Les Insoumis, le MRJC et La Croix

Download PDF

Le député “Insoumis” François Ruffin publie un petit livre, “Paix intérieure et paix sociale“, fruit d’un échange qu’il a eu avec l’évêque d’Amiens, Mgr Olivier Leborgne, aux éditions Temps présent/MRJC. La Croix du 9 novembre lui consacre un long article complaisant. Extrait :

Il y a chez ce personnage aux allures d’éternel jeune homme une geste de redresseur de torts, manière Robin des bois. Il porte la cause des agents d’entretien de l’Assemblée, des victimes de la Dépakine, des salariés handicapés et celle des hirondelles et autres coquelicots menacés de disparition par les pesticides… À travers tous ces combats, il assume une forme de populisme, un mot auquel il croit.« Je m’appuie simplement sur la définition du Petit Robert qui dit : “École littéraire qui s’applique, dans les romans, à dépeindre avec réalisme la vie des gens du peuple”. »Dans un monde dominé par la technocratie et la recherche du pragmatisme, lui croit à la vertu de l’opposition. « S’il y a consensus total, il n’y a plus de démocratie. Et si, nous, on n’est pas là pour montrer nos désaccords par la parole, cela risque de resurgir par des biais autrement plus violents. »

Dans Paix intérieure et paix sociale, François Ruffin parle de « son » Christ. L’échange avec Mgr Olivier Leborgne a fait réfléchir ce « chrétien non croyant ». « Je suis convaincu que le Christ a existé, développe-t-il. Je ne pense pas qu’il soit fils de Dieu, je ne crois ni à sa résurrection ni à ses miracles. Mais ce n’est pas grave, je suis habité par ce mythe. Il y a la puissance de la parole, le verbe qui s’est fait chair. Il y a la compassion. Et puis la lutte contre les marchands du temple. Les prophètes ont un rôle dans la cité, indépendamment de l’existence de Dieu. Celui de venir nous amener vers un au-delà, de dire qu’il n’y a pas que le pognon dans la vie. »

François Ruffin parle souvent d’espérance. Le député assure encore qu’il mène un « combat spirituel » contre l’indifférence. Un petit côté prophète ? « Peut-être mais sans vouloir se prendre au sérieux. S’il y a un objectif spirituel pour notre société, c’est peut-être de définir le “qu’est-ce qu’on fait ensemble ?”. Comment on va travailler, où l’on va naître et mourir, entouré par qui ? Je crois vraiment qu’il faut faire basculer la société d’un objectif matériel vers un objectif qui est plus spirituel. »