L’évêque de Sacramento médite sur le paradoxe catholique de Lourdes

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Mgr Jaime Soto est l’évêque de Sacramento (Californie) depuis novembre 2008. Dans son dernier éditorial publié le 8 mai dans The Catholic Herald, organe officiel du diocèse, il médite, de
belle manière, sur Lourdes – où il s’est rendu plus d’une fois – comme manifestation du paradoxe catholique. Une méditation que je vous invite à “ruminer” en ce dimanche. En voici les principaux
passages.

 

 

  • « Ce qui en désarçonne plus d’un devant les pèlerins infirmes de Lourdes, c’est l’espérance qui les y a conduit
    et combien Lourdes ne les a pas déçus. Cette confluence incessante de ceux que leur maladie physique a rendu invalides, enflamme l’air de joie. Cela peut paraître inexplicable, voire absurde.
    Ces gens ne devraient-ils pas être déçus ? Dieu ne les a-t-il pas de nouveau laissé tomber ? Où se manifeste le miraculeux spectaculaire ?
  • Le pouvoir de Dieu se découvre dans la gloire de Dieu révélée par la maladie humaine. La croyance en l’Incarnation
    est éprouvée au creuset de la souffrance humaine. C’est précisément en de tels moments que sa gloire est révélée.
  • On considère Lourdes comme un sanctuaire marial mais, comme tous les autres lieux liés à la Vierge Marie, son cœur
    c’est le Christ. Marie nous aide à méditer sur la part que nous prenons à l’œuvre de son fils, Jésus. À lourdes, elle nous mène à la contemplation des superbes mystères de la gloire de son
    fils, reflétée dans nos frères et nos sœurs rendus invalides par la maladie et la fragilité corporelle. Ceux qui sont si souvent cachés ou ôtés à nos regards, sont là bien visibles. Le lus
    souvent, leur situation difficile n’est évoquée qu’en murmurant. À Lourdes, elle est proclamée. Ils deviennent un signe sacramentel du Corps du Christ. Leur besoin en aide et en soins au cours
    des jours de pèlerinage à Lourdes, rend manifeste ce qui est vrai pour nous tous : nous formons tous un seul corps.
  • La plupart du temps, les sacrements de pénitence et d’onction des malades sont conférés en tant que sacrements
    “privés”, loin de toute exposition publique. C’est du à l’usage qu’on fait des rituels sacramentels et aussi aux circonstances dans lesquelles ces sacrements sont conférés : dans un
    hôpital ou au confessionnal. Bien que beaucoup de cela soit vrai et nécessaire, ces sacrements, comme il en va pour tous les sacrements, possèdent un caractère public. Les sacrements, même
    quand ils sont administrés à une personne particulière, ont pour fins d’affermir et de consoler toute l’Église.
  • Alors que la pénitence et l’onction des malades sont pour le pécheur et le malade, ces sacrements transforment aussi
    le pécheur et le malade en occasions pour la grâce de Dieu de se révéler à l’Église et à eux. Leur faiblesse et leur fragilité fournissent à la main de Dieu l’occasion de distribuer la guérison
    et la miséricorde. C’est de ce témoignage précis dont Paul nous parle en déclarant : “C’est donc de grand cœur que je me vanterai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la
    puissance du Christ” (II Cor. 12, 9).
  • À Lourdes, le malade et le frêle “s’enorgueillissent” ouvertement de leur faiblesse afin que le Christ puisse
    demeurer en eux. À Lourdes, le Corps du Christ dans son ensemble s’unit à eux dans cet orgueil paradoxal. Ainsi, le malade et le frêle pourvoient aux besoins de tout le reste de l’Église. Ils
    deviennent une occasion de joie pour ce que le Christ a accompli et continue d’accomplir pour tous les membres de son Corps Mystique.
  • En créant à Lourdes un lieu pour les membres malades et invalides de l’Église, la Vierge Marie continue à nous
    révéler la grâce et la miséricorde de son fils, Jésus. Beaucoup peuvent demeurer perplexes face à la ferveur de Lourdes. J’ai constaté le joyeux Magnificat de la jeune femme de Nazareth
    résonnant sans cesse dans les chants des pèlerins : “Le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son nom” (Luc, 1, 49). »