ObamaCare : une vraie réforme doit protéger la vie, non la menacer, rappellent les évêques

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Tout évêque catholique possède un munus docendi, un devoir d’enseigner, sur le diocèse (ou l’administration particulière) que le Pape lui a confié. Il est un pédagogue et chacun sait
qu’en matière de pédagogie, la répétition est nécessaire, car entre le risque d’être importun à force de répéter et celui de n’être pas entendu, il n’y a pas à balancer.
Aujourd’hui, Obama a convoqué des représentants des deux chambres pour une discussion sur sa “synthèse”, une convocation très médiatisée et une discussion qui devrait
être télévisée. M’est avis qu’il n’en sortira pas de “motion de synthèse” de la “synthèse”, mais enfin il est vrai que je suis assez mal embouché sur cette affaire.
Les responsables des commissions pro-vie, justice et développement humain, et migration de la Conférence épiscopale, ont fait parvenir hier une nouvelle lettre au chef de la majorité
Démocrate du Sénat, Harry Reid. Ils n’y disent rien de nouveau qu’on ne trouve déjà dans les multiples lettres et déclarations qu’ils ont produites depuis plus d’un an… Ils ne répondent
pas à la proposition de “synthèse” d’Obama – signe qu’ils ne l’approuvent pas. Ils se contentent de dire et de redire ce qu’ils ont toujours déclaré :
« Il est temps de laisser de côté les divisions partisanes et les pressions des intérêts particuliers pour trouver les moyens de voter une authentique réforme. Nous encourageons
l’administration et le Congrès à travailler dune manière bipartisane et qui soit marquée par le courage, la vision et le sens du gouvernement.
Comme pasteurs et enseignants, nous croyons 1 qu’une authentique loi sur la santé doit protéger la vie et la dignité de l’homme de la conception à la mort naturelle : elle ne doit pas
les menacer, tout particulièrement pour ceux qui n’ont pas de voix et qui sont vulnérables. Nous croyons qu’une loi sur la santé doit protéger les consciences de ceux qui fournissent des soins,
des contribuables, de ceux qui contractent une assurance-santé et des autres : elles ne doit pas les détruire.
Nous croyons qu’une couverture-santé universelle devrait être vraiment universelle et ne pas être refusée à ceux qui en ont besoin en raison de leur état, de leur âge, de là d’où ils viennent ou
de la date à laquelle ils sont arrivés 2. Fournir des soins abordables et accessibles reflétant ces principes fondamentaux constitue un bien général, un impératif moral et une urgente
priorité nationale.
Nous espérons et nous prions pour que le Congrès et le pays se mettent d’accord sur une authentique réforme de la santé qui protège la vie, la dignité, les consciences et la santé de tous.
»

L’Église catholique sera-t-elle entendue ?

1. Il ne s’agit pas ici d’une vague croyance ou d’une opinion : l’anglais to believe traduit une foi forte.
2. Ce n’est pas un des moindre scandale de la couverture-santé aujourd’hui, que les immigrés légaux souscrivant un plan d’assurance-santé ne peuvent pas en bénéficier avant trois ans de
résidence…