Élection d’Obama : Mgr Burke critique l’USCCB et son agence d’information

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Mgr Raymond L. Burke, archevêque émérite de St. Louis (Missouri) et préfet, depuis juin dernier, du Tribunal suprême de la signature apostolique au Saint Siège, ne mâche pas ses
mots : si une majorité de catholiques américains a voté pour Barack Hussein Obama, c’est en partie la faute de la Conférence des évêques de son pays (United States Conference of
Catholic Bishops
). Il vient de le déclarer sans détour à Hilary White, la correspondante à Rome du magnifique site pro-vie américain LifeSiteNews, selon ce qu’on peut lire dans un article daté d’hier.
L’archevêque Burke, tout en se félicitant qu’un nombre grandissant d’évêques américains ait élevé la voix pour signaler aux fidèles que voter pour Obama n’était pas possible pour
des catholiques, reconnaît que nombre de ses confrères dans l’épiscopat ne l’ont pas fait… Raymond Arroyo, le directeur de l’information de Eternal World Television Network, avait
cru pouvoir estimer, quelques jours après l’élection du 4 novembre, qu’au moins la moitié des évêques américains avait voté pour Obama !
Mgr Burke dénonce aussi, dans cet entretien, Forming Consciences for Faithful Citizenship, le document d’orientation destiné aux fidèles et publié par l’USCCB en
prévision des élections de 2008. Ce document, estime Mgr Burke, « a conduit à la confusion », et l’on sait qu’il fut très controversé dans les secteurs les plus orthodoxes du
catholicisme américain. Il dit en effet explicitement que, dans certaines circonstances, un catholique peut, en bonne conscience, voter pour un candidat qui soutient l’avortement s’il y a «
d’autres graves raisons »
de voter pour lui et pourvu que l’électeur n’ait pas l’intention de soutenir la position pro-avortement du candidat. Certes, le document dit bien que c’est un mal
de supprimer une vie innocente et sans défense, mais qu’il y a d’autres maux dignes d’une considération équivalente. Ces derniers « ne le sont pas » pour Mgr Burke : « Les
problèmes économiques ou l’opposition à la guerre en Irak, ou tout ce qu’on veut d’autre, ne sont pas du même niveau que quelque chose qui est partout et toujours un mal, en clair la suppression
d’une vie humaine innocente et sans défense »
. Pour l’archevêque émérite de St. Louis, ce document épiscopal a effectivement contribué à l’élection d’Obama.
Ce n’est pas non plus sans raison que, pour conclure son entretien avec la journaliste de LifeSiteNews, l’archevêque dénonce des méfaits de l’agence d’information officielle de
l’USCCB : le Catholic News Service (CNS), pour sa position particulièrement “timide” sur l’opposition absolue du nouveau Président à la morale traditionnelle. « Les
évêques doivent jeter un œil sur CNS, ils doivent vérifier la manière dont tous ces problèmes y sont traités, et il doivent, selon moi, réorienter [CNS] »
, un avis partager par
beaucoup de catholiques aux États-Unis, notamment par les militants pro-vie.

3 comments

  1. Marie

    Merci à Mgr Burke pour sa fermeté et sa clarté.
    Je me permets cependant de regretter qu’en bien des bonnes paroisses américaines, beaucoup de prêtres aient quasi ouvertement donné des consignes de votes pour le candidat “conservateur” – au lieu de dire, ce qui à mon sens eût été plus juste et plus efficace, que ni l’un ni l’autre des candidats n’avait des positions acceptables pour un catholique, quoique très clairement celles de l’un des deux étaient de beaucoup plus inacceptables que celles de l’autre, la responsabilité du meurtre d’innocents étrangers étant malgré toute son horreur moins gravement criminelle que celle du meurtre d’enfants incapables de se défendre de la main de leur propre mère.
    Le vote pour l’autre candidat ne pouvait en effet se justifier que dans cette optique d’empêcher un mal encore plus effroyable.
    Et cela, au risque de déplaire, je suis loin d’être sûre que cela ait été exprimé avec toute la clarté nécessaire. Et les vrais catholiques ont manqué à mon sens cette occasion de peser sur la campagne, et sur le moins mauvais candidat.