Evangéliser les musulmans qui sont en France

Download PDF

Le cardinal Barbarin est intervenu le 17 mars à Lyon lors du forum « Jésus le Messie ». Devant diverses associations œuvrant à l’accueil et l’évangélisation des musulmans en France, il a insisté sur la nécessité d’une pastorale spécifique à leur égard. Il répond à Famille chrétienne :

Est-il nécessaire d’inventer quelque chose de spécifique pour les chrétiens qui viennent de l’islam ?

Après le catéchuménat et l’immense joie du baptême, on imagine que ces nouveaux chrétiens trouvent sans difficulté leur place dans l’Eglise. C’est assez naïf. L’expérience prouve qu’il faut leur porter une attention particulière. Ils sont les premiers à exprimer leur reconnaissance, parce qu’on s’est bien occupé d’eux pendant les deux années de préparation. « Mais maintenant, disent-ils, nous nous sentons abandonnés au milieu du troupeau ! » Ils ont reçu une présentation solide de la Bible une bonne explication du Credo et des quatre piliers de la foi, mais il y a encore beaucoup à faire pour accompagner leurs premiers pas dans l’Eglise. Bien des diocèses en ressentent la nécessité.

Evangéliser les musulmans qui sont en France, cela n’est-il pas contraire au dialogue ?

Evangéliser, c’est l’ultime consigne que Jésus nous laisse : « Allez, de toutes les nations faites des disciples. » Il me paraît évident que nous devons lui obéir, dans l’amour, l’écoute et le respect de l’autre. On se souvient du magnifique cri de saint Paul : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile ! » Par ailleurs, les musulmans comprennent très bien notre souci d’accompagner avec attention les néophytes originaires de l’islam. Un jour, je visitais une mosquée avec  Azzedine Gaci (NDLR : ancien président du conseil régional du culte musulman) et il m’a confié que dans la plupart des mosquées, on mettait en place des groupes d’accompagnement pour les musulmans nouvellement arrivés du christianisme. Au fond, c’est le même souci : est-ce que les nouveaux venus sont bien accueillis, accompagnés ? Il faut du temps à un musulman devenu chrétien pour comprendre ce que veut dire « Parole de Dieu ». Nous ne sommes pas une « religion du Livre », mais du « Verbe fait chair ». Il y a un continuel va et vient entre le corps de Jésus, l’Eucharistie et la Parole de Dieu. On doit aussi éclairer la notion de prophète, expliquer l’anthropologie chrétienne (corps, âme et esprit). Saint Paul dit que nos corps sont des « temples de l’Esprit Saint » et il ajoute : « Rendez gloire à Dieu dans votre corps ». Cela peut nous amener à proposer un éclairage sur la sexualité, le sport ou la danse…. Le chrétien venu de l’Islam a aussi besoin d’explications pour comprendre notre engagement dans la vie sociale et politique. L’essentiel, bien sûr, c’est  d’abord le Mystère de Dieu, sa paternité, la Trinité… un approfondissement qui va l’aider à changer en profondeur sa manière de prier.

Qu’est-ce que ces chrétiens issus de l’islam peuvent apporter à l’Eglise ?

Les musulmans venus au christianisme vont nous apporter des cadeaux inattendus. Il faudra du temps pour voir émerger cette nouvelle manière de vivre  la foi chrétienne. Ils vont offrir bien des points de renouveau culturel et spirituel à la grande famille de l’Eglise. Quand j’étais à Madagascar, j’ai reçu des séminaristes que j’avais mission de former sur des paroles vraiment nouvelles sur le Christ. Elles venaient du fond de leur culture, évangélisée depuis à peine plus d’un siècle. C’est la fécondité, le travail intérieur de la Parole de Dieu, toujours vivante, tranchante, comme dit l’épitre aux Hébreux ! Aujourd’hui, beaucoup de maghrébins, de kabyles ou d’iraniens sont devenus chrétiens en France, et ils nous apportent des regards inattendus sur Jésus et sur la Révélation chrétienne. C’est ainsi que l’Evangile est et sera toujours en train de renouveler l’Eglise.

10 comments

  1. Courivaud

    Je l’aime bien, “notre” évêque, Mgr Barbarin, lui qui, à la différence de beaucoup de “bons évêques” encensés par “la Nef” par exemple, a joué son rôle pour défendre les chrétiens d’Irak, de plus en plus menacés.

    Mais il faudra d’abord qu’il se relise et qu’il arrête de nous suggérer que les musulmans comme les chrétiens aiment la paix et croient au même Dieu. Un tel propos est soit de la paresse, soit de la mondanité et du même coup, cela disqualifie ce discours “évangélisateur” mais “musulmano-compatible”….

    • Esaie 44-6

      C’est pourtant ce qu’enseigne la “constitution dogmatique” Lumen Gentium au point 16 : “les musulmans adorent avec nous, le Dieu créateur”, ce qui est une hérésie totale. Quittez la secte Vatican 2 et ses “papes”.

