Renoncer à une manière d’être et d’agir épiscopale, dialoguante, consensuelle et suiviste

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Suite à cet appel, un lecteur nous envoie cette réaction :

Cet appel ne sera écouté, puis entendu, par le plus grand nombre possible d’évêques français, que si les évêques français commencent, ou continuent davantage, à se déprendre du catholicisme FGMT : Fade, Gris, Mou, Tiède, face aux erreurs sur Dieu, sur l’Eglise, sur l’homme, sur le monde, auquel nous avons droit, encore depuis le début de l’essouflement de l’européisme (2005) que depuis le début de l’effondrement du communisme (1979).

Ici, il convient que les fidèles catholiques qui essaient d’être fidèles au catholicisme, et qui ne réussissent pas à avoir confiance en telle composante de l’idéologie du dialogue, dans le consensus et dans le suivisme, comprennent pourquoi et comment fonctionnent les évêques français : ceux-ci sont souvent à la recherche d’une locomotive, non tournée vers Jésus-Christ, mais tournée vers “l’avenir”, à laquelle ils espèrent accrocher leurs wagons.

Pourquoi donc avons-nous eu droit, successivement, tout d’abord à des évêques français “communisants”, dans les années 1960 – 1970,  ensuite à des évêques français “socialisants”, dans les années 1980-1990, et enfin à des évêques français “sociétalisants”, dans les années 2000-2010 ?

(Petit rappel : un évêque français “communisant” n’était pas avant tout un évêque français philo-communiste, mais était avant tout un évêque français “anti anti-communiste”, qui considérait en substance qu’il est impossible qu’un catholique anti-communiste par principe, pour des raisons fondamentales, soit “authentiquement chrétien”. Mais alors est-ce à dire que Pie XI et Pie XII n’étaient pas “authentiquement chrétiens” ?)

C’est parce que, dans le cadre de la poursuite de la mise en oeuvre du gaudium-et-spisme post-conciliaire à la française, il est important, pour bien des évêques français, que l’attention aux “signes des temps” soit souvent synonyme de soumission au “sens de l’histoire”, et il est tout aussi important, pour ces évêques français, que les garants et les gardiens du médiatiquement et du mondialistement correct (dont les humoristes politiques, les journalistes politiques, les responsables politiques), qui oeuvrent depuis l’extérieur de l’Eglise, ne puissent dire que rarement que les évêques sont “à contre-courant”, par rapport à telle évolution dominante des mentalités et par rapport à telle orientation dominante de la moralité.

Demander aux évêques français de prendre en compte l’appel qui leur est adressé, notamment, par Marion Duvauchel, revient donc à leur demander de renoncer à une manière d’être et d’agir épiscopale, dialoguante, consensuelle et suiviste ad extra, qui est bien souvent la seule manière d’être et d’agir épiscopale qu’ils conçoivent, connaissent, comprennent, apprécient et approuvent. Et certains d’entre eux ne comprendraient même pas ou, en tout cas, feraient semblant de ne pas comprendre, si des fidèles catholiques leur demandaient d’arrêter de recourir à cette manière d’être et d’agir, laquelle est bien plus consensualisatrice, au préjudice de la caritas veritatis et de la veritas caritatis, que vraiment évangélisatrice en plénitude.

C’est pourtant par cette demande qu’il convient de commencer à interpeller des hommes d’Eglise qui se croient obligés de persévérer, le long de la ligne de vie du catholicisme FGMT, lequel est d’autant plus Fade, Gris, Mou, Tiède, depuis que les artisans et partisans non catholiques de telle mentalité dominante, ainsi que ces hommes d’Eglise eux-mêmes, ne sont plus du tout motivés par telle “grande espérance” d’avant-hier, telle que le communisme puis le socialisme, et sont de moins en moins motivés par telle “grande espérance” d’aujourd’hui, telle que “l’Europe”…

C’est par cette demande de désactivation ou de neutralisation de l’idéologie du dialogue, dans le consensus et dans le suivisme, hier “conciliaire” et, aujourd’hui, “synodale”, qu’il faut commencer à interpeller les hommes d’Eglise, mais, pour cette raison, c’est aussi par cette demande que des fidèles demandent aux évêques de bien vouloir reconnaître, au minimum d’une manière implicite, qu’ils ont été trompés, qu’ils se sont trompés, puis qu’ils ont trompé les fidèles, pendant plus d’un demi-siècle, en leur imposant une conception fallacieuse et tendancieuse de la “pastorale”.

Donc, en fait, on peut comprendre que des évêques préfèrent continuer à gérer le déclin et à suivre telle conception iréniste et utopiste des relations avec les confessions non catholiques, avec les religions non chrétiennes, et avec telles idées dominantes sur l’homme et sur le monde, parce que ce que des fidèles ont bien raison, par ailleurs, de leur demander, est jugé impossible à accorder, nécessiterait de l’héroïsme, et une sortie du déni.

Le pape François veut que l’Eglise catholique soit “en sortie”, mais il ne tient qu’à lui de faire en sorte que l’Eglise soit en sortie, vis-à-vis de ce déni…