Mgr Chaput et la question de la communion des politiciens catholiques

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Dans un très, très long entretien accordé au (bon) journaliste américain John Allen pour le (très mauvais) National Catholic Reporter, le nouvel archevêque de Philadelphie aborde toute une série de sujets d’intérêt, et notamment celui du problème, si souvent soulevé, de la réception de la communion sacramentelle par des politiciens catholiques qui ne sont pas fidèles à l’enseignement de l’Église. Quelques remarques préliminaires. L’entretien est daté du 19 juillet, c’est-à-dire du jour de la nomination officielle de Mgr Chaput. S’il a accordé par anticipationcet entretien à Allen, c’était à la condition dirimante que le journaliste ne le publie pas avant l’annonce officielle. Allen a tenu sa parole… mais pas son journal qui a annoncé la nomination de Mgr Chaput au moins la veille. Curieux. L’entretien révèle que l’archevêque fut averti par téléphone de sa nomination à Philadelphie dès le 5 juillet au matin par le nonce aux États-Unis, ce qui explique pourquoi il se trouvait en cette ville le jour de l’annonce officielle par Rome et qu’il a pu y tenir la conférence de presse que j’ai précédemment évoquée dans ce blogue. Mais voici la réponse de Mgr Chaput à la question de John Allen sur le refus de la communion sacramentelle aux politiciens catholiques dits « pro-choix » :

  • « J’estime que les gens qui prennent publiquement des décisions opposées à l’Évangile de Jésus-Christ, dans les questions de foi et de morale, devraient s’interdire de recevoir la communion. Ils ont brisé la communion avec l’Église, alors que recevoir la communion signifie que vous êtes en communion avec l’Église. Si vous n’y êtes pas, c’est une hypocrisie que de recevoir la communion.
  • Je pense que la meilleure manière de traiter de cette affaire, c’est la manière dont évêques des États-Unis ont décidé ensemble de la traiter, c’est-à-dire d’abord et avant tout de discuter avec ces personnes qui prennent des décisions contraires à l’enseignement de l’Église. S’ils comprennent pleinement l’enseignement de l’Église et s’ils continuent à agir à l’opposée, nous devrons alors leur demander de s’abstenir de recevoir la communion.
  • S’ils décident avec pertinacité de le faire de telle manière que cela crée un scandale, ce qui signifie entraîner d’autres personnes dans le même type de péché, alors je crois qu’il est nécessaire que l’évêque s’exprime publiquement ».

Ce que les évêques américains ont « décidé ensemble » n’est peut-être pas ce qu’ils pratiquent individuellement. Et l’on attend de plusieurs évêques qu’ils s’expriment « publiquement » sur les scandales provoqués par tant de politiciens catholiques…

4 comments

  1. soha

    quand on fricote avec l’ONU au plus haut niveau sans “crier sur les toits” ce que Notre Seigneur nous dit tout bas…quand on accord e tout bas (certains confessionnaux) ce qu’on proclame tout haut, quand on dialogue tous azimuts etc etc…on n’a guère d’autre solution que le “dialogue individuel ” décidé par position “collectiv(ist)e”

    pendant ce temps les exemples donnés entraînent les ruines humaines , naturelles et surnaturelles….. chez les plus humbles, les plus obscurs, les plus fragiles…

    “chez nous” qui avons eu des catholiques comme chefs d’état ( Pétain, De Gaulle, Pompidou, Giscard, Chirac, Charkoko…sans parler de l’in extremis extrémisé Mythe errant) qu’est-ce que cela a donné …

    Il est à craindre que l’absence de considérations “institutionnelles” (1) et l’individualisme personnaliste de la perspective ne nous avancent guère.

    Un ruiné qui ne se relève toujours pas, malgré les grâces de Dieu

    (1) les conséquences désastreuses d’un siècle et demi de ralliements désastreux..

  2. Struyven

    Il est un fait que les politiciens ou tout autre, qui occupe une position déterminante dans les lois d’un pays, quel qu’il soit, s’il s’oppose à la Parole de Dieu “Tu ne tueras point” en acceptant la loi acceptant l’avortement, se met hors Eglise, et hors Communion.
    Ceci n’est pas valable seulement pour les personnes précitées. C’est valable pour tout chrétien en état de “péché mortel” on l’oublie trops souvent.
    La communion au corps et au sang du Christ est une grande grâce, reçue le coeur pur et contrit. Mais peut-être également notre “condamnation” dans le cas contraire. Le sacrement de réconciliation existe justement afin que celui qui a “tombé” se relève avec la ferme intention de changer sa vie, ses actes, ses propos, etc…à l’image du Christ.
    Le catéchisme de l’Eglise catholique est une mine d’or pour savoir où l’on se positionne tous. Ainsi que VERITATIS SPLENDOR qui rentre de plein pied dans notre vie de tous les jours. A lire…..

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