Cardinal George : « Roe vs Wade fut une mauvaise loi », mais une pire s’annonce…

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La session d’automne de l’assemblée plénière de l’épiscopat américain vient, le 12 novembre, de s’achever à
Baltimore (Maryland) – ville où fut créé le premier évêché des jeunes États-Unis. Une déclaration d’importance et solennelle a été faite ce jour-là par le cardinal Francis George,
président de la Conférence épiscopale, et archevêque de Chicago. Cette déclaration a fait l’objet d’un ample débat parmi les évêques. Elle a été rédigée avec soin et approuvée à l’unanimité. Elle
définit clairement la “ligne jaune” que l’Église catholique aux États-Unis signale au nouvel exécutif et au nouveau Congrès comme ne devant pas être franchie. Je ne ferai pas d’autres
commentaires, sinon que l’Église aux États-Unis s’apprête à beaucoup souffrir. Peut-être est-ce là un instrument de la « purification » à laquelle Benoît XVI l’appelait en avril dernier…
Il semble assez évident que l’on s’achemine là-bas vers une situation “à l’espagnole”. Nos prières pour nos frères catholiques américains sont plus que jamais requises.

Déclaration du président de la Conférence épiscopale des États-Unis

« Si le Seigneur ne bâtit pas la maison, en vain travaillent ceux qui la bâtissent;
si le Seigneur ne garde pas la cité, en vain la sentinelle veille à ses portes. » (Ps 117,
1)

Les évêques de l’Église catholique aux États-Unis accueillent ce moment de transition historique et espèrent pouvoir travailler avec le Président élu Obama et les membres du nouveau Congrès pour
le bien commun de tous. En raison de l’histoire de l’Église et de l’étendue de ses ministères dans ce pays, nous voulons continuer à œuvrer pour la justice sociale et la chance pour tous ; nous
voulons poursuivre nos efforts pour la réforme des lois touchant à l’immigration et à la situation des sans papiers ; nous voulons continuer à fournir à tous une meilleure éducation et des soins
médicaux suffisants, tout particulièrement aux femmes et aux enfants ; nous voulons travailler à la garantie de la liberté religieuse et à promouvoir la paix chez nous et à l’étranger. L’Église
est résolue à faire le bien et continuera à coopérer avec joie avec le gouvernement et tous ceux qui travaillent au bien.
Le bien fondamental, c’est la vie elle-même, ce don de Dieu et de nos parents. Le bon État protège la vie de tous. La protection légale pour ces membres de la famille humaine qui attendent de
naître dans notre pays, a été supprimée quand la Cour suprême prit son arrêt Roe contre Wade en 1973. Ce fut une mauvaise loi. Le danger que les évêques constatent maintenant c’est que la
mauvaise décision d’un tribunal pourra être consacrée dans une mauvaise loi encore plus extrémiste que la décision même de la Cour suprême en 1973.
Au cours de la dernière législature, la Loi sur la Liberté de Choix [Freedom of Choice Act] (FOCA) a été déposée. Elle pourrait, si elle était votée aujourd’hui dans sa forme actuelle,
mettre hors là loi toute « immixtion » dans l’obtention de l’avortement à la demande.   Elle priverait le peuple américain, dans chacun de ses cinquante États, de la liberté dont il
dispose aujourd’hui d’édicter de modestes limites et réglementations à l’industrie de l’avortement. La FOCA obligerait tous les Américains à financer et à promouvoir l’avortement avec l’argent de
leurs impôts. Elle contrecarrerait tout efforts sincères du gouvernement et des autres personnes de bonne volonté de réduire le nombre des avortements dans notre pays.
La notification parentale et les précautions pour que le consentement soit informé seraient hors la loi, comme le seraient les lois interdisant des procédures comme l’avortement par naissance
partielle ou celle qui protège un enfant né vivant des suites d’un avortement raté. Les cliniques d’avortement seraient soustraites à la réglementation. L’amendement Hyde restreignant le
financement fédéral de l’avortement serait abrogé. La FOCA aurait des conséquences mortifères pour la vie humaine prénatale.
La FOCA aurait un effet tout aussi destructeur sur la liberté de conscience des médecins, des infirmières et de tous les personnels de santé dont les convictions personnelles leur interdisent de
coopérer à l’assassinat privé des enfants à naître. Elle menacerait les institutions catholiques de santé et Catholic Charities. Ce serait une loi mauvaise qui diviserait davantage notre pays, et
l’Église sera résolue à s’opposer à ce mal.
Sur cette affaire, celle de la protection légale des enfants à naître, les évêques ont le même avis, comme les catholiques et les autres personnes de bonne volonté. Ils sont aussi des pasteurs
qui ont entendu des femmes dont la vie a été amoindrie parce qu’elles ont cru n’avoir d’autre choix que d’avorter d’un bébé. L’avortement est une procédure médicale qui tue, et ses conséquences
psychologiques et spirituelles sont inscrits dans la douleur et la dépression de tant de femmes et d’hommes. Les évêques ont de la suite dans les idées parce qu’ils sont d’abord sincères et
dévoués.
La récente élection s’est jouée sur l’emprise de l’inquiétude quant à l’économie, à la perte d’emplois et de maisons, et à la sécurité financière des familles, chez nous et partout dans le monde.
Si l’élection est idéologiquement mal interprétée dans le sens d’un référendum sur l’avortement, alors l’unité désirée par le Président élu Obama et tous les Américains dans cette période de
crise, ne pourra être atteinte. L’avortement ne se contente pas de tuer des enfants à naître, elle détruit l’ordre constitutionnel et le bien commun qui ne peut être assuré que si la vie de
chaque être humain est légalement protégée. Des décrets présidentiels [executive orders] et une législation agressivement pro-avortement auront pour effet d’aliéner de manière permanente
des dizaines de millions d’Américains, et seront considérés par beaucoup comme une agression contre le libre exercice de leur religion.
Cette déclaration est écrite à la demande et sous la direction de tous les évêques qui souhaitent aussi remercier tous ceux qui dans le domaine politique travaille avec bonne volonté pour
protéger la vie de ceux qui parmi nous sont les plus vulnérables. Ceux qui, dans la vie publique, font cela, le font parfois au prix d’un grand sacrifice pour eux-mêmes et leurs familles, et nous
leur disons notre gratitude. Nous redisons notre grand désir de travailler avec tous ceux qui ont à cœur le bien commun de notre nation. Le bien commun n’est pas la somme de tous les désirs et
intérêts personnels : on y arrive en s’entraînant à une vie en commun fondée sur la raison droite et la bonne volonté pour tous.
Nos prières accompagnent le Président élu Obama et sa famille, et tous ceux qui coopèrent avec lui pour assurer une transition gouvernementale sans heurts. Bien des problèmes exigent une
attention immédiate de la part de notre « sentinelle » élue (Ps 127). Puisse Dieu le bénir et bénir notre pays.

2 comments

  1. Castille

    Dans cette intention particulière, on ne peut que prier quotidiennement -chapelet ou rosaire- pour la société américaine.