Lettre ouverte de Human Life International aux évêques anglicans

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Beaucoup de lecteurs de ce blogue doivent désormais mieux connaître le P. Thomas J. Euteneuer qui préside le très bel
apostolat
Human Life International que j’ai maintes fois évoqué ici. Le P. Euteneuer vient d’adresser une “lettre ouverte” aux évêques anglicans du monde entier réunis à
Cantorbéry à l’occasion de la XIVe Conférence de Lambeth qui se réunit cette année sur fond de crise, de scissions annoncées et de schisme quasiment accompli. Ceux que la chose intéresse – et
elle le devrait – pourront aller voir
ici
le long article que j’ai consacré hier à cette Conférence de Lamberth sur le blogue de L’Homme Nouveau. Je n’y reviens donc
pas.
Le P. Euteneuer a donc fait paraître cette lettre ouverte dans sa “newsletter” du 18 juillet. Je crois très utile de vous la faire lire en traduction française. C’est rude, mais c’est
juste : c’est donc charitable.

« Lors de la Conférence de Lambeth de 1908, vos frères d’une époque plus sensée, avaient posé une condamnation non équivoque des maux de la contraception, de l’avortement et d’autres immoralités
dégradantes. Un siècle plus tard, et en net contraste, un quart des Églises de la Communion anglicane boycottent la Conférence de Lambeth à cause du militantisme homosexuel dans vos rangs, de
votre capitulation devant toutes les formes de politiquement correct, de la chute du nombre de vos fidèles, de l’état apocalyptique de la discipline anglicane dans toute votre église. Cette
situation contradictoire est entièrement votre œuvre – elle n’est pas celle du Saint Esprit – et il n’y a qu’une seule réponse appropriée à apporter à cette situation désespérée, à savoir la
repentance et un retour à la vraie et pleine communion avec l’Église dont vous avez divorcé à cause de votre fondateur.
Avec tous le respect qu’on doit aux personnes et à leurs motivations, les annales historiques de la capitulation doctrinale de l’anglicanisme ont préparé le chemin des problèmes que vous
traversez, des problèmes qui n’ont cessé de s’aggraver au fil du temps. L’Église anglicane a été créée par un acte de rupture d’unité avec l’Église que le Christ a fondée et avec sa succession
apostolique en 1534. Elle a capitulé sur la question fondamentale du divorce et du remariage en 1536 ; elle a dirigé le martyre démesuré de milliers de personnes entre 1534 et 1729 ; elle a rompu
un consensus multiséculaire chez les chrétiens quant à la contraception en 1931 ; elle a franchi un pas sans précédent quant à l’ordination sacerdotale des femmes dès 1944 ;  elle s’est
effondrée sur l’avortement en 1967 ; elle a permis l’ordination épiscopale des femmes en 1989 ;  et elle a soutenu le clergé ouvertement homosexuel en 2003.
Et pour le dire abruptement, la semaine dernière même, à Londres, deux prêtres anglicans ont été “mariés” par un troisième prêtre anglican lors d’une cérémonie publique qui s’est déroulée sur le
seuil même de votre Conférence – afin de poser un acte public – et à aucun de ces trois, n’a été exigé de compte pour ce péché. Comment cette Église peut-elle être qualifiée de “communion” quand
il n’y a rien d’autre que l’esprit du temps – de tous les temps ? En dressant cette liste d’anomalies je n’ai pas d’autre intention que de remarquer qu’il est temps de cesser de jouer à l’Église
et de commencer à revenir à l’Église.
L’état actuel de déclin laisse peu d’espoir à ce qui survit de votre Église  comme corps reconnu de croyants chrétiens. Une partie non négligeable de vos propres évêques en a tellement ras
le bol de cette trahison de la doctrine comme de la discipline qu’elle tient une conférence parallèle à Jérusalem alors que vous vous réunissez dans les salles guindées de Lambeth [1]. Cette
fissure va laisser de manière permanente la Communion anglicane endommagée et démoralisée. Et il n’y a pas que cela : car le contraste entre le déclin accéléré de l’Église anglicane et la fougue
de l’Église catholique n’est rien moins qu’étonnant. Alors que le pape Benoît XVI est à Sydney à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse pour évangéliser le futur, les Anglicans se
demandent s’ils ont encore un futur.
Alors que vous vous réunissez pour cette XIVe Conférence de Lambeth, je vous demande de faire face à la vérité de cet épouvantable désordre où se trouve votre Église et d’y répondre en
authentiques hommes et femmes du Christ, sans craindre d’affronter la décadence morale et le désordre doctrinal chez vous. La barque anglicane est en train de sombrer, non pas parce que Dieu vous
a abandonné, mais parce qu’il y a près de cinq cents ans le roi Henri VIII en a coupé les amarres vous laissant dans une mer démontée par la confusion, autrement dit : le respect humain. Nous
autres, catholiques romains, nous nous tenons sur le Roc de Pierre et nous sommes prêts à vous accueillir de nouveau et avec générosité dans la barque de Pierre, convaincus que votre retour à la
maison renforcera considérablement le Corps du Christ pour l’évangélisation du monde. Aux États-Unis, nous comptons déjà cinq [2] paroisses d’usage anglican : le précédent existe donc pour
recevoir les anglicans dans l’authentique et pleine communion de la seule Église du Christ ! Aucun doute : l’Église romaine a suffisamment de gilets de sauvetage pour tous nos frères séparés
alors même que vous êtes finalement dans l’incapacité de vous tenir à distance des assauts des vents et de l’océan.

[1] En fait, le Palais de Lambeth, résidence de l’archevêque de Cantorbéry, se trouve à Londres. Les travaux de la Conférence de Lambeth se déroulent à l’Université du Kent à Cantorbéry, donc au
sud-est de Londres et tout près de Douvres.
[2] On en compte désormais six avec la toute nouvelle mission catholique de St. Anselm of Canterbury (Corpus Christi, Texas).

2 comments

  1. Alméras Marie-Françoise

    Non, ce n’est pas rude ! C’est clair, net, précis ! Il a parfaitement raison de dénoncer tous ces scandales ! Chapeau ! Quand on prêche la Vérité, il ne faut pas avoir la peur au ventre !