Quand Tornielli convient de la véracité des éléments fournis par Mgr Viganò

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Ce n’est pas le calomnier ni l’injurier, que de dire qu’Andrea Tornielli est l’un des journalistes les plus proches du pape François… Dans un article du blogue Vatican Insider de La Stampa, publié le 10 septembre et écrit en collaboration avec Salvatore Cernuzio, on peut lire dès le deuxième paragraphe de cet article qui en comporte dix-sept, cette affirmation imprimée en gras : « il est évident que l’ancien nonce aux États-Unis a cité des dates et des documents en sa possession (ou qui sont passés sous ses yeux) qu’il n’y a aucune raison de mettre en doute ». Tornielli, bien sûr, s’empresse d’ajouter : « Mais il est désormais tout aussi évident – et cela est prouvé – que l’auteur du “communiqué” a été sélectif dans ses souvenirs ». On ne voit pas très bien la symétrie entre la véracité des éléments fournis dans le témoignage – c’est le mot employé l’archevêque Viganò – et l’imputation que tout n’y soit pas dit. Pour ce qui est d’être “sélectif”, Tornielli l’est aussi puisqu’il signale certes « des dates et des documents » du témoignage de Mgr Viganò, mais pas que ce témoignage comporte aussi beaucoup de noms… On pourrait aussi reprocher à Tornielli de commencer son second paragraphe par « L’affaire[en français dans le texte] Viganò, che ha portato alla luce… », car il n’y a pas d’affaire Viganò, mais une affaire McCarrick, une affaire de dissimulation de crimes et délits sexuels, une affaire d’évêques aux États-Unis, une affaire de la Curie romaine, etc. Mais baste… Apprécions, comme il se doit, que le journaliste ne remette pas en cause, comme d’autres, la véracité des dates et des documents signalés dans le texte de l’ancien nonce…

12 comments

  1. Henri

    Nous devons une immense gratitude à Mgr Vigano pour son courage.

    Honte à tous les responsables ecclésiaux qui au contraire, de manière tragiquement majoritaire, soutiennent le mensonge du pape, soutien par action (c’est le cas de Tornielli qui procède par insinuation, en l’occurrence l’insinuation que si Mgr Vigano avait été complet dans ses dires, le pape s’en trouverait mis largement hors de cause sous la forme, au moins,- mais ce qui est faux- qu’il n’aurait pas agi autrement que ses prédécesseurs); ou soutien par omission en gardant le silence.

    C’est stupéfiant, inimaginable, scandaleux au sens le plus propre et le plus fort du terme ! VOILA QU’ APRES VOIR COUVERT PENDANT DES DECENNIES DES CRIMES ODIEUX DE LEUR PAIRS, NOS RESOONSABLES ECCLESIAUX COUVRENT AUJOURD4HUI LES MENSONGES DE LEUR CHEF. Ce n’est pas mieux, c’est presque pire, car c’est la fonction Pétrinienne elle-même qui est flétrie, sans compter que le chef de l’Eglise en cause porte atteinte en même temps, par ses mensonges cette fois sur le plan doctrinal, au dépôt de la foi sur lequel il est chargé de veiller.

    On est là, par ce nouveau soutien, au comble du cléricalisme. Or observons que, justement, le pape prétend expliquer les crimes de la pédophilie commis dans l’Eglise par le cléricalisme. En cela, le pape manifeste non seulement sa capacité de mentir, mais une habileté diabolique.

    Le mensonge est là, car Il y a un amalgame. Oui, c’est par cléricalisme que les responsables ecclésiaux ont couvert, pour une partie d’entre eux du moins, les actes de pédophilie, er qu’il couvrent maintenant, et cette fois majoritairement, pour l’instant du moins le mensonge du pape, devenu patent. Mais non, le cléricalisme ne suffit pas à expliquer les actes de pédophilie qui sont la manifestation d’un dérèglement et d’une perversité bien précises.

    L’habileté est aussi là, car cela permet au pape d’éviter de désigner, ce qu’il se refuse à faire, le mal propre aux actes de pédophilie. Certes, la ficelle est grosse, mais non dénuée d’efficacité, car de fait, il y a quelque chose de vrai dans l’invocation du cléricalisme, dans le sens que nous avons explicité, qui est différent, mais il n’empêche, cela donne une part de la crédibilité apparente à son discours. C’est toute la puissance mensongère des amalgames.

