A propos des vocations

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L’abbé Patrick Troadec, recteur du Séminaire Saint-Curé d’Ars de Flavigny-sur-Ozerain (FSSPX) évoque dans la lettre des Amis et Bienfaiteurs du Séminaire la question des moyens à prendre pour favoriser l’éclosion de nombreuses et saintes vocations sacerdotales et religieuses. Il nous rappelle notamment qu’une grande partie des vocations naissent au sein de familles qui ont mis le Bon Dieu à la première place (écoles, activités de jeunesses, pratique ardente de la vie de prière…).

Le sens de l’autorité

Vu que la société est imprégnée des principes de la Révolution, la jeunesse traditionnelle n’en est pas épargnée. Il y a aussi hélas ! dans notre milieu un esprit d’indépendance lié à une perte du sens de l’autorité.

L’épître de la messe votive de la Passion renferme ce passage du prophète Zacharie : « Frappe le pasteur, et le troupeau sera dispersé. » (Za 13, 7) Au cours de sa Passion, Jésus-Christ a été frappé et les apôtres se sont dispersés. Actuellement, nous vivons la Passion de l’Église et le pape semble lui aussi frappé d’aveuglement si bien que le troupeau est dispersé. Nous traversons une période de grande confusion. C’est l’autorité qui est garante de l’unité de la société ; aussi, ses défaillances entraînent-elles un éclatement, une désagrégation à tous les échelons inférieurs. On retrouve ce désordre dans la société civile.

Pour rétablir l’ordre, il est nécessaire de se fonder sur la famille. Comme le disait le pape Pie XII, « l’Église forme des familles réellement chrétiennes où la fidélité, la paix pleine d’affection, règnent entre les époux, où les enfants sont élevés dans la crainte filiale de Dieu, dans le respect de l’autorité légitime ».

Le pape parle de « paix pleine d’affection entre les époux ». La paix étant la tranquillité de l’ordre, il importe que chaque membre de la famille soit à sa place. L’homme en tant que chef de famille a pour mission de veiller au bien commun de la microsociété qu’il dirige, c’est-à-dire au vrai bien de sa femme et de ses enfants. La première autorité qu’un enfant rencontre en ce monde est le père. C’est lui qui fixe le permis et l’interdit en conformité avec la loi naturelle et l’Évangile, c’est lui qui fait comprendre que la liberté humaine a des limites et que, si on les dépasse, on sombre dans l’esclavage du vice. Notre-Seigneur l’a dit : « Celui qui commet le péché est esclave du péché. » (Jn 8, 34)

Cinq ans avant Pie XII, André Charlier disait aux parents d’élèves de l’École des Roches qu’il dirigeait : « Vous avez trop souvent méconnu le principe d’autorité. Vous traitez vos fils comme de vieux camarades, vous les consultez à tout propos, et vous n’osez même presque jamais leur imposer l’obéissance sans discussion. […] Pourtant je vous assure qu’il faut commander ferme et sans faiblesse si on veut en faire des hommes, c’est la source du respect. […] Votre faiblesse à leur égard est cause qu’ils ne vous respectent pas assez. »

Déjà en 1905, le pape saint Pie X invitait les catholiques à « rétablir le principe de l’autorité humaine comme représentant celle de Dieu… ». Celui qui l’apprend dès le plus jeune âge aura beaucoup plus de facilité à obéir que celui qui s’arrête aux défauts de ceux qui exercent l’autorité. Malheureusement, le Français étant très critique a beaucoup de mal à voir Dieu à travers ses supérieurs. Les maux décrits par le saint pape, aggravés depuis mai 68, touchent aussi notre milieu.

Pour remédier au manque du sens de l’autorité, il importe que les parents donnent à leurs enfants des ordres clairs, précis, sensés, et que ceux-ci comprennent que ce n’est pas négociable. Le Français aime discuter, remettre en question les ordres reçus, il réclame que l’autorité justifie chacune de ses décisions… Il est également élémentaire que les parents évitent de critiquer les autorités à qui ils confient leurs enfants, notamment les enseignants et les prêtres de leur prieuré, car sinon, ils sapent leur propre autorité. Il importe enfin de ne pas contredire son conjoint devant les enfants. L’autorité étant le fondement de l’unité de toute société, il est essentiel de respecter l’ordre naturel, sous peine de sombrer dans l’anarchie.

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N’oublions pas de prier ardemment pour demander des vocations et des réponses généreuses de la jeunesse à l’appel du Bon Dieu…y compris et surtout au sein de nos familles !

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