Les évêques américains soutiennent tous la cause en canonisation de Dorothy Day

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C’est à l’unanimité que les évêques américains, lors de leur assemblée plénière d’automne de Baltimore (Maryland), la semaine passée, ont soutenu le poursuite du procès en canonisation de Dorothy Day, un procès ouvert en 2000 par l’archevêque de New York, le cardinal John O’Connor, et résolument soutenu par son successeur aujourd’hui, le cardinal Timothy Dolan. « Elle est une sainte pour notre temps » a déclaré le cardinal Dolan : « Elle-même l’a reconnu la première : son immoralité sexuelle, sa quête religieuse, sa grossesse hors mariage, son recours à l’avortement. Mais sa vie, évidemment, comme Saül sur le chemin de Damas, a radicalement changé quand elle a connu le Christ et son Église ».

Dans un procès en canonisation, l’ordinaire du lieu quand il est archevêque doit consulter ses suffragants pour savoir s’il y a lieu de le poursuivre. Le cardinal Dolan l’a fait, mais il a souhaité aussi poser la question à tous ses confrères dans l’épiscopat réunis en assemblée plénière. Ils ont unanimement opiné pour qu’on poursuive le procès.

La servante de Dieu Dorothy Day et la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta

Dorothy Day fut une personnalité exceptionnelle sans son pays, pour l’Église aux États-Unis et pour l’Église universelle. Née à Brooklyn (New York) en 1897, sa famille partit pour la Californie où elle fut baptisée dans l’Église épiscopalienne (anglicane). La famille revint s’établir à Chicago dans l’Illinois puis Dorothy Day partit s’installer à New York pour travailler comme journaliste. Elle devint une ardente militante politique et sociale, une progressiste très active dans le mouvement pacifiste et le droit de vote des femmes, et fréquentaient les cercles littéraires et artistiques. Elle mena en ces années-là une vie morale et sexuelle désordonnée qui la mena à avorter d’un enfant conçu hors mariage et à tenter de se suicider. C’est la naissance de sa fille Tamar, en 1926, qui la mena à une profonde conversion et vers l’Église catholique. En 1932, la Providence lui fit rencontrer un Français expatrié aux États-Unis, Aristide Pierre (Peter) Maurin, un militant catholique. Sous son inspiration, ils fondèrent ensemble en 1933 le mensuel The Catholic Worker et le Catholic Worker Movement destiné à promouvoir et à appliquer la doctrine sociale de l’Église, puis des « maisons d’hospitalité » (House of Hospitality) pour les plus pauvres, les sans abris, les marginaux et les laissés-pour-compte de New York. En 1941, on comptait déjà plus d’une trentaine de ces communautés (plus de cent de nos jours). Passant chez certains pour “progressiste” voire “communiste” – elle déclara en substance : quand on nourrit les pauvres on est un saint, c’est quand on les affame qu’on est un communiste – Dorothy Day était en fait “distributiste” – cette application de la Doctrine sociale de l’Église promue par Chesterton et Belloc – et elle demeurera toute sa vie attachée à l’orthodoxie morale catholique. La servante de Dieu est décédée le 29 novembre 1980 à New York.

Un film a été tourné aux États-Unis en 1996 par Michael Ray Rhodes, racontant sa vie : Dorothy Day : Entertaining Angels : The Dorothy Day Story, dans lequel son personnage est incarnée par l’actrice Moira Kelly tandis que celui de Peter Maurin est joué par Martin Sheen. En voici la bande annonce…

 

 

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