Un nouvel archevêque pour la Nouvelle Orléans (et c’est un enfant du pays, sans doute d’origine française)

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C’est un natif de la Nouvelle Orléans qui a été nommé aujourd’hui par Benoît XVI 14ème
archevêque d’un des plus anciens diocèses des États-Unis en remplacement de Mgr Alfred C. Hughes qui aura 77 ans en décembre prochain.
Mgr Gregory M. Aymond (photo) est en effet né à la Nouvelle Orléans (Louisiane) le 12 novembre 1949 et après ses études au Notre Dame
Seminary
de la Nouvelle Orléans il fut ordonné prêtre pour cet archidiocèse le 10 mai 1975. C’est d’ailleurs à ce séminaire qu’il va se consacrer puisqu’il en sera le directeur de l’éducation
pastorale jusqu’en 1986, puis président et recteur pendant 14 ans : la question des vocations et celle de la préparation au sacerdoce sont au cœur de ses préoccupations.
Jean-Paul II le nommera évêque auxiliaire de la Nouvelle Orléans en 1997. Trois ans plus tard, il est créé évêque coadjuteur du diocèse d’Austin (Texas) dont il devient l’ordinaire en
2001. Il va y multiplier par trois le nombre des séminaristes pendant son épiscopat.
Le diocèse qu’il quitte est plus peuplé que celui où il est nommé ce jour (2,4 millions d’habitants contre 1,3 million), mais moins catholique (430 000 catholiques [17,6 %] contre 480 000 [35,9
%]). Si le nombre de paroisses entre Austin (125) et la Nouvelle Orléans (137) est à peu près équivalent, les prêtres diocésains sont en plus grand nombre dans l’archidiocèse louisianais (212)
que dans le diocèse du centre du Texas (155). Mais l’archidiocèse est pauvre et le désastre de l’ouragan Katrina en 2005 n’a pas arrangé les choses. À noter également une singularité
démographique de la ville de la Nouvelle Orléans : sa population est afro-américaine à 67 %.
L’archidiocèse de la Nouvelle Orléans se compose de huit “paroisses” (parish est le nom louisianais des counties ou comtés – seul État où on les dénomme ainsi)
s’étendant sur 11 000 km2. Il fut érigé en 1850, mais remonte à plus haut dans le temps puisqu’il est issu du diocèse de Louisiane et des Deux Florides (la Nouvelle Orléans et St. Louis dans le
Missouri) qui fut érigé dès 1793 quatre ans après la fondation du premier diocèse des jeunes États-Unis : Baltimore (Maryland).
L’archevêque Aymond – dont le patronyme est d’origine française – est donc le quatorzième ordinaire d’un archidiocèse où s’illustrèrent pas moins de six Français qui en furent archevêques
: Louis Dubourg (1815-1825), Antoine Blanc (1835-1860), Jean-Marie Odin (1861-1870), Napoléon Perché (1870-1883), François-Xavier Leray (1883-1887) et
Placide Chapelle (1897-1905).
L’archevêque s’attachera certainement à consolider cette Église locale très touchée par Katrina dans sa population et ses bâtiments, à promouvoir les vocations (il n’y avait, semble-t-il
que 19 séminaristes en juin de cette année) et à discipliner la Loyola University New Orleans (encore des jésuites !) qui, cette année, a cru devoir honorer deux politiciens du cru,
démocrates pro-avortement, lors de la cérémonie du Commencement : le sénateur Mary Landrieu et son frère le gouverneur-adjoint Mitch Landrieu. Un scandale dénoncé
par l’archevêque Hughes qui refusa d’assister à la cérémonie.