DiNoia : un Américain dominicain et théologien au Culte divin

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Par décision de ce jour du Souverain Pontif, le dominicain américain JosephGus » est son surnom familier) DiNoia est, comme on s’y attendait depuis plusieurs
semaines, nommé secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements (en remplacement de Mgr Ranjith, promu ce même jour archevêque de Colombo), et élevé à la
dignité archiépiscopale.
C’est une décision vraiment personnelle de Benoît XVI qui entend s’entourer de personnes qu’il connaît bien et dont il sait la fidélité (voir photo
ci-dessous)
. Le nouveau secrétaire est né dans le Bronx, à New York, en 1943 et fut ordonné prêtre en 1970. Ce théologien réputé (voyez ici) a servi la Conférence des évêques américains pendant de longues années en qualité de
directeur pour les questions doctrinales. Lors de son passage en Californie, en 1998, celui qui était alors le cardinal-préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Joseph
Ratzinger
, avait tenu à s’entretenir avec ce dominicain d’excellente réputation intellectuelle. Trois ans plus tard, il l’appelait auprès de lui au Saint Office pour devenir le
sous-secrétaire (n° 3) du premier des dicastères de la Curie.
J’avais pu lire, en décembre 2003, la très bonne et très intelligente analyse qu’il avait faite du film La Passion du Christ de Mel Gibson, que j’avais reproduite dans mon bouquin
La Passion de Mel Gibson de A à Z (publié en février 2004). Vous pourrez, à votre tour, la lire ici.
J’aurai certainement d’autres occasions de revenir sur cette nomination d’un grand théologien au secrétariat d’un dicastère très cher à Benoît XVI, et passablement “ratzingérien”…
Le surprenant de l’affaire, ce n’est pas l’élévation à la dignité archiépiscopale du R.P. DiNoia, mais le siège dont il est investi (on dit aujourd’hui “titulaire” ; il y a peu on
préférait l’expression “in partibus infidelium”), car il s’agit d’un diocèse disparu, mais d’un diocèse… américain. Un peu d’histoire.
Le vicariat apostolique du Territoire de l’Orégon (au nord-ouest des États-Unis) fut érigé en décembre 1843 et dépendait alors de l’évêché de St. Louis. C’est un Français du Québec, le P.
François-Xavier Blanchet, né en 1795, qui devint vicaire apostolique et évêque in partibus (titulaire) de Philadelphie en Lydie. Trois ans plus tard, ce vaste territoire était
découpé en trois diocèses : Walla Walla (supprimé en 1850 pour laisser la place au diocèse de Nesqually qui deviendra, en 1951, l’archidiocèse de Seattle, dans l’État de Washington), Vancouver
Island (qui passa au Canada) et Oregon City qui devint archidiocèse en 1850 et qui, après avoir été en partie démembré (vicariat apostolique de l’Idaho et du Montana, diocèse de Baker City), est
devenu en 1928 l’archidiocèse de Portland en Orégon. Mgr Blanchet fut nommé évêque d’Oregon City en 1846, puis, tout en conservant ce premier siège, évêque de Walla Walla en 1850. La même
année, l’évêché d’Oregon City fut elevé au rang d’archiocèse dont Mgr Blanchet devint le premier archevêque (il y en aura trois autres jusqu’en 1928). Il démissionna du siège de Walla
Walla en 1853 et prit sa retraite comme archevêque d’Oregon City en 1881, à 86 ans ! Il mourut trois ans plus tard.