Libération s’en prend à Mgr Aupetit

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Le texte de l’archevêque de Paris n’a pas plu à Bernadette Sauvaget, responsable de l’actualité religieuse dans le quotidien Libération :

Le silence, dit-on, est d’or. Certains évêques pourront peut-être opportunément et urgemment rappeler ce vieil adage à leur éminent et influent collègue, l’archevêque de Paris, Michel Aupetit. Tandis que des voix s’élèvent pour réclamer une prise de position circonstanciée de la hiérarchie catholique au sujet de la crise sociale et politique des gilets jaunes, le service de communication du diocèse de Paris transmettait, ce mercredi après-midi, un texte d’Aupetit. Qui en a laissé plus d’un perplexe… Mais surtout qui choque profondément. Autant par son manque de clairvoyance politique que par les obsessions qu’il révèle.

Chasubles chamoirées

Fustigeant l’individualisme, Aupetit s’insurge contre la perte de la notion du bien commun, de l’attention au plus faible. De quoi s’agit-il selon lui ? «La liberté et l’égalité sont parfois détournées par des réseaux d’influence qui réclament des droits nouveaux sans égard des plus vulnérables», écrit l’archevêque de Paris. Plus loin, il précise sa pensée : «Les urgences nationales, les “grandes causes” de notre pays ne peuvent légitimement être celles des revendications communautaristes ou catégorielles.» A notre connaissance, les gilets jaunes réclament essentiellement de pouvoir boucler dignement leur fin de mois, non pas l’ouverture de la PMA à toutes les femmes. A moins que nous ayons manqué un important épisode… On espère seulement que le gouvernement d’Edouard Philippe ne consultera pas Aupetit pour mieux comprendre la crise du moment !

Pour finir, nous pourrions rappeler à Monseigneur de Paris que les thèmes du peuple et des périphéries, ce qui est effectivement en question en France ces temps-ci, sont essentiels dans le pontificat de son pape. François a l’habitude de dire que c’est à partir des périphéries qu’une situation se comprend le mieux. Et si Aupetit, délaissant ses chasubles chamoirées, enfilait un gilet jaune pour s’y rendre ?

Mme Sauvaget aurait mieux fait de réfléchir avant d’écrire son billet incendiaire. Mgr Aupetit n’écrit pas que les gilets jaunes revendiquent la PMA… Ce sont nos gouvernants, fermés aux problèmes réels des Français qui ne parviennent pas à boucler leurs fins de mois, qui se concentrent sur des revendications catégorielles “sans égard pour les plus vulnérables”. Ce sont bien nos gouvernants qui sont fermés à la souffrance de la France périphérique… Mme Sauvaget ferait mieux de sortir de l’atmosphère délétère de Libération pour aller à la rencontre de la France d’en bas, que ce journal n’a cessé de mépriser. Et pour mémoire, rappelons cette Une d’il y a un an et demi :

9 comments

  1. Castelli Margo

    Merci pour ce rappel LUMINEUX. La Une aurait suffit à elle seule en réponse à ces lignes arrogantes (une mode à Paris ??). Si ce n’était pas tragique j’aurais vraiment ri de bon cœur à cette “crotte de nez” renvoyée à Mme Sauvaget. Bien retorqué!

  2. Hervé Soulié

    L’article de Libé a-t-il tant d’importance ?
    Outre que peu lisent encore ce quotidien qui ne survit que grâce au financement de l’Etat, mais en plus qui connaît Bernadette Sauvaget ?
    Allons plus loin, qui attribue une quelconque crédibilité à cette personne pour parler de religion ?
    C’est au mieux une souris qui juge une montagne, ou encore un rien qui juge le vent.

  3. Baudouin Petit

    C’est en France le commencement de la fin du néo-libéralisme, cette idéologie du ruissellement jamais confirmée par les faits, qui soutient que pour sortir les pauvres de la pauvreté, il faut aider les riches à s’enrichir, fût-ce à leurs dépens. Maintenant les Français vont devoir décider s’ils préfèrent la réponse de l’extrême droite populiste, nationaliste, ringarde, étriquée, identitaire et chauvine à celle d’une gauche trop timide pour convaincre un peuple enragé. Qui rappellera le message de l’économiste Maurice Allais, qui fut prix Nobel d’économie, et pensait qu’une taxation forfaitaire annuelle du capital physique, moyennant certaines conditions, comme une réforme monétaire, permettrait de renoncer complètement à l’impôt sur le revenu, donc sur le travail ? Allais était un libéral bon teint, mais se disait aussi socialiste, et en effet sa proposition traite les détenteurs de capital comme des locataires d’un bien public. En tout cas emprunter cette piste aiderait peut-être à sortir de cette crise par le haut, 

    http://www.oeconomia.net/private/recherche/afep-diemerlallement-juillet2012.pdf

  4. frédéric litschgi

    Enfin 1 haut dignitaire catholique français qui dit ouvertement et publiquement sous la doctrine sociale de l église , 1 point de vue défendant les faibles et les laisser pour compte de notre société
    Bien sûr cet homme n a à avoir aucune autorité politique ou décisionnelle
    Mais comme tout citoyen et chef de l église catholique française , il se doit au nom de la fraternité et de l égalité , donner 1 point de vue même si à ” contre-courant !
    Merci Monseigneur

  5. Yaki Torii

    c’est certain que Monseigneur était très clair. N’importe quel.le Français.e comprend tout de suite qu’il parlait des riches.
    Non, sérieux, il ne dit jamais qu’il faut protéger les pauvres, rétablir l justice fiscale pour une meilleure répartition des richesses. En même temps, combien de gens soutiennent ici les initiatives du pape lorsqu’il appelle à accueillir la misère, qu’il dénonce les abus du capitalisme qui poussent les gens à partir de chez eux, qui entrainent des réfugié.e.s climatiques ? Bien peu !
    Mais, c’est encore une femme, une bobo qui écrit, alors, on peut tirer dessus à vue n’importe comment !
    Quant à la une appelant à voter Macron, rappelez moi juste contre qui il était au 2ème tour ?
    Il ne serait guère étonnant que beaucoup sur ce site auraient préféré une autre issue au vote, mais cela n’empêche pas d’être honnête.

  6. Yarinage

    Quand on vous parle de ” revendications communautaristes ou catégorielles”, à quoi pesez-vous ? Aux riches qui exploitent les pauvres ou au “lobby” LGBT ?
    Faudrait arrêter l’hypocrisie : comme l’a dit un autre évèque, tout est fait pour ne pas dire “lutte des classes”. Ca pose tant que ça un problème à l’Eglise d’utiliser des termes du communisme ?
    Sans compter que le rappel sur la une du 7 mai omet juste de dire contre qui Macron était au 2ème tour. Vous auriez préféré que M. LePen passe ?
    Mon message sera-t-il censuré, comme d’habitude, par une rédaction qui ce dit “neutre” mais n’accepte qu’un type de commentaire !!

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