L’histoire de Simon Bruté de Rémur racontée par l’archevêque Buechlein d’Indianapolis (I)

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S.E. Mgr Daniel M. Buechlein, archevêque d’Indianapolis (Indiana)

 

 

 

I.

 

 

Un des secrets de la sainteté, qui eut un si puissant impact sur le catholicisme en Indiana, peut se découvrir dans la vie et le
ministère de notre premier évêque : Simon Bruté de Rémur.

Intellectuellement doué, il fut l’un des premiers théologiens d’importance à guider les dirigeants de l’Église aux États-Unis. Ce fut
une âme tourmentée tout au long des années de discernement de sa vocation et il continua à se battre pendant celles où il enseigna aux États-Unis. Il se colleta au désir d’être missionnaire en
Extrême-Orient. On peut dire qu’il ne trouva la paix de l’âme qu’après être devenu l’évêque missionnaire fondateur du territoire qui recouvrait alors l’Indiana et la partie orientale de
l’Illinois.


Pour ma série d’articles, au cours de cet été 2005, j’ai l’intention de me concentrer sur la vie et le ministère de notre premier
évêque qui naquit le 20 mars 1779 et décéda le 26 juin 1838. Des aperçus sur sa vie et son ministère pourront servir de cadre à une réflexion sur ce que signifient ses vertus pour nous
catholiques : quelque 160 ans plus tard, je crois sincèrement qu’il demeure une bénédiction et une grâce pour notre Église locale.

Beaucoup d’entre vous savent qu’en raison de cette conviction, j’ai amorcé les premières étapes de la cause en canonisation de
l’évêque Bruté. Vous savez aussi que j’ai placé la maison de formation de nos séminaristes du Marian College sous son patronage.

J’espère structurer mes réflexions à partie des étapes de la vie de notre évêque fondateur. Provisoirement, je vois les articles de
cette série se développer comme suit :

  • 1. Une enfance marquée par la vie au cours de la Révolution française. Gabriel Simon Bruté naquit dans
    l’aisance mais déjà, comme enfant, il fut contraint de vivre sa foi catholique avec une discrétion extraordinaire.
  • 2. L’arrière-plan des études universitaires et médicales de Gabriel Simon. Ce fut un étudiant hors du commun et un médecin
    insigne.
  • 3. Sa vocation sacerdotale et son aspiration à être missionnaire. Ce n’est que sur le tard que Gabriel Simon Bruté
    de Rémur
    discerna sa vocation au sacerdoce en dépit des fortes et bruyantes oppositions de sa mère.
  • 4. Missionnaire aux États-Unis et ministère sacerdotal dans le Maryland. L’abbé Bruté se colleta au désir
    d’être missionnaire en Extrême-Orient à l’instar de saint François-Xavier, mais comme prêtre de Saint-Sulpice. Il se retrouva aux États-Unis. Le cœur de son ministère fut
    d’être théologie et enseignant.
  • 5. Son ministère à Emmitsburg (Maryland). Au cours de son séjour à Mount St. Mary à Emmitsburg, la
    spiritualité et la sainteté de l’abbé Bruté attirèrent l’attention d’Elizabeth Ann Seton qui sera plus tard canonisée pour sa sainteté et sa charité. L’abbé
    Bruté était devenu son directeur spirituel.
  • 6. Fondamentalement, un pasteur. Tout en étant hautement respecté comme théologien par les premiers évêques des
    États-Unis, on trouve chez lui le ministre des sacrements, la sagesse pastorale et la direction spirituelle.
  • 7. La situation dans l’Église en Indiana en 1834. Sur le gros million de personnes qui vivaient en Indiana et dans
    l’Illinois, on comptait environ 25 000 catholiques disséminés sur un énorme territoire. C’était à Chicago qu’ils étaient les plus nombreux. Les conditions étaient rudimentaires. Les rivières
    Ohio et Wabash constituaient les principales artères du commerce. Les premiers missionnaires sillonnèrent l’essentiel de ce territoire à dos de cheval.
  • 8. Évêque de Vincennes et 1834. Malgré ses dénégations et son énergie à refuser sa nomination comme évêque de Vincennes,
    en raison de ce qu’il estimait être ses grandes limites pastorale, spirituelle et physique, Simon Bruté fut nommé évêque de Vincennes en 1834. Il ne disposait que de deux
    prêtre – dont l’un prêté – pour l’aider à fonder son diocèse.
  • 9. Cinq années de ministère efficace. Comme nous allons le voir, notre premier évêque missionnaire trouva la paix de l’âme
    et obtint des résultats extraordinaires en cinq courtes années.
  • 10. La pauvreté et la sainteté de l’évêque Bruté. Un des ses amis, l’évêque Benoît Flaget de Bardstown
    déclara : « Un missionnaire américain doit savoir se nourrir de rien et le cuisiner lui-même. »
  • 11. La maladie et la mort d’un évêque simple. L’évêque Bruté fut inhumé dans des vêtements empruntés. Ses
    derniers mots furent ceux de Jésus sur la Croix : Sitio, j’ai soif.
  • 12. Le procès de la cause en canonisation. Le 24 décembre 1891, alors qu’il visitait Vincennes, le cardinal
    Gibbon déclara : « Dignes citoyens de Vincennes, vous n’avez pas besoin de partir en pèlerinage pour visiter les tombes des saints. Il en est un qui repose parmi vous, je
    veux nommer le saint fondateur de ce diocèse : Mgr Simon Bruté. »

Les sources que j’ai utilisées pour la vie de l’évêque Bruté sont :
Simon Bruté de Rémur par Sœur Mary Salesia Godecker, OSB, Ph.D., publié par St. Meinrad Historical Essays,
St. Meinrad, Indiana, 1931.

The Reed and the Roc : Portrait of Simon Bruté par Theodore Maynard, publié par Longmans, Green & Co.,
New York, 1842.

Frontier Bishop : The Life of Bishop Simon Bruté par James Roosevelt Balley [archevêque de Baltimore de
1870 à 1877], édité par Albert J. Nevins, M.M., publié par Our Sunday Visitor, Inc., Huntington, Indiana, 1971.

 

 

Demain :

II. Simon Bruté endure une tragédie précoce et l’anti-catholicisme

 

 

© Most Rev. Daniel M. Buechlein, arhbishop of Indianapolis (Indiana)

© Daniel Hamiche pour la traduction française.