Quel que soit le perdant du Super Bowl, la charité, elle, sera gagnante…

Download PDF

La chose vous aura peut-être échappée… mais aujourd’hui, dimanche 6 février, c’est la finale annuelle du 45ème Super Bowl ! Je dis « peut-être » car pour une compétition de football américain, qui vraiment est de très peu d’intérêt pour le public français, j’ai observé beaucoup d’informations sur cet événement dans nos médias et je viens d’apprendre que le match sera retransmis intégralement sur W9 depuis le Cowboy Stadium d’Arlington (Texas)…
La particularité de cette finale, et la raison pour laquelle je poste sur elle, c’est qu’elle opposera les Packers de Green Bay (Wisconsin) et les Steelers de Pittsburgh (Pennsylvanie). Jusque-là, rien pour vous faire tomber à la renverse. Mais voilà, l’actuel évêque de Pittsburgh, Mgr David Zubik, fut, avant d’être nommé à ce siège de Pennsylvanie, l’évêque de Greenbay siège désormais occupé par Mgr David Ricken. Inutile de préciser que les deux évêques sont de fervents supporters de leurs équipes respectives. Si l’on cherche un catholicisme sportivement “inculturé”, je conseille toujours d’aller voir du côté des États-Unis : la liste serait longue des évêques encourageant qui son équipe de hockey sur glace, qui son équipe de baseball, qui – comme c’est le cas ici – son équipe de football. Si vous pouvez me faire une liste équivalente en France, je suis preneur.
Or les deux évêques – et ce ne sont pas les premiers à le faire pur une finale du Super Bowl, voyez ici… – ont fait un pieux pari : l’évêque de l’équipe perdante s’engage à offrir un don en espèces aux Catholic Charities de l’évêque de l’équipe gagnante ! Le montant n’a pas été précisé, mais je trouve le principe très convenable…
Malgré la virilité – pour ne pas dire la brutalité du football américain, qui fait quand même plus d’éclopés que le football version européenne – de ce sport, tout ce monde baigne dans une ambiance catholique bon enfant et pour tout dire très surprenante vue de notre fenêtre.
Les Packers, par exemple, ont, depuis quatorze ans, un aumônier catholique, chanoine prémontré, le P. James Baraniak, curé de la paroisse St. Norbert College à De Pere (Winsconsin) : il a un blogue qui mérite le détour… L’entraîneur des Packers, Mike McCarthy, est un catholique d’origine irlandaise qui a fait ses études dans des écoles catholiques, dont il est un donateur.
Mais le pieux pari des évêques se double, pour cette édition 2011 du Super Bowl, d’un amical pari des deux collèges ou les Packers et les Steelers ont leurs habitudes. À ma droite, le St. Norbert College (De Pere), lieu d’entraînement depuis 53 ans des Packers. À ma gauche, le St. Vincent College de Latrobe (Pennsylvanie), lieu de repos estival depuis 45 ans des Steelers ! Thomas Kunkel, président du St. Norbert College, et Dom Norman Hipps, OSB, président du St. Vincent College (une création de la St. Vincent Archabbey, le plus ancien monastère bénédictin des États-Unis), on fait le pari suivant :

  • si les Packers perdent, Thomas Kunkel – qui est aussi membre du conseil d’administration des Packers – offrira à Dom Norman du fromage et des saucisses du Wisconsin plus un livre, paru l’année dernière, sur les Packers et le St. Norbert College ;
  • si les Steelers perdent, Dom Norman offrira à Thomas Kinkel, un sac de farine et une miche de pain – le St. Vincent College possède un moulin ! –, plus un sac d’un mélange spécial de café « black and gold blend » (mélange noir et or, les couleurs de l’équipe des Steelers), et enfin un ouvrage sur les Steelers

Pas belle la vie ? Allez, je suis sûr que vous allez devenir dès aujourd’hui des amateurs de football américain…

Sur cette photo, prise en janvier, sous la croix rouge (avec le col romain…) le P. James Baraniak, au centre de la photo lentraîneur Mike McCarthy…

3 comments

  1. klenik

    pas sur…. et tout cet argent qui circule un dimanche, cela me donne la nausee… ca va picoler aussi…
    mon mari sera l’air abruti devant la tele, et je lirai et Prierai dans ma ‘bulle’…
    en tous les cas, bravo !!, pour votre connaissance de la culture americaine.
    ceci dit, je n’ai rien contre ce sport et ceux qui l’apprecient.
    (ne soyez pas chagrine, j’ecris tout cela en souriant)

  2. jeffmoveone

    Mr Hamiche une question d’un francais moyen : Est-ce le meme etat d’esprit
    selon les etats ? Par exemple la mentalite new yorkaise a-t-elle la meme mentalité que les états dont vous nous parlez à propos du sport comme du reste d’ailleurs.Merci !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *