Our Sunday Visitor : premier centenaire d’un grand hebdomadaire catholique

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À une époque où l’on ne parlait pas encore de « nouvelle évangélisation », mais d’évangélisation et de défense de la foi catholique, c’est à l’initiative d’un simple curé d’une modeste bourgade de l’Indiana qu’allait naître le plus grand journal catholique de langue anglaise.

L’abbé John F. Noll, né dans une famille de dix-sept enfants de l’Indiana le 25 janvier 1875, fut ordonné prêtre pour le diocèse de Fort Wayne (Indiana) le 4 juin 1898. Il en devint l’évêque le 12 mai 1924, puis fut élevé à titre personnel l’archiépiscopat par Pie XII le 2 septembre 1953, et décéda le 31 juillet 1956 dans sa 82ème année.

La fin du XIXe siècle fut marqué aux États-Unis par un intense anticatholicisme, un phénomène qui n’était pas nouveau mais qui était aggravé par les progrès de l’imprimerie permettant aux sectes protestantes, si nombreuses aux États-Unis, à déverser un flot de littérature anticatholique encourageant les préjugés chez les protestants et ébranlant la foi des catholiques. John F. Noll écrira :

  • « Évidemment, puisque nous possédons la vérité, et surtout, parce que nous avons la mission d’être les instituteurs dans l’école mondiale du Christ, nous avons le devoir d’apporter la foi catholique à ceux qui ne sont pas catholiques. Notre devoir est de prêcher l’Évangile à toute créature. Ce commandement est plus impératif de nos jours qu’autrefois parce que toutes sortes d’officines s’agitent pour désinformer les gens sur la pratique et les enseignements catholiques. Plus l’ennemi travaille avec acharnement, et plus nous devons nous efforcer d’abolir ses efforts ».

Pour contrer ces efforts, il eut l’idée d’un journal de défense et de propagande catholiques. Ce sera l’hebdomadaire Our Sunday Visitor, dont le premier numéro, tiré à 35 000 exemplaires, paraîtra le 5 mai 1912. Vendu 1 cent à la sortie des églises, proposé aux curés avec de bonnes remises, ce journal connaîtra un progrès foudroyant : 160 000 exemplaires dès la première année, 400 000 exemplaires en 1914, 500 000 exemplaires juste après la Première Guerre mondiale…

Le journal se caractérisait par une fermeté doctrinale et une affirmation de la vérité catholique aux antipodes de tant de robinets d’eau tiède catholique que l’on constate encore de nos jours… Dans les années 1930, le journal s’affirme comme un recours contre la sécularisation de la société, dans les années 1940 contre le contrôle des naissances, contre le divorce, contre l’immoralité, dans les années de l’après Seconde Guerre mondiale contre le communisme – donc très proche du projet de L’Homme Nouveau qui naît en 1946.

Victime d’un accident vasculaire cérébral an 1954, celui qui était devenu archevêque dut cesser de diriger personnellement le journal mais sa croissance continua : en 1961 le tirage dépassait le million d’exemplaires… Chaque cent gagné était réinvesti pour l’Église : on doit à Mgr Noll le financement de congrégations religieuses, d’écoles, d’œuvres de charité.

« Servir l’Église » c’était, et c’est toujours, la devise de ce journal qui poursuit son combat. Le journal, et le groupe d’édition qu’il a constitué, emploie plus de 300 personnes et est toujours diffusé dans plus de 6 000 paroisses.

Heureux centenaire Our Sunday Visitor !

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