    L’habileté est ici diabolique, d’abord parce qu’elle est fondamentalement au service du mal, mais aussi parce qu’elle traduit un cynisme monstrueux. De deux manières.

    Premièrement par le mépris de la victime. Penser pouvoir invoquer le cléricalisme pour expliquer le crime odieux des actes pédophiles, c’est en réalité ne pas voir la gravité du crime en cause, et finalement se désintéresser des victimes. Car qui oserait expliquer simplement par le cléricalisme un acte dont il reconnaitrait jusqu’au bout le caractère odieux. Qui oserait par exemple expliquer un assassinat commis de nos jours, par le cléricalisme?

    Deuxièmement, par un défi, qui nous nargue, qui se moque de nous, qui est à l’œuvre. Car cela revient à oser dénoncer un cléricalisme qui en fait, comme notre analyse ci-dessus le montre, lui permet de tenir bondans son mensonge. On pourrait dire qu’il prend des risques. Mais il compte sur la bêtise et la bienveillance de tous ceux qui soutiennent son mensonge patent, en fait sur le cléricalisme…. qu’il ose dénoncer!

    Cléricalisme qui sera aussi le nôtre, celui des simples laïcs, tant que nous soutiendrons, si c’est malheureusement encore notre cas, par action ou par omission, le mensonge du pape.

    CETTE SITUATION DOIT CESSER.

    QUE TOUS LES ESPRITS DROITS HONNETES ET GENEREUX, CLERCS ET LAÏCS, SE GARDENT DE LA TENTATION DE CE CLERICALISME QUI EST A L’OEUVRE DANS LE FAIT DE SE BOUCHER LES YEUX SUR LES MENSONGES DU PAPE DEVENUS PATENTS.

  2. Emilie

    D’accord à mille pour cent avec Henri.

    Cela ne peut plus durer. Un immense mouvement doit se lever pour sauver l’Eglise qui est actuellement en pleine crise, une crise dont la pointe réside maintenant dans le mensonge que se permet son chef même.

    C’est un devoir impérieux pour chacun et pour tous de contribuer, à la place où il est et pour sa part, si modeste que celle-ci puisse être, à ce sauvetage. Et cela passe par la dénonciation du mensonge qu’on ne peut laisser perdurer en le couvrant; En effet, Il est impensable d’espérer remettre l’Eglise sur ses rails avec un chef qui ment. Or, personne ne peut contester la réalité de ce mensonge sauf à avoir perdu la raison ou à mentir soi-même, car ce dernier est absolument patent. Des témoignages plus que crédibles s’accumulent. L’aberration de la mise en avant du cléricalisme comme seule explication de la pédophilie dans l’Eglise, nous offre d’ailleurs aujourd’hui, comme le montre bien Henri, une preuve de plus et de choix! Et si tout cela n’était pas jugé suffisant, resterait de toute façon la preuve irréfutable apportée par la teneur des écrits, que chacun peut consulter, et donc impossibles à cacher, du pape lui-même.

    Pour donner un exemple parmi beaucoup d’autres, il en est ainsi de ces passages d’Amoris laetitia où l’on voit le pape prétendre montrer que la possibilité d’ouverture de la communion au cas par cas à des personnes divorcées remariées s’inscrit dans la continuité de Familiaris Consortio, ce qui est faux, et ce dont la fausseté se révèle dans les manipulations opérées par le pape au travers de citations tronquées, comme on peut le relever sans contestation possible, du texte de Jean-Paul II.

    Un mot, pour éviter tout malentendu, à propos de l’expression “sauver l’Eglise” que nous avons employé. Nous l’avons employé, car c’est pour nous une manière de traduire l’extrême gravité de la situation, mais il est vrai que le mot sauver est un peu fort, et pour une part inappropriée, lorsqu’il s’agit de l’Eglise car on sait bien que le Seigneur ne laissera de toute façon pas tomber son Eglise. Mais pour autant, notre responsabilité d’hommes demeure. L’adage “aide-toi, le ciel t’aidera” a ici sa pertinence. Devant le mal du mensonge qui sévit dans l’Eglise, et à commencer par son sommet, on ne peut pas rester les bras ballants, ou ce qui revient au même, en se mobilisant pour les démarches de diversion que nous propose habilement le pape et dan lesquelles on voit toutes les bonnes âmes s’engouffrer. Il faut agir en vérité, et pas seulement par la prière même si celle-ci demeure essentielle.

