St. Louis (Missouri) : une politicienne pro-avortement “désinvitée” dans un établissement catholique

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Le soleil se lève-t-il à l’Ouest, à St. Louis (Missouri) ? En tous les cas, un nouvel “incident” vient nous démontrer, une nouvelle fois, la fermeté sur les
principes de l’archidocèse dirigé par Mgr Raymond Burke. Laissez-moi vous narrer l’histoire…

C’est une tradition dans les établissements d’enseignement supérieur et les universités des États-Unis lors de la remise des diplômes de procéder à un « commencement speech » (ou «
commencement address »
), un discours de « commencement », non pas qu’il marquerait – et ce serait assez paradoxal – le commencement d’un cycle d’étude, mais au contraire et très précisément
la fin d’un cycle et le commencement d’un nouveau… C’est une autre tradition que de faire prononcer le « commencement speech » par une personnalité politique de premier plan ou
d’importance dans la ville ou l’État.
Pour la fin de cette année d’étude, la St. Joseph’s Academy de St . Louis avait invité Claire McCaskill, nouveau sénateur démocrate du Missouri depuis le 3
janvier de cette année : elle l’avait emporté, lors des mid-term elections de novembre dernier, de très peu, sur son concurrent le sénateur républicain James Talent
[1].

Je me dois de rappeler quelques faits sur la St. Joseph’s Academy.
Cet établissement d’enseignement supérieur est une création… française. Elle fut en effet fondée en 1840 par les Sœurs de Saint-Joseph, une congrégation religieuse créée au Puy
par le P. Jean-Pierre Médaille, s.j., au milieu du XVIIe siècle. Cette congrégation de religieuses sans habit fut très éprouvée par la Révolution dite française. En 1836, à la
demande de l’évêque de St. Louis, huit religieuses de cette congrégation quittaient sans espoir de retour la France pour les États-Unis, et s’installaient tout près de St. Louis dans une petite
ville appelée Carondelet : la congrégation prendra dès lors le nom de Sisters of St. Joseph of Carondelet. La St. Joseph Academy est toujours dirigée par cette
congrégation.

Revenons au sénateur Claire McCaskill.
Née en 1953 à Rolla, Missouri, sa biographie la présente comme catholique. Elle épousa David Esposito dont elle eut trois enfants, un garçon et deux filles, mais en divorça en
1995 alors qu’elle était procureur du comté de Jackson. En avril 2002, son premier – et à vrai dire son légitime – époux toujours vivant, elle épousa Joseph Shepard, un riche
homme d’affaires de St. Louis qui financera généreusement ses campagnes politiques : 1,6 millions de $ pour tenter de ravir le poste de gouverneur de l’État du Missouri en 2004. Cette campagne se
concluera par un échec mais soulèvera de nombreuses questions car ClaireMcCaskill était responsable du contrôle financier du département de la Santé du Missouri alors que son
mari possédait de grosses participations financières dans les industries liées à la santé de cet État… De toutes les manières, son premier mari finira assassiné, sans qu’on en connaisse trop les
raisons, dans l’État voisin du Kansas en 2005.

Claire McCaskill ayant une fille étudiante à la St. Joseph’s Academy, les religieuses eurent l’idée de l’inviter à prononcer le « commencement speech
»
.
Ce que les religieuses ignoraient – peut être, mais la chose est peu probable –, c’est que Claire McCaskill est une personnalité politique favorable à l’avortement comme à la
manipulation des cellules-souches embryonnaires : questions non négociables pour des catholiques.
Sue Brown, directrice du Bureau de l’Éducation catholique de l’archidiocèse fit comprendre à la sœur Michaela Zahner, qui dirige la St. Joseph’s
Academy
, qu’une politicienne de cette sorte ne pouvait en aucun cas être invitée à prononcer un « commencement speech » dans un établissement catholique. Et la religieuses fut
contrainte de “désinviter” Claire McCaskill.

Évidemment, les amis de Claire McCaskill en font le reproche direct à Mgr Burke, ce en quoi ils se trompent : l’archevêque de St. Louis n’a pas eu besoin
d’intervenir, ceux qui travaillent avec lui le connaissent et connaissent leur catéchisme. Dans l’entourage de Claire McCaskill on soutient que des étudiants ont été choqués par
cette décision. Sa fille l’a sans doute été. Mais beaucoup de futurs diplômés avaient pris soin de faire savoir à l’archevêché qu’ils boycotteraient la cérémonie si Claire
McCaskill
y prenaient la parole. Les religieuses de l’établissement sont en “silence-radio”, mais un nouveau scandale vient d’être évité à St. Louis.

[1] De 46 314 voix sur 2 062 196 suffrages exprimés.

4 comments

  1. Il faut aussi évoquer l’autre raison pour laquelle Mgr Burke fait parler de lui : l’affaire Burke vs. Crow. Vous trouverez les détails sur la toile, mais une fondation catholique, la Cardinal Glennon Children’s Foundation, avait prévu pour son gala, à la fois une intervention de Mgr Burke et un concert de Sheryl Crow, qui est connue pour non seulement soutenir, mais soutenir activement, l’avortement et la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Et Mgr Burke, après avoir vainement tenté de convaincre les dirigeants de la fondation de renoncer à faire venir Mlle Crow, a donc renoncé à s’exprimer pour ne pas cautionner.

    Un prophète, Mgr Burke !

    Un lien parmi d’autres sur ce sujet : http://www.stltoday.com/stltoday/news/stories.nsf/newswatch/story/16141A39E6704480862572CC000C8796?OpenDocument