Charles Carroll : une nouvelle biographie sur le seul Père Fondateur catholique des États-Unis

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American Cicero Livre

 

 

 

L’historien américain Bradley Birzer, qui enseigne au  Hillsdale College  (Michigan), vient de faire paraître chez ISI Books, une biographie qui renouvelle nos connaissances sur Charles Carroll of Carolton (1737-1832), le
seul signataire catholique de la Déclaration d’Indépendance (pour le Maryland) et le seul signataire survivant, en 1832, de l’acte fondateur des États-Unis d’Amérique. Comme son cousin,
John Carroll, premier évêque catholique des États-Unis (Baltimore, Maryland), il est utile de signaler qu’il fit une partie de ses études en France, au collège des jésuites de
Saint-Omer…

Le titre de l’ouvrage, American Cicero (Le Cicéron américain), s’accorde tout à fait avec le
sentiment des contemporains de Charles Carroll, pour lesquels il était « le dernier des Romains ».

Ce catholique fervent, pétri de Cicéron d’Horace mais aussi de saint Thomas
d’Aquin
, batailla ferme pour défendre la foi catholique dans son État natal du Maryland, où elle était violemment persécuté, pour imprégner la Constitution de la jeune République des
principes du droit naturel comme de la loi naturelle, fut très hostile à l’esclavage des Noirs, inspira a création du Sénat des États-Unis où il siégea.

Ses positions aristocratiques l’amenèrent à formuler des critiques contre la démocratie, telle qu’il la voyait se développer en
Amérique, ce qui explique, sans doute, que l’histoire l’ait quelque peu oublié… surtout depuis ce qu’on a appelé la « révolution jeffersonienne » de 1800 qui le fit passer d’une
incroyable notoriété à l’obscurité.

Dans un entretien accordé au site d’ISI Books, l’historien Bradley Birzer, répond à la question :
pourquoi Carroll fut-il si critique de la démocratisation de l’Amérique ?

  • « Carroll a été une des principales sources d’information pour Alexis de Tocqueville. Il estimait que l’esprit
    démocratique promouvait la cupidité et un individualisme imprudent, qu’il détruisait l’esprit même d’abnégation nécessaire au maintien d’une république vertueuse. Il estimait aussi que
    l’individualisme de la démocratie détruisait la communauté même. Pour tout dire, il pensait que la démocratie ferait progresser davantage la médiocrité que l’excellence. La démocratie, estimait
    Carroll, avait son rôle à jouer dans la république mais elle avait besoin d’être contrebalancée  par la raison et rationalité. »

L’homme, on le voit, n’était déjà pas à l’époque d’une parfaite correction politique… Il n’est donc pas contre-indiqué, me
semble-t-il, de s’intéresser à lui aujourd’hui…