    Précisons-le bien encore: on ne peut attendre que l’orage du mensonge se passe en le couvrant tant qu’il est là pour éviter le scandale et en se disant que cela cessera naturellement, le moment venu, avec un successeur. Car le successeur risque bien d’être choisi dans la continuité de ce mensonge, et de toute façon, d’ici là, quel mal aura été commis, y compris par la mise du mensonge au service des atteintes portées au dépôt de la foi, comme le mensonge d’Amoris laetitia ci-dessus évoqué en offre l’illustration!

    Oui, le devoir d’agir maintenant est impérieux pour chacun et pour tous sans exception..

  3. L’acte héroïque de Mgr Vigano vient contrecarrer frontalement l’agenda du Pape François et des corrompus qui ont manipulé le conclave qui l’a élu. Cet agenda consiste en un renversement radical de la morale sexuelle catholique pour la mettre en conformité avec l’évolution actuelle vers un paganisme intégral des sociétés modernes en vue de la création ultérieure d’un Nouvel Ordre Mondial.
    Le point d’orgue de cet agenda est évidemment l’acceptation de l’homosexualité comme une forme tout à fait honorable et licite de sexualité aux yeux de la religion catholique.
    Or le scandale Mc Carrick a permis de répandre une vérité extrêmement dérangeante pour les mouvements LGBT et encore plus pour l’agenda du pontificat en cours, à savoir qu’une très forte proportion des victimes abusées par les pervers laïcs, prêtre, évêques, cardinaux impliqués dans le scandale pédophile américain mis au jour depuis peu, sont entre 80 et 85% des garçons, et pour la presque totalité de ces derniers, de jeunes ados mâles pubères.
    Ce qui démontre à l’évidence de tous sauf pour l’occupant du Saint Siège que ce scandale n’est PAS pédophile, ou du moins très peu, mais qu’il est avant tout un scandale perpétré par une très forte majorité de pervers homosexuels et que le cléricalisme (si tant est que les gens en connaissent la définition) que Francis dénonce n’est qu’un minable cache-sexe pour ne surtout pas prononcer le mot qui tue: Homosexualité.
    On comprend mieux la consternation et l’embarras des nombreux satellites ouvertement homosexuels ou supporters de l’idéologie homosexuelle dans l’Eglise qui orbitent autour du Trône de Pierre, le jésuite James Martin, le dominicain Radcliffe, les cardinaux Paglia, Coccopalmerio, Wuerl, Farrell, Cupich, Maradiaga, Mac Elroy et bien d’autres, évêques, archevêques, prêtres ou simples laïcs.
    Je ne vois pas comment le Pape va pouvoir tenir longtemps la distance, par son silence et par les déclarations absurdes, contradictoires et incohérentes de ses sbires. Une ligne de fracture vient de s’ouvrir entre ceux qui soutiennent Vigano et ceux qui soutiennent envers et contre tout le Pape François, espérant avec impatience qu’i sorte de son chapeau le lapin qui va clouer le bec de leurs adversaires.
    Elle n’est pas près de se refermer.

  4. Henri

    Henri

    Un grand merci, Jack, pour votre commentaire.

    Bien d’accord avec vous sur l’essentiel, à savoir:
    . qu’en effet, c’est un grand combat qui se joue dans lequel, comme vous le dites si bien ,sont à l’offensive tous les ” corrompus qui ont manipulé le conclave” pour faire élire Bergoglio avec l’objectif de promouvoir en vue de promouvoir “un renversement radical de la morale sexuelle catholique pour la mettre en conformité avec l’évolution actuelle vers un paganisme intégral des sociétés modernes en vue de la création ultérieure d’un Nouvel Ordre Mondial.”
    .et qu’en effet comme vous le dites si bien aussi, l’acte héroïque de Mgr Vigano vient contrecarrer frontalement l’agenda du Pape François” qui est à la tête de cette corruption.

    J’introduis seulement une interrogation sur votre pronostic pour la suite. Vous vous montrez confiant sur le fait que le pape, contrecarré par la fracture apparue avec netteté grâce à Mgr Vigano, ne pourra pas tenir durablement la distance. Comme vous bien sûr, je le souhaite infiniment, mais je n’en suis malheureusement pas tout à fait sûr pour trois raisons qui se deux raisons qui se cumulent.

    Premièrement le pape et ses sbires sont d’une habileté diabolique. Ils l’ont montré dans la réussite, invraisemblable, de faire élire ce pape en dépit de ce que les gens bien informés devaient pourtant de lui.

