Ave Maria University : le P. Fessio « re(re)mercié »…

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Le célèbre jésuite américain, Joseph Fessio, fondateur en 1978 et toujours directeur de la maison d’édition
Ignatius Press, l’éditeur attitré et l’ami (voir photo)
du cardinal Ratzinger puis de Benoît XVI, s’est vu notifié, hier, son éviction de l’Ave Maria University fondée à Naples (Floride) par Tom Monaghan, ancien
propriétaire de Domino Pizza et devenu milliardaire lors de la vente de son affaire.
Selon le P. Fessio, son


éviction viendrait de la mise en garde qu’il a faite, à titre privé, à Jack Donohue, le président du conseil
d’administration de l’Ave Maria University, sur la précarité et la mauvaise gestion financières de l’institution et la nécessité de changer l’administration qui en est responsable. Cela
n’a évidemment pas plu et le P. Fessio a donc été « remercié » comme on dit poliment. Mais ce n’est pas la première fois…
Alors qu’il était recteur de l’Ave Maria University en mars 2007, il en avait déjà été chassé pour des raisons similaires. Mais des manifestations de protestation d’étudiants sur le campus
– très pacifiques, rassurez-vous… – avait contraint Monaghan et l’administration à rappeler le P. Fessio mais à des fonctions plus réduites : professeur de théologie et chapelain «
en résidence ». Compte-tenu du fait qu’il n’y a plus guère d’étudiants sur le campus en raison des vacances, l’administration ne s’attend pas à des manifestations de protestation, et c’est sans
doute la raison pour laquelle elle a choisi ce moment particulier de l’année pour congédier le P. Fessio qui pourtant déclarait hier : « Je continuerai à recommander l’université aux
étudiants et aux parents. Et je continuerai à penser que mon renvoi est une nouvelle faute dans une longue série de décisions peu judicieuses »
.

Tom Monaghan a investi 250 millions de $ dans le projet Ave Maria University, puis 50 millions dans le projet de l’Ave Maria City, une ville nouvelle “catholique” supposée
servir d’écrin au “joyau” de l’Université. Mais la crise financière et la crise de l’immobilier n’ont pas permis au succès escompté d’être au rendez-vous. Les clients se font attendre pour
acheter de l’immobilier, ceux qui sont déjà propriétaires commencent à se plaindre de l’absence de transparence dans la gestion de ce qui n’est pas une vraie ville – avec conseil municipal et
maire élu, une église ; l’énorme lieu de culte construit par Monaghan n’a qu’un statut d’oratoire – mais un noyau urbain…