La “démission” de l’évêque de Scranton. Quelques remarques personnelles. L’opinion éclairante du P. Euteneuer

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Dois-je vous l’avouer aujourd’hui ? Je ne crois plus du tout à la “démission” volontaire de Mgr Joseph Martino, le valeureux évêque de Scranton (Pennsylvanie), pour des raisons de santé
(« insomnie », « fatigue », etc.). Je penche désormais pour une démission forcée qui – et cela fait froid dans le dos – révèle le rapport des forces dans l’épiscopat américain,
un rapport de forces qui n’est pas aujourd’hui favorable aux évêques orthodoxes. Que l’évêque de Sacranton l’ait acceptée par obéissance, le grandit encore à mes yeux. Y a-t-il une « ténébreuse
alliance » entre l’épiscopat “progressiste” américain – ou, à tout le moins, cette portion de l’épiscat qui se croit “habile” et “politique” – et la realpolitik qui semble s’être imposée
à la Secrétairerie d’État et que le blogue Osservatore Vaticano n’a pas craint de qualifier, à juste titre selon moi (voyez ici une judicieuse
analyse), de « Westernpolitik », vis-à-vis de l’administration Obama – la plus violemment anticatholique de ces cent dernières années – ? C’est à craindre. Il faudrait être un
journaliste de la catégorie des recopieurs de dépêches d’agences, pour ne pas mettre en relation la “démission” de Mgr Martino, et la “promotion” à Rome – c’est-à-dire l’éloignement des
États-Unis – de l’archevêque Burke : deux prélats orthodoxes, 100 % pro-vie et sans illusion sur la menace que représente pour l’Église l’administration Obama. S’il est vrai
qu’après avoir “appelé” à Rome l’archevêque Burke – détesté par l’administration Obama –, “on” l’a prié de se taire pour assurer le “succès” de la visite du président américain au
Saint Siège, il doit aussi être vrai que l’évêque Martino a été privé de parole parce qu’il gênait une certaine politique, mais comme il n’a pas tout à fait la carrure d’un Burke,
on a accepté “sèchement” sa démission, sans le nommer ailleurs ni lui proposer quelque chose à Rome. Comment ne pas s’interroger…
En tous les cas, la “démission” de Martino réjouit les ennemis de l’Église en général et les catholiques “progressistes” en particulier.
C’est ce que dénonce un prêtre qui n’a pas froid aux yeux et que j’admire pour son bons sens et son orthodoxie, le P. Tom Eutneueur, président de Human Life International, dans une
« déclaration » du 4 septembre. La voici, et je vous précise que le journaliste David Gibson travaille pour Politics Daily et que la “colonne” que dénonce le P.
Euteneuer a été publiée le 31 août (si la chose ne vous dégoûte pas trop, vous pourrez, comme moi, la lire ici).

« La citation qui suit est tirée du déplaisant article de David Gibson, et elle dit tout : “Quels que soient les tenants et les aboutissants des manœuvres internes de l’Église, le
résultat est qu’une voix dominante de l’aile anti-Obama de la hiérarchie catholique a été réduite au silence alors qu’Obama et Beiden continuent à occuper le devant de la
scène”.
C’est la gauche catholique en Amérique qui permet à l’administration [Obama] de diviser l’Église catholique en Amérique. Des anti-catholiques comme Gibson, en raison de leur
malveillance et de leur mépris pour l’Église, voient dans le départ d’un des plus grands pasteurs d’Amérique une victoire. Que l’admirable évêque Martino ait été contraint au “silence”,
fait l’objet de méditation de la part des esprits malades des médias, comme celui de Gibson, qui recherchent partout le scandale. En vérité, le boulot des médias c’est le scandale, alors
que celui de l’Église c’est le soin des âmes. L’évêque Martino fut l’un de ces courageux pasteurs qui ont tout simplement été attaqués par ce qu’il faisait tout ce qu’on est en droit
d’attendre d’un évêque, et c’est pour cela qu’il a reçu l’an passé le prix Cardinal Von Galen décerné par Human Life Inrternational
[cette année, il fut remis à l’archevêque –
désormais émérite – de Recife, José Cardoso Sobrinho…] pour son témoignage sans compromis.
Si cette démission veut dire quelque chose, elle signifie la guerre qu’un bon évêque doit supporter – une guerre qui peut même venir de l’intérieur de l’Église – pour remettre les choses
d’équerre. Le combat pour l’orthodoxie est devenu, littéralement parlant, féroce dans l’Église d’aujourd’hui, et va constituer la ligne de partage entre les agneaux et les boucs. Depuis quand le
“tout avaler et n’importe quoi” pour garantir “l’harmonie” est-il le point de vue dominant chez tant d’évêques et de catholiques américains ? Où est-ce que c’est écrit dans les Évangiles ?
Comment pouvons-nous justifier de reculer sur la défense de la vie et sur d’autres enseignements catholiques impopulaires, alors que nous avons la plus anti-catholique des administrations de
l’histoire moderne ?
Il n’est pas possible de laisser de tels catholiques se revêtir du manteau du catholicisme. Nous implorons nos pasteurs de défendre leur frère l’évêque Martino et de redire, sans
équivoque, combien il est important de défendre l’enseignement de l’Église même quand c’est politiquement incommode. Nous ne devons pas donner à des écrivaillons comme David Gibson la
moindre apparence de soutien à l’opinion que tous les catholiques normaux et fidèles soutiennent tout ce que cette administration anti-vie fait. »