    Deuxièmement, l’opinion publique poussée par les media est elle-même largement libertaire et pousse à leur projet.

    Troisièmement, nos évêques et nos prêtres, dans leur très grande majorité, sont enclavés dans leur obéissance, ici tragiquement mal placée, au pape quel qu’il soit. Ils manquent à la fois de courage et de discernement, et il est impossible (je m’y suis moi-même bien souvent heurté et tous ceux qui ont essayé ont pu le constater) de leur parler. Ils ferment complètement leurs oreilles.

    C’est pourquoi je partage la vision d’Emilie selon laquelle c’est un devoir impératif pour chacun et pour tous d’agir dans un immense mouvement de dénonciation et de résistance.

  5. Henri,
    Quand je dis que le Pape François “ne va pas pouvoir tenir longtemps la distance” je ne suis pas entrain de dire que le calvaire de l’Eglise catholique engluée dans les scandales (et pas seulement les scandales sexuels) est terminé, non. Je crois que les forces occultes qui furent à l’oeuvre pour élire le cardinal Bergoglio ont compris que ce dernier n’était pas le meilleur cheval sur lequel il fallait miser: Il a commis trop de fautes, Il est maintenant beaucoup trop exposé. Il a failli aux yeux de ses commanditaires.
    Je vois maintenant que beaucoup de pères et de mères de familles catholiques ,soutiens inconditionnels du Pape, viennent d’ouvrir les yeux en pensant que parmi ces milliers de gosses et d’ados abusés l’un des leurs aurait pu se trouver entre les mains d’un de ces ignobles pervers. Les révélations se succèdent aux US , en Allemagne et ailleurs, les langues se délient, la machine lancée par le courageux Vigano est lancée, et ce n’est pas Bergoglio qui va l’arrêter.
    Il est condamné à partir.
    Un nouveau conclave se réunira, mais sauf improbable et miraculeuse intervention du Ciel dans le scrutin, les très nombreux cardinaux récemment nommés par François éliront à nouveau un moderniste du même calibre que lui, en plus fin, plus intelligent, plus mesuré, plus orthodoxe d’apparences, capable de nous rassurer tous, tout en poursuivant son travail de sape.
    Prions et jeûnons pour que ce scénario capote et que le Ciel, par l’intervention de la Sainte Vierge reprenne enfin la main et chasse les forces du mal installées en son sein depuis une certaine “cérémonie” de l’année 1963 au Vatican même.
    Ceux qui ont lu le livre du Père Malachi Martin “Windswept House” comprendront à quoi je fais allusion.

  6. Henri

    Avec mes excuses pour cette intervention en deux temps (car vous aurez peut-être, Jack, déjà fait parvenir à Riposte une réaction à mon post précédent avant ce complément ), je complète mon texte ci-dessus, en ajoutant deux autres raisons qui inspirent ma crainte que le pape réussisse quand même à tenir la distance malgré la forte gêne en effet apportée à son agenda.

    La quatrième, non sans lien d’ailleurs avec la deuxième et la troisième ci-dessus, c’est le fait que la déraison, au sens de la liberté que l’on pense, ou prétend, pouvoir se donner, dans les discours et dans la pensée, et donc dans les actes qui en découlent, par rapport aux lois de la logique, qui sont pourtant les lois naturelles de l’intelligence déposées en l’homme par le Créateur, est aujourd’hui très répandue. C’est la source fondamentale du relativisme ambiant, issu de l’idéologie moderniste. Le pape lui-même est touché par cette déviation, comme on le voit dans les contradictions omniprésentes dans ses discours et ses positions, et comme il l’assume d’ailleurs explicitement dans certains de ses dires, où on le voit déclarer que les lois de la logique ne sont pertinentes que dans les champs proprement scientifiques! Or, si les lois naturelles de la raison ne sont plus reconnues, il devient impossible d’échanger honnêtement et raisonnablement. Ce qui fait que” les déclarations absurdes, contradictoires et incohérentes” des sbires du pape, dont vous signalez à juste titre l’existence, comme d’ailleurs les déclarations absurdes, contradictoires et incohérentes du pape lui-même, ne peuvent plus être aussi efficacement dénoncées, car les dénonciations formulées en termes raisonnables coulent comme l’eau sur les plumes d’un canard à partir du moment où on les exprime auprès de gens qui contestent la pertinence des lois de la raison hors du seul champ scientifique. D’où ce résultat que les incohérences de leurs discours et de leurs positions n’empêchent pas tant que cela le pape et ses sbires de tenir, en inventant lapin après lapin.

