Un nouvel évêque épiscopalien admis dans l’Église catholique

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Pour la deuxième fois en moins de six mois (ici), un “évêque” [1] épiscopalien rejoint l’Église catholique.
Âgé de 76 ans,  et ancien “évêque” du diocèse épiscopalien de Fort Worth (Texas) de 1986 à 1995, Clarence C. Pope Jr. et son épouse Martha ont rejoint la pleine communion
catholique, selon un communiqué du 6 août de son successeur à Fort Worth, Jack Iter.
C’est en vérité la troisième tentative de Clarence Pope, et il y a tout lieu de croire que ce sera la bonne…
Pope avait déjà été reçu dans la pleine communion dans les années 1980. Mais elle ne dura que quelques mois car il n’obtint pas assez vite à son gré la réordination sacerdotale de l’Église
catholique. Il réintégra donc l’épiscopalisme. En octobre 1994, il déclara qu’il avait l’intention de démissionner de ses fonctions d’“évêque” au 1er janvier de l’année suivante, d’être reçu dans
l’Église catholique et d’être réordonné prêtre. Il démissionna, en effet, à cette date, prit une année sabbatique et abandonna le gouvernement du diocèse à Jack Iter qui était alors son
co-adjuteur. Sa (nouvelle) réception dans l’Église catholique a laissé des souvenirs car elle fut très médiatisée. C’est en effet au cours d’une messe célébrée au début de l’année 1995 par le
cardinal Bernard Law, alors archevêque de Boston, dans l’église St. Mary the Virgin d’Arlington (Texas) que Pope fut reçu, de nouveau, dans l’Église catholique. Cette église
avait la particularité d’avoir été jusqu’en 1991 un lieu de culte épiscopalien, mais, cette année-là toute la communauté passa au catholicisme. L’église fut érigée en paroisse du diocèse de Forth
Worth le 12 juin 1994 et, le 29 suivant, son ancien recteur épiscopalien, Allan R. G. Hawkins, marié avec deux enfants, fut réordonné prêtre catholique.  Cette église était pourtant
alors dans la juridiction de Pope : mais il ne fit aucune difficulté tant il était choqué par l’“ordination” des femmes chez les épiscopaliens et voyait se profiler d’autres hérésies à
l’horizon ; Pope était ce que les Américains nomment un épiscopalien « traditionaliste ». Sitôt reçu dans la pleine communion, Pope demanda à être ordonné prêtre pour le diocèse de Baton
Rouge (Louisiane). Mgr Alfred Clifton Hugues, qui était alors évêque de ce diocèse, lui donna un accord sous condition, laquelle consistait en l’agrément du presbyterum du
diocèse. Ce dernier refusa la réordination de Pope et l’impétrant quitta de nouveau l’Église catholique, reprit sa démission d’“évêque” épiscopalien et retourna dans sa communauté
d’origine où il servit encore pendant dix ans.  Il semble bien que Pope était tout disposé à être réordonné mais à la condition de ne pas perdre son “épiscopat” : une exigence
déraisonnable d’un point de vue catholique. Ce qui pourrait expliquer l’accord sous condition de l’évêque de Baton Rouge et la réponse négative du presbyterum diocésain.
On croit savoir – selon des sources épiscopaliennes, qui sont abondantes et dignes en cette affaire – que Pope aurait encore tenté de se rapprocher de l’Église catholique en 1998, mais
sans “transformer” ce nouvel essai… Mais depuis ce 6 août, il semble que ce soit fait.


[1] Pour éviter toute confusion, je mets des guillemets, car les “évêques” épiscopaliens (c’est ainsi que se nomment les anglicans aux États-Unis) n’ont pas la succession épiscopale et les
ordinations sacerdotales ne sont pas valides pour l’Église catholi
que.