      • Courivaud

        Sauf que cette constitution n’est pas si dogmatique que cela et qu’elle est connue pour avoir suscité des controverses sur des points fondamentaux qui touchent aux vérités de la foi.
        À moins que vous ne teniez à canoniser Vatican ll, ce qui n’aurait rien d’étonnant avec la canonisation des 3 papes du Concile.
        Bien entendu, pour les post-conciliaires, Pie XII ne méritait aucun honneur des autels
        Et le reste “conciliaire”est à l’avenant comme on le voit aujourd’hui…..

        • DUFIT THIERRY

          Oui tout à fait M Courivaud.
          Le concile Vatican II n’étant pas dogmatique n’est pas infaillible.
          De plus des textes tels que Dignitatis Humanae, Nostra Aetate, Gaudium et Spes, Unitatis reintegratio etc contiennent de graves erreurs doctrinales voire des hérésies.

      • theofrede

        cette opinion mériterait une explication
        on fait valoir en général que le dieu des chrétiens est trine, ce qui est totalement contraire à l’image qu’ont de Dieu les musulmans
        cependant, le dieu des musulmans est le même que celui des juifs, qui n’est pas trine non plus, pourtant personne ne dirait que le dieu des juifs n’est pas celui des chrétiens
        où est l’hérésie ?

    • Daniel Hauser

      Bonjour. Je lis vos propos et reproches à l’endroit de Monseigneur Barbarin. Par curiosité, participez vous a l’annonce du Christ et de la Bonne Nouvelle auprès des musulmans ? suivez vous les enseignements de notre Seigneur pour témoigner de notre foi auprès des musulmans ? La critique est aisée mais l’exemple doit suivre !

      • Courivaud

        Qu’est ce que vous croyez ?
        De quel droit vous permettez-vous d’insinuer que je “ne fais rien” en cette matière ?
        Imaginons que je fasse la même chose à votre égard….

  2. hermeneias

    Oui et avec l’immigration MUSULMANE MASSIVE on n’est pas sorti de l’auberge .
    Il ne faut pas se donner bonne conscience à peu de frais

  3. DUFIT THIERRY

    Avec le cardinal Barbarin on est en pleine contradiction.
    Le cardinal Barbarin est aussi le cardinal qui à l’occasion d’une conférence prononcée dans la cathédrale de Versailles le 4 janvier 2011, s’est vanté d’avoir appris par cœur la chahâda pour la réciter au chevet des musulmans mourants. La chahâda n’est pas une phrase banale. Elle est le premier des cinq piliers de l’Islam. C’est la profession de foi qui permet de reconnaître un musulman : « Il n’est pas d’autre dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète».
    Comme disait St Pie X dans Pascendi au sujet des modernistes : ” À les entendre, à les lire, on serait tenté de croire qu’ils tombent en contradiction avec eux-mêmes, qu’ils sont oscillants et incertains. Loin de là : tout est pesé, tout est voulu chez eux (…). Telle page de leur ouvrage pourrait être signée par un catholique: tournez la page, vous croyez lire un rationaliste.”

  4. emilia

    Les musulmans ont une idée de Dieu, pas du vrai Dieu révélé dans la Bible, leur religion s’apparente à une forme de dictature de la pensée. C’est 600 ans après la venue de Jésus que le prophète apporte un nouvel “évangile” : le coran ! Ce qui n’est pas acceptable pour St Paul.

    Les juifs refusent de reconnaître le Dieu Trinitaire révélé… ils ont conduit Jésus à la mort parce qu’Il se prétendait le Fils de Dieu.

    L’hérésie des temps actuels semble venir du concile de Vatican II.
    Ce concile oecuménique a “sabordé” la vraie foi en imposant l’idéologie que l’Homme pouvait se sauver même hors de la religion catholique, (d’où la réunion d’Assise réunissant toutes les “religions” au même titre que la religion catholique).
    Reconnaissant une valeur salutaire à ces “religions” on peut se poser la question : pourquoi tous ces peuples iraient au Vrai Dieu qu’ils n’ont pas besoin de connaître puisque leur religion propre leur assure le salut ?
    Et alors, que deviennent les souffrances atroces endurées par Jésus pour sauver la multitude ????
    On voit bien que tout cela ne tient pas……… Donc ce Concile PASTORAL n’a pas l’autorité nécessaire pour tout changer et c’est pourtant où il nous a mené : à l’hérésie annoncée à la Salette et à Fatima
    par la Mère de Dieu.
    Il serait temps de se reprendre surtout à Rome car nos pasteurs ne savent plus quoi prêcher, le St Père est en contradiction permanente et proche de l’hérésie par maints propos !

    Quant à christianiser les musulmans, pour ceux qui accepteraient de l’être, il serait prudent de recourir à une formation spécifique avant ou les conduire vers des prêtres formés à cette tâche (par ex. les Missionnaires de la Miséricorde à Toulon ou vers l’Abbé Pagès) car leur système de croyance est très différent du nôtre.

    Aux dires de plusieurs prêtres concernés il semble bien que Jésus s’occupe personnellement de convertir de nombreux musulmans en leur apparaissant en Afrique du Nord.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *