Le P. Frank Pavone : « Ma journée à Notre Dame »

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Des commentaires et remarques de grande qualité ne cessent de s’accumuler sur le Commencement Address d’Obama. Un discours habile, brillamment construit, mais faux,
captieux et diviseur pour le catholicisme américain – donc révélateur de la manœuvre cousue de fil blanc des stratèges de
l’administration. Ce qui vient de se passer, dimanche 17 mai, à Notre Dame est beaucoup plus qu’un incident ou qu’un
événement médiatique parmi tant d’autres. C’est une date pivot pour le catholicisme aux États-Unis : ce pourrait même être son kairos de ce début de siècle. Ce qui est sûr,
c’est que rien ne sera plus jamais comme avant. Paradoxalement, il faut en remercier Obama et l’impayable P. John Jenkins (photo des deux
complices…)
!
Il m’est humainement impossible de tout traduire de ce que je lis, avec frénésie
,


depuis hier. Mais – à tout Seigneur, tout honneur –, je vous offre déjà
la traduction de la belle réflexion du P. Frank Pavone, directeur national des Priests for Life, qui a, en quelque sorte, sauvé l’honneur de
Notre Dame, en présidant la vraie cérémonie catholique, un peu à la manière de ces premiers chrétiens de Rome, réfugiés
dans les catacombes pour prier le Seigneur, tandis qu’on entendait, au loin, la rumeur des vociférations de la foule massée dans l’arène du Colisée…

Il régnait un calme et un silence inhabituels sur tout le campus de Notre Dame lorsque, avec mes confrères et quelques-uns des futurs diplômés de dernière année, je le
traversai très tôt en ce matin du jour de la cérémonie de remise des diplômes. C’était un calme précédant la tempête de ce que nous savions être une journée historique.
J’ai commencé par un entretien télévisé pour le service national de Foxnews avec le P. Richard McBrien. On nous demanda notre opinion sur la cérémonie de remise des diplômes. Mon message fut le
suivant : chacun peut se figurer les gens dont il contesterait qu’ils puissent s’exprimer lors d’une telle cérémonie : un raciste avoué, un antisémite ou un partisan du terrorisme. Dès lors,
manquer d’objecter à quelqu’un qui n’est pas désireux d’appeler à la fin de l’avortement, c’est manquer de voir que l’avortement est aussi mauvais voire pire que ces autres maux. Il faut en finir
de la banalisation de l’avortement.
En outre, l’université a conféré au Président un doctorat honoris causa en droit [1]. La loi existe pour protéger les droits de l’homme, mais ce président a admis ne pas savoir quand un enfant
devient investi des droits de l’homme. Comment peut-il défendre les droits de l’homme quand il ne sait pas qui les possèdent ?
Après avoir parlé à différents médias, j’ai salué les gens qui se trouvaient sur le campus et qui venaient de tout le pays pour soutenir les courageux étudiants qui boycottaient leur propre
cérémonie et m’avaient invité à diriger une cérémonie alternative.
Après avoir salué et béni les manifestants qui se trouvaient à l’entrée du campus, et concélébré une Messe spéciale pour la Vie, j’ai dirigé la Vigile pour la Vie de la promotion 2009. Nous avons
médité les mystères glorieux du Rosaire, sur la victoire de la vie sur la mort, et sur le fait que Jésus est Roi de toute nation, de tout tribunal, du Congrès et de la Maison Blanche. Tandis que
je donnai à ces étudiants et à leurs familles mes remarques sur ces vérités, l’actuel occupant de la Maison Blanche appelaient les diplômés à « ouvrir leurs esprits et leurs cœurs » dans un
esprit de dialogue.
Pour ce qui est du dialogue avec nos adversaires sur ce problème [de l’avortement], c’est une spécialité des Priests for Life. Je maintiens des relations amicales avec les défenseurs de
l’avortement et ceux qui le pratiquent.  La netteté de nos propres convictions n’est jamais synonyme de mépris, de diabolisation des autres ou de les priver de la parole. Et oui, nous sommes
désireux de collaborer avec les autres de toutes les manières moralement légitimes pour réduire le nombre des avortements.
Mais il y a une omission flagrante dans les propos du Président. Alors qu’il est désireux de dialoguer et de promouvoir l’adoption, il n’a pas manifesté un quelconque désir de protéger l’enfant
dans le ventre de sa mère. Et c’est là le point essentiel du problème. Dans ses propos, il a fait référence à l’arrêt Brown vs. Board of Education de la Cour suprême qui a décrété la ségrégation
hors la loi. Assurément, son appel à l’ouverture d’esprit ne suppose pas d’être ouvert à une remise en question de la question de la ségrégation. La bonne réponse existe. Point.
Ainsi en va-t-il de la protection des enfants à naître. Et alors que la calme descendait de nouveau sur le campus en cette fin de journée, je réfléchissais… L’ouverture d’esprit, sans doute, mais
dans le but de s’approcher résolument de la vérité ! Et n’est-ce pas là ce qui est supposé être le but de toute université catholique ?

[1] En anglais « law degree ». D’où la reprise au début de la phrase suivante de « Law », que nous devons ici traduire par loi.