    La cinquième raison, c’est que le pape a un bon moyen pour faire diversion par rapport à son mensonge, c’est de promouvoir le grand combat de conversion de l’Eglise, ce qui est d’autant plus habile et efficace comme diversion que la cause est juste!!!.

    Ces deux nouvelles raisons s’ajoutant aux autres, voilà pourquoi j’ai un doute sur le fait que le pape ne pourra tenir la distance. D’autant que si arrive le moment où il en aura marre de se battre comme un diable pour assurer sa défense, il choisira peut-être de démissionner, mais non sans avoir préparé avec ses sbires une succession catastrophique, même si la catastrophe se fera sans doute toute discrète (je pense à des profiles ambigus de type Schönborn, qui se fait par les temps qui courent tout petit, attendant peut-être son heure).

    C’est pourquoi je pense qu’il faut agir, et d’ailleurs non seulement par l’argumentation, car comme je l’ai dit ci-dessus la portée des discours de dénonciation se trouve amoindrie (il faut quand même tenir ces discours, car il en reste quand même quelque chose) par le mépris ambiant des lois de la raison, mais encore par tous moyens d’action possibles. Je pense notamment à l’arrêt, jusqu’à un retour à une situation convenable, du denier du culte en expliquant à son curé pourquoi, et aussi, pour ceux qui sont actuellement engagés dans leur paroisse ou dans des mouvements d’Eglise, à l’arrêt jusqu’à nouvel ordre de leurs engagements là aussi en expliquant pourquoi et¨…etc….Il faudrait aussi envisager des organisations collectives du combat qui soient efficaces.

    Voilà ma vision, mais à discuter. Comment, Jack, voyez-vous vous-même les choses, du point de vue de l’action à mener (ou non?) par chacun à son niveau et collectivement?

    • Jean-Marc

      Cher Henri,

      “…du point de vue de l’action à mener (ou non?)…”

      Dans cette affaire peut-être plus que dans toutes les autres qui secouent l’Église de notre Seigneur Jésus Christ, et en paraphrasant Sainte Thérèse de Calcutta: “Il y a deux choses à faire pour que les choses changent : changer, vous et moi”.

      En union de prières

  7. Henri

    Un grand merci encore, Jack, pour votre réponse de 14h14 à mon post de 11h21. Comme je l’imaginais possible, et à la vérité probable car je m’attendais bien à la célérité de votre réponse, celle-ci à précédé mon post de complément de 15h01.

    Mais ça n’est pas grave, et d’une certaine manière peut contribuer à rendre notre dialogue plus vivant! En fait, je trouve dans votre réponse des précisions qui rejoignent des éléments que j’avais moi-même introduits dès ans mon complément, et qui me montrent en tout cas que, finalement, sur le pronostic de ce qui va se passer, nos analyses ne sont pas si éloignées. Je n’excluais déjà pas, en effet, moi non plus, que le pape actuel soit finalement amené à démissionner, et votre réponse très argumentée infléchit de plus maintenant mon jugement dans le sens de penser que la perspective de cette démission peut même être tenue pour probable, voire à peu près assurée. J’observe aussi que vous comme moi pensons comme étant très à craindre le remplacement à la papauté par un moderniste du même calibre, même si son modernisme sera plus discret et plus habile…

    Nous sommes donc finalement proches sur le pronostic de ce qui risque de se produire, notre vision étant commune sur l’extrême profondeur de la crise.

    Reste par contre la question, que j’avais posée au terme de mon post complémentaire, de savoir ce que nous pouvons faire chacun à notre place. Avons-nous un devoir de réaction, de résistance, ou la seule chose que l’on doit tenir pour pertinente est-elle la prière (essentielle bien sûr en tout état de cause), en considérant que la crise est tellement profonde que cela nous passe très au-dessus de la tête et qu’il faut s’en remettre aux interventions du ciel? C’est vrai que je suis moi-même porté à voir une part de vrai, y compris comme membre de l’Eglise, dans l’adage: “aide-toi, le ciel t’aidera”, et que j’ai en tête quelques pistes, d’argumentation (une des pistes à mes yeux décisive est celle de dénoncer, comme central dans les folies modernistes, le mépris des lois de la raison, ces lois naturelles de l’intelligence déposées en l’homme par le Créateur), et d’action. Je serais très intéressé bien sûr à savoir comment vous voyez vous-même les choses de ce point de vue.

