Le Sud est « le lieu de naissance du catholicisme des Noirs américains »

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Craig Manson, un Afro-Américain né en 1954 à Jefferson (capitale du Missouri), est professeur de Droit à l’Université du Pacifique de Sacramento, la capitale de la Californie. Il y
enseigne notamment le Droit administratif. Mais Craig Manson a une autre passion intellectuelle : la généalogie. Cette passion l’a amené à s’intéresser à la généalogie des Afro-Américains
et à leur histoire dans le Nouveau Monde.

Dans un entretien qu’il a accordé à Catholic News Agency, et que ce service d’information a publié le 5 décembre dernier (ici), Craig Manson révèle des choses fort intéressantes sur les Noirs en Amérique.
Selon lui, « il existe que nombreuses preuves qui suggèrent que les premiers Noirs catholiques en Amérique furent ceux qui se trouvaient en Floride dès 1565. Ils arrivèrent avec les
explorateurs espagnols. Certains étaient des esclaves, d’autres des Africains libres. Pour ceux qui étaient esclaves, nous savons que les Espagnols baptisaient leurs esclaves et les traitaient
comme des êtres humains et non comme des propriétés. Les Noirs se trouvaient, comparativement, plutôt bien quand les Espagnols dominaient la Floride, par rapport, pour prendre cet exemple, à la
Caroline du Sud. À la fin des années 1600, des esclaves [Noirs] des deux Carolines s’enfuirent vers la Floride où une condition pour eux d’y trouver refuge était le baptême »
. Manson
précise « qu’on trouve à St. Augustine [1] la trace du baptême en 1606 d’un enfant Noir . Des universitaires pensent que des baptêmes d’enfants ont eu lieu en Floride plus tôt
encore, mais on n’a retrouvé aucun registre. »

« Un grand nombre de Noirs catholiques ont leurs racines en Louisiane. La raison en est similaire à celle que je viens d’évoquer : les Français qui gouvernaient la Louisiane exigèrent dès le
début que les esclaves soient baptisés et encouragèrent le maintien des structures familiales chez les esclaves. Ils exigeaient que les mariages d’esclaves soient sanctifiés par l’Église. En
outre, les Français étaient beaucoup plus ouverts que les Britanniques sur la question des mariages interraciaux ».

Quand on l’interroge sur l’intérêt que peuvent avoir toutes ses découvertes, Craig Manson dit qu’il estime que « connaître l’Histoire nous donne une signification sur le présent. Elle
explique pourquoi nous sommes là et comment nous y sommes venus. Bien qu’étant moi-même catholique depuis toujours, je ne savais pas grand chose sur l’Histoire des Noirs catholiques jusqu’à il y
a peu. Je pense qu’il est intéressant de savoir que tous les Noirs catholiques ne sont pas de récents convertis – un préjugé largement répandu. Ma belle-mère, par exemple, est issue d’une famille
Noire dont le catholicisme remonte au moins à 1722. »

Voilà qui me semble fort intéressant, et explique pourquoi j’avais envie de partager aujourd’hui cette information avec vous.

1. Ville du sud-est de la Floride sur l’Océan Atlantique, est la plus ancienne ville des États-Unis. Fondée par les Espagnols en 1565 qui la récupérèrent sur les
Français qui y avaient débarqué dès 1562.

1 comment

  1. ema

    Pour compléter ce texte très intéressant, je me permets de rappeler l’histoire de Saint Martin de Porrés très connu ches les hispanophones.
    Fils d’un noble espagnol (qui finira comme gouverneur de Panama) il nait en 1579 à Lima (Pérou). D’abord déclaré de père inconnu, il est ensuite reconnu par son père le chevalier de Porrés. Sa mère était une noire née à Panama, libre ou libérée mais baptisée et élevée dans la religion catholique. L’enfant de peau très sombre va pour l’époque recevoir une éducation soignée (il savait lire et écrire). Son père le destinant à de plus hautes fonctions s’opposera à ce qu’il entre au couvent comme simple frère lai. Martin résistera, maintiendra sa décision et voudra toute sa vier garder une position des plus humbles. A sa mort en 1639, le propre vice roi du Pérou assistera à ses obsèques. Son dossier en vue d’une béatification fut commencé dès 1660 environ. Béatifié en 1836, il fut canonisé en 1962. De très nombreuses églises depuis Les Philippines jusqu’à l’Amérique du Nord lui sont dédiés, en passant bien sûr par l’Espagne.
    Les pays protestants visant à remplacer l’Espagne première puissance maritime et terrestre de l’époque, n’eurent de cesse que de constituer une légende “noire” qui ont occulter la magnifique oeuvre d’évangélisation et d’éducation des plus pauvres de toutes races effectués par de nombreux religieux qui accompagnaient les soldats espagnols… Mais ce n’est ni la première, ni la dernière injustice de “l’histoire officielle”