 50ans en “France”: toute l’idéologie, le scientisme, la morale sans Dieu, et l’historiographie révolutionnaire passaient dans les têtes(alors) blondes… sans un débat sans un contre exemple,sans dossiers contradictoires… On appelait cela la formation à l'”esprit critique”…Bien sûr le “champ” était plus vaste( on parlait un peu de l’antiquité, du Moyen âge). bien sûr on savait lire et écrire, compter et “raisonner”… de manière à bien servir la révolution…
    C’est ce qui s ‘est vu en 68 ( comme auparavant en 36 ou en 45)
    Le problème est bien plus profond…Pénitence! et réparation, si possible, s’il n’est pas trop tard …

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