    Je note avec intérêt votre évocation du livre du Père Malachi Martin “Windswept House”, que je vais essayer de me procurer.
    :

  8. Eve

    Certains clercs ont fait un usage abusif et criminel de l’autorité que donne l’état ecclésiastique. Ils ne doivent plus être clercs ! C’est l’homme et ses actes indignes qui doivent être condamnés.

    Ce torpillage du sens du mot “cléricalisme” sème le trouble dans l’opinion publique et même chez les prêtres qui accusent le bouc émissaire “cléricalisme” .
    Quelle étrange manipulation du sens du mot “cléricalisme”.

    En travestissant ainsi le sens du mot “cléricalisme” c’est jeter la suspicion sur tous les clercs, y compris celui qui est à la tête, et pourtant c’est lui-même qui change le sens de ce mot.

    On peut penser aux 95 thèses de Luther, du 31 octobre 1517, clouées sur la porte de l’église de Wittenberg en Saxe. Il y affirme que les prêtres peuvent être mariés et il condamne la fonction cléricale.

    Pour la fête des 500 ans de ces thèses si la fonction cléricale avait été supprimée, pour honorer Luther,
    il n’y aurait plus de pape, plus d’évêques, plus de prêtres … plus d’Eglise !

  9. Emilie

    A Jean-Marc

    Je ne comprends pas du tout pourquoi, selon vous, il faudrait limiter sa réaction à la prière et au changement de soi-même. D’accord bien sûr pour ces deux choses. D’accord, si vous voulez, pour considérer que c’est important, et même, si vous voulez aussi, que c’est le plus important. Mais je ne comprends pas du tout, mais pas du tout, pourquoi cela serait exclusif de dénoncer aussi avec vigueur le crime en train de se produire afin de contribuer, modestement mais c’est toujours ça, à le stopper.

    Soyons clair. Vous voyez quelqu’un en train de martyriser quelqu’un d’autre, et vous avez le moyen, en le dénonçant haut et fort aux yeux de tous, de lui faire lâcher prise en le faisant déguerpir, et vous vous en abstenez en considérant qu’il n’y a qu’une seule chose à faire dans cette situation tragique: prier et travailler à sa propre conversion !

    Cela me parait parfaitement indéfendable, et comporter de l’esquive, traduisant un manque de courage, et surtout une indifférence aux victimes (tout comme il y a un mépris des victimes dans ceux qui couvrent aujourd’hui les mensonges des soutiens du pape et du pape lui-même) en fait, en l’occurrence, pour le coup, du cléricalisme (rejoignant d’ailleurs de ce point de vue la mise en garde du pape, dont on peut voir l’habileté diabolique dans l’amalgame qu’il fait à propos du cléricalisme: cf le premier post d’Henri)

  10. Jean Rascol

    Personne ne nie la véracité de certains faits rapportés par Mgr Vigano . C’est moins vrai pour certaines appréciations personnelles non démontrées. Et sa demande de démission du pape est totalement déplacée pour un ecclésiastique . Toutes ces controverses vont affaiblir durablement la Curie – c’est déja fait – mais aussi la fonction pontificale elle même, bien au delà de François. Désormais, le pape sera soumis à la critique, aux sondages, aux demandes d’explications, voire aux appels à la démission comme n’importe quel dirigeant. Demande-t-on à un Père de démissionner ?

  11. Emilie

    A Jean Rascol

    Merci de votre réponse qui montre de l’attention portée à la question que je pose alors même que celle-ci est, j’en ai bien conscience, très iconoclaste par rapport aux normes jusqu’ici retenues dans l’Eglise. Merci, car en dépit de ce caractère iconoclaste, vous y répondez sans mépris, en développant une argumentation objective..

    Merci, car la question est importante, et il faut aller jusqu’ au bout de l’analyse, pour agir au mieux. Celle-ci se pose en effet très concrètement à tous, maintenant que les faits sont découverts et pour une partie d’entre eux du moins, connus comme vrais et même souvent reconnus comme tels par les gens informés.

    Raisonnons donc avec soin.

    C’est vrai que tout ce qui se passe affaiblit la curie et aussi la fonction pontificale, et c’est vrai qu’il faut le regretter beaucoup. Mais en même temps, puisque le mal est là au sommet de la hiérarchie, est-il préférable de se boucher les yeux sur lui pour éviter le scandale? N’est-ce pas justement le choix qui a été, à propos ^de la pédophilie, de nos responsables ecclésiaux depuis des décennies dans l’Eglise. Leur choix a-t-il été bon? On peut en débattre, mais pour ma part, je ne le pense pas.

    C’est vrai que vous pourrez me dire que, cette fois, il ne s’agit plus de hiérarques ecclésiaux, mais du pape lui-même, et que cela change tout. C’est d’ailleurs déjà ce que vous exprimez, avec cette expression qui est forte, je le reconnais: “Demande-t-on à un Père de démissionner ?”. Mais il me semble qu’il ne faut quand même pas aller trop loin dans les conséquences à tirer de l’invocation de cette notion de Père appliquée au Saint-Père. Certes il y a quelque chose de valable là- dedans, mais qui a quand même quelque part ses limites, surtout lorsqu’on se trouve dans une situation d’exception comme celle dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Raisonnablement, en dehors de notre père naturel, nous avons chrétiennement un seul vrai Père, c’est Celui auquel nous nous adressons en Lui disant “Notre Père”. On observera que si le pape était vraiment, jusqu’au bout, Notre Père, comment Benoit XVI aurait-il pu lui-même démissionner? (j’avoue, ceci étant, que je suis de ceux qui ont été stupéfaits à la nouvelle de cette démission).

    Il me semble franchement que l’Eglise ne peut vraiment s’épanouir en y acceptant la présence en acte, en son sommet, de la déraison et du mensonge.

    D’autant qu’ll peut être observé que la déraison et le mensonge se traduisent ici non seulement dans le comportement personnel , mais dans des positions que l’on voit promues portant atteinte au dépôt de la foi. Je pense notamment au chapitre huit d’Amoris laetitia . J’ai bien conscience qu’en disant cela, j’ouvre un nouveau débat et sur lequel nos idées sont peut-être, au départ au moins, extrêmement éloignées, mais c’est nécessairement un aspect du sujet qui est majeur, car il est vrai que si les chose étaient parfaites sur le plan du contenu de la foi , ce serait beaucoup moins grave, et à la limite, votre position pourrait se défendre. C’est peut-être bien là que réside la source la plus profonde de notre différence initiale d’appréciation. Or, c’est un débat en soi qu’il faudrait conduire avec une grande précision, je suis prêt à m’y engager si vous le voulez. Je note simplement dès ce stade avant même d’entrer dans les contenus mêmes en cause, qu’ on peut malheureusement tenir pour probable que si le pape se montre prêt à mentir, ou à déraisonner, comme on le voit, pour tenter d’assurer sa défense, il est bien à craindre qu’il soit prêt à le faire aussi pour soutenir des positions incertaines mais auxquelles il tient car elles rejoignent des propensions personnelles, dans l’ordre de la doctrine.

    Je note que bien entendu, le constat des désordres qui affectent toute une partie des membres de l’Eglise et jusqu’en son sommet n’ont aucunement lieu d’ébranler notre foi ni le respect que nous devons professer à la Sainte Eglise avec un grand E. D’une certaine manière bien au contraire. Car on peut y voir la manifestation de cette réalité sublime, qui a lieu de susciter notre admiration, à savoir que le Créateur a créé l’homme libre, libre de faire le bien comme de faire le mal, et que cette liberté se retrouve évidemment à l’œuvre parmi les membres, clercs et laïcs, de l’Eglise. Que serait l’Eglise si ses membres étaient des automates appliquant nécessairement ce que le Saint Esprit leur indique. Ils sont responsables parce qu’ils sont libres. Ceux d’entre eux qui, à un moment donné, ont conscience de la direction dans laquelle se trouve la vérité, ont le devoir de s’exprimer, à la lumière de leur foi et de leur raison. La conjonction de ces deux éléments, la foi et la raison, guide dans la bonne direction, et si l’on se trompe, car cela est bien sûr toujours possible, les autres sont là, inspirés par le contenu de la même foi et par les mêmes lois de la raison, pour vous indiquer là où, le cas échéant, on s’est trompé. Entre gens honnêtes, à l’écoute de l’Evangile dans le respect de leur raison, il n’y a pas de raison de ne pas converger au terme d’une discussion